I. — Ablation par voix basse
Historique :
Le rectum situé partie dans l’excavation pelvienne, partie dans le périnée postérieur entre le sacro-coccyx et les organes génito-urinaires n’est pas très facilement abordable. Les chirurgiens empruntent à l'heure actuelle & voies : périnéale, sacrée, abdominale et combinée ; mais au siècle précédent avant la période antiseptique l'ouverture d’un ventre étant considéré, à juste titre du reste, comme une chose très grave, il était logique que
les premiers essais d’extirpation du rectum cancéreux se fissent par la voie basse.
C’est Lisfrane qui en 1826 pratiqua pour la première fois l’'amputation circulaire périnéale. Cette intervention ne devait pas être suivie de succès, en raison des complications septiques et des imperfections de la technique ; aussi l’ablation du cancer ano-rectal fut-elle con- -sidérée longtemps encore comme un simple exercice d’amphithéâtre. Les opérations palliatives conservèrent
de ce fait leur vogue dans tous les pays.
Shen LIRE
Denonvilliers et Dolbeau reprirent cependant l’opération de Lisfranc en y ajoutant une incision postérieure remontant jusqu’au coccyx, Verneuil et Kocher proposèrent à leur tour la résection coccygienne pour donner plus de jour. | |
En 1807, Quénu et Hartmann, Quénu et Baudet réglèrent d’une façon précise la technique de l’amputation coccypérinéale large encore appelée : opération de Lisfranc élargie. C'était un réel progrès et actuellement toute intervention est encore pratiquée avec la même technique.
Les Allemands, vers la même époque, plus audacieux que nous, préconisent la résection d’une partie du sacrum. C’est la méthode de Kraske. Cette manœüvre est très suivie outre-Rhin, en Angleterre, et en Amérique, mais soulève de nombreuses critiques de la part des chirurgiens français.
La voie périnéale a été très défendue dans ses dernières années par J. L. Faure et Pétriat (1903), Cestan, Depage (1904), Martin du Pan (1905), Delore et Chalier (1927) et plus récemment par Cunéo.
En citant les interventions pratiquées par les conduits naturels : résection transanale de Villard, transvaginale de Chalier et Perrin, nous en aurons fini avec les voies basses.
Les résultats.
Voyons maintenant les résultats immédiats et éloignés de cette méthode. Nous avons pu relever de très
nombreuses statistiques, d’abord pour la mortalité opé-
ratoire.
Elle est au-desous de 10 % dans certaines statistiques :
ROUGE NS 00e Popper 1906 55.77: "1. 06,220€ HAUTE ne «a td 0 Krælein 1900172083 7 Sue Edwards 190512500770
Hartmann en 1913 a relevé un certain nombre de statistiques qui avec la sienne propre faisaient un total de 1.665 cas avec 264 morts soit 15,8 %.
Les frères Mayo en 1913 donnent les résultats des traitements du cancer du rectum opérés dans leur clinique du 1% janvier au 1% avril 1912. Au total 71 opérés.-Ils trouvent 7 % en moyenne comme mortalité opératoire dans les interventions périnéales.
Eichloff, de Breslau, par contre publie 326 cas opérés par voie périnéale et donne une moyenne de 24 % de mortalité. Il est vrai que se trouve là aussi le résultat des opérations par voie sacrée qui donnent d’après toutes les statistiques consultées un pourcentage de morts beaucoup plus élevé. -
Que donne maintenant la voie basse au point de vue résultats définitifs ? Le même médecin de Breslau en 1914 montre 247 malades opérés par voie périnéale:
87 vivent plus de 3 ans soit 36 % 59 » » LD an$s 2) SAT EA 31: » » 10 ans » F222
SRE
Dans le livre de Chalier et Mondor on trouve les ré-
sultats suivants :
Shede So ee Rocher 5 00m RUSIET. Aloe KrϾnleins 225710 27
Prenons maintenant des statistiques plus récentes. Duvergey dans la Gazette des sciences médicales de Bordeaux en 1921 dit avoir eu par cette méthode 11 succès :
5 avec anus naturels continents, 4 avec anus contre
nature, À aconservé son anus périnéal incontinent, l’autre, est mort subitement 6 mois après l’opération, sur les 10 qui restent l'intervention remonte à plus de 4 ans. Et là, l’auteur dit préférer la méthode de Cunéo à labdomino-périnéale qui, d’après lui, n’a d’ indication réelle que dans les cancers très élevés.
G. Matolay, de Budapesth, en octobre 1923,apporte la statistique de la première clinique chirurgicale de la Faculté de Médecine de Budapesth.
Sur 141 malades 133 furent opérés ons 106 opérations radicales.
24 remontent à 3 ans ; 71 remontent à plus de 3 ans.
Sur 41 malades suivis 15 étaient sans récidive en bonne santé l'opération remontant à 3 et 7 ans, donc . 41,6 % de guérison.
En janvier 1925 Gabriel, de Londres, dans le Bristish Journal of Surgery publie l’article suivant :