‹ Etude Comparative Des Grefes Humaines Et Des Grefes AnimalesChapitre 10 sur 26 · LAPS TE · texte numérisé non relu

LAPS TE

20 Greffes animales

Que se passe t-il au niveau des greffes animales ? Le plus souvent elles ne prennent pas ; aussi dans le plus grand nombre des cas, on observe d’abord la décoloration des lambeaux transplantés; puis, l’épiderme se fronce, ilse ternit, et prend une teinte variable selon l'animal qui a fourni la greffe. Si c’est un lambeau de peau de grenouille on le voit revêtir l'aspect jaunâtre d’une feuille morte, puis ressembler à une peau lézardée; si c’est un lapin, un cobaye, un chat, etc., qui a été employé, la greffe prend une teinte brunâtre ; l'épiderme, dans tous ces cas meurt puis se détache en plusieurs morceaux ou en totalité. Il reste en dessous une masse plus ou moins mollasse, vestige de ce qui fut le derme. Cette masse, dans les cas fréquents d'insuccès, se ramollit de plus en plus, elle subit une dégénérescence granulo-graisseuse, les globules blancs l’envahissent elle est morte et ce « cadavre de greffe », selon l'expression du professeur Cousin, reste adhérent à un pansement qui l’entraîne ; d'autre fois, la greffe animale parait devoir réussir: quelques filaments fibrineux la font adhérer à la surface sousjacente, mais ces adhérences sont éphémères si aucun lien vasculaire ne vient bientôt la rattacher à la partie cruentée ; dans ces cas, la greffe subit une sorte de destruction moléculaire, elle se résorbe lentement, et son atrophie graduelle aboutit à une disparition complète: il y a manque d’affinité entre les deux surfaces.

Si au contraire la greffeanimale doit survivre, on voit, comme

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le dit A. Reveruin « que la greffe présente à la surface un ou deux petits points rouge vif. Le surlendemain ces points sont étendus et bientôt la greffe entière a pris une coloration rosée de bon augure. Si l’on suit pas à pas la marche du phénomène, on s'aperçoit bientôt que ces transformations sont dues à de petits vaisseaux qui ont pénétré la greffe par sa profondeur pour lui fournir les aliments nécesaires à sa subsistance. » Puis ces greffes deviennent de vrais centres de cicatrisation et de leurs bords s'étend un nouvel épiäerme qui finira comme pour les greffes humaiees, par recouvrir la plaie, si les greffes sont nombreuses ou si elles ont été répétées à temps. Lartail, en effet, a observé que les greffes animales ont une tendance à ne pas produire en 15 jours plus de trois centinètres d’épiderme en dedans des bords primitifs de la plaie.

Quelque soit l'animal qui a fourni le lambeau, si celui-ci a survécu, l'épiderme qui se développe a toujours le même aspect, les mêmes caractères ; c’est un épiderme de cicatrice. Si la greffe à été empruntée à un animal à tégument coloré (chat ou lapin noir, grenouille, etc.) le lambeau perd peu à peu sa coloration, 1l pâlit; la cicatrice devient à la longue plus blanche que la peau normale, elle est un peu gaufrée, ce qui doit tenir probablement, comme le pense Lartail, à l’absence de poils et d'appareils glandulaires dans ce tissu de nouvelle formation. Par la suite, le nouvel épiderme tend à s’exfolier comme dans toutes les greffes, mais pour les greffes animales, comme Lartail l’a remarqué, les phénomènes de desquamation de la couche cornée sont plus intenses et plus prolongés.

La nouvelle cicatrice résultant de l'application des greffes animales, est-elle sensible ? Lartail a suivi ses opérés pendant trois mois et après ce temps, l'examen de la cicatrice lui montre qu'elle n’est sensible ni à la douleur ni à la tempéra-

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