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tance que deux petites plaies de un centimètre carré environ. Les greffes, en se réunissant entre elles et aux bords, ont recouvert le reste de l’étendue de la plaie.
Le 12 août. — La perte de substance est complètement cicatrisée. La surface est recouverte d’une peau lisse, rosée, légèrement mobile sur les parties profondes.
Observations V et VI (de M. le Professeur G. Cousin, in Nouveau Montpellier médical, 20 octobre 1894.
(Résumées.)
La dame B..., 60 ans, et le sieur C..., 42 ans, victimes d'une explosion de gaz le 5 juillet 1893, sont atteints de brûlures des 1°, 2°, 3° et 4° degrés à la tête, au cou, à la partie supérieure de la poitrine et du dos, et aux membres inférieurs.
Au début, complications graves. Les tissus splacélés résultant des brûlures des 3° et 4° degrés et siégeant aux membres supérieurs étaient éliminés le 30 juillet.
Le sieur C... avait à cette époque une plaie de 15 centimètres de long sur T centimètres de large à la face externe du bras gauche et de larges plaies à la face postérieure de chaque avant-bras.
La dame B... a sur les avant-bras de semblables plaies, se prolongeant sur les mains. Une plaie de 6 centimètres de long sur 4 centimètres de large occupe le front, et une autre, longue de 5 centimètres, large de 3 centimètres, siège à la partie supérieure de la poitrine.
Sous l'influence de pansements antiseptiques humides, les plaies se détergent et, pour favoriser la cicatrisation, M. le professeur Cousin applique sur les plaies de chaque brûlé dés
NE) dec zoogreffes et quelques greffes humaines difficiles à se procurer. En voici la marche :
12 août. — Première application de 25 greffes animales, dont 15 greffes de peau de grenouille sur les plaies du sieur C... et 10 sur celles de la dame B...
17 août. — Sur les 25 greffes, 8 seulement sont adhctrentes.
2° application de 35 zoogreffes, dont 20 pour le sieur CG... et 15 pour la dame B...
Sur ces 3 zoogreffes, il y a 15 lambeaux pris sur la mu-
queuse buccale de lapin, 10 sur la peau des aisselles de jeunes poulets et 10 autres sur les parois abdominales de 2 grenouilles.
26 août. — 5 greffes seulement de la première série ont persisté. |
Sur les 35 greffes de la deuxième série, {T paraissent adhé rentes.
25 greffes humaines dermo-épidermiques sont appliquées ; elles sont petites, le procédé de Thierseh-Ollier n'ayant pas été accepté. Une troisième série de 15 zoogreffes est formée par 2 lambeaux de mésentère de lapin, # par la conjonctive oculaire et 9 par la peau de grenouille.
Le 10 septembre. — L'auteur constate que, sur les 75 greffes animales, formant les trois précédentes séries, 10 seulement ont adhéré (7 greffes de peau de grenouille et 3 de muqueuse buccale de lapin), tandis que sur 25 greffes humaines, 24 sont très actives. Les greffes humaines présentent une forme plus vigoureuse et un travail plus actif que les greffes animales.
Le 20 octobre. — Les plaies des deux brûlés sont cicatrisées.
Le 5 décembre. — La dame B..., qui n'a pas voulu garder
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l’appareil plâtré destiné à éviter une position vicieuse, présente trois brides cicatricielles à la face dorsale du poignet droit maintenant la main en extension forcée sur l’avant-bras. Après anesthésie, M. le professeur Cousin enlève au niveau du poignet un lambeau de 4 centimètres de long sur 3 de large, comprenant toute l'épaisseur des brides cicatricielles. Après avoir fixé la main dans la demi-flexion par un appareil plâtré, 8 greffes humaines dermo-épidermiques sont appliquées sur la nouvelle plaie.
Le 28 décembre. — Ces 8 greffes ont prospéré, la plaie chirurgicale est guérie et les mouvements articulaires redeviennent faciles. Il y a donc eu, en résumé, chez ces deux brûlés, 32 succès sur 33 greffes humaines, alors que sur T5 greffes animales, 10 seulement ont paru produire un travail utile.
Observation VII
(De M. le professeur G. Cousin, In Nouveau Monlpellier Médical, 20 octobre 1894.)
15 mars 1894. — S..., 62 ans, cuisinier, a des ulcères variqueux à la face interne des deux jambes. A droite, l’ulcère à huit centimètres de long sur cinq de large. Les bourgeons sont grisâtres et les bords décollés.
5 avril. — Après préparation du terrain, application de six greffes de peau de grenouille sur la plaie de la jambe droite et de huit greffes humaines sur la plaie de la jambe gauche.
15 avril. — Deux zoogreffes seulement sont adhérentes et sur les huit greffes humaines six sont prospères.
Application d'une deuxième série de six greffes de peau de grenouille sur la plaie gauche et de huit greffes humaines sur la plaie droite.
30 avril. — Les greffes humaines sont toutes vivaces et les six dernières zoogreffes n'ont pas tenu.
20 mai. — La cicatrisation des plaies est complète, Le sieur S.. porte des bas élastiques. et, en juillet, la guérison se maintient bien.
En résumé, sur douze greffes animales deux seulement ont tenu, tandis que sur les seize greffes humaines quatorze ont produit un travail utile. |
Observation VIII
(De M. le professeur G. Cousin, In Nouveau Montpellier Médical, 20 octobre 1894.)
10 mai 1894. — L'enfant B..., âgé de T ans, est atteint d’une fracture comminutive double de la jambe droite. Cette fracture, accompagnée d’un vaste épanchement sanguin, se complique de deux plaques de sphacèle, dont l’une siégeant à la face interne de la jambe fracturée, a dix centimètres de Jong sur cinq de large, et l’autre qui occupe le bord interne du pied droit a six centimètres de long sur deux de large.
6 juin. — Les tissus sphacélés sont éliminés, les téguments seuls ont été atteints, la fièvre a cessé. Pansement antiseptique, appareil plâtré.
30 juin. — Les fractures sont consolidées, les plaies présentent des bourgeons de bonne nature, plus de suppuration. Dix greffes de peau de grenouille sont appliquées sur les plaies.
8 juillet. — Trois zoogreffes seules sont adhérentes.
Deuxième série de dix greffes animales, dont six prises sur la muqueuse buccale et quatre sur la conjonctive de lapins.
23 juillet. — Deux greffes de peau de grenouille de la pre-
mière série seules ont proliféré, et des dix greffes animales de la deuxième série il n’en reste qu'une seule.
Ce même jour, douze greffes dermo-épidermiques humaines sont appliquées.
30 juillet. — Les trois greffes animales sont vivaces et sur les douze greffes bumaines, onze sont très actives.
20 août. — Les plaies sont cicatrisées, grâce surtout aux greffes humaines, dont onze sur douze ont produit un travail épidermique actif, alors que, sur vingt greffes animales, trois seulement ont persisté.
Observation IX
(De M. le professeur G. Cousin. In Nouveau Montpellier-Médiral, 20 oct. 1894.)
Le sieur F..., 60 ans, est atteint en septembre 1893, à la suite d’une explosion de pétrole. de graves brûlures siégeant sur la moitié droite du thorax et au membre supérieur droit.
Une abondante suppuration eut lieu et, lors de sa disparition, un docteur appliqua plusieurs greffes animales qui furent éphémères.
20 juin 1894. — Le malade, vu pour la première fois par le docteur G. Cousin, présente à la face dorsale de l’avantbras droit une plaie de quatre centimètres. Une seconde plaie de huit centimètres entoure la partie moyenne du bras droit qui est maintenu contre le thorax par des brides cicatricielles. Plusieurs plaies de trois à quatre centimètres d’étendue siègent sur la moitié droite du dos et de l'épaule. Une vaste plaie rectangulaire de 15 centimètres existe sur la partie latérale droite du thorax. Le bras droit est très atrophié. Toutes les plaies ont un aspect blafard, formé de bourgeons charnus
me flasques et aplatis ; leurs bords sont serpigineux, dentelés, sans trace d'épidermisation. L'état général est mauvais.
21 juin. — Curettage énergique des plaies au thermo-cautère après anesthésie et ablation des brides cicatricielles reliant le bras au thorax.
Le 30 juin. — Les parties cautérisées étant éliminées, l’auteur applique quinxe greffes animales formées de lambeaux de un centimètre carré pris sur la paroï abdomiaale de grenouilles.
3 juillet. — Seconde séance de dix greffes animales de peau de grenouille.
22 juillet. — Aucune greffe de la première série n’a persisté. Il ne reste de la deuxième série que quatre greffes dont l'aspect prouve leur peu de vitalité.
Troisième séance d'application de greffes animales :
Dix lambeaux de deux à trois centimètres de long sur un centimètre et demi de large sont taillés dans la muqueuse buccale de lapins et appliqués sur les plaies du brûlé.
Deux greffes humaines dermo-épidermiques de la dimension d'un petit haricot sont fournies par le fils du blessé. Ce dernier s'oppose à ce que leurs dimensions sojent plus grandes et leur nombre plus considérable. Les greffes humaines sont appliquées sur le bras droit.
1° août. — Toutes les greffes de grenouille ont disparu. Sur les dix lambeaux de muqueuse animale (3° série), quatre sont adhérents. Les deux greffes humaines sont vivaces.
Nouvelle série de treize greffes de muqueuse animale et nouvelle application de dix greffes humaines fournies par le fils.
6 août. — Seules six greffes de muqueuse animale sur les dix-sept du 1° août sont apparentes, mais peu vitales. Il est procédé à l’examen microscopique de greffes venues avec le pansement. (Voir chap. : Processus histologique des greffes).
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RMS Sur les dix dernières greffes humaines, neuf sont pleines de vitalité.
10 août. — Les 6 greffes animales ont disparu. Les bourgeons, redevenus jaunâtres et blafards, sont énergiquement cautérisés, tout en respectant les onze greffes humaines qui toutes tiennent bien.
16 août. — Les plaies ont meilleur aspect. Les deux premières greffes humaines soudées forment sur le bras un pont cicatriciel. [l est pris sur la peau de cobaye, rasée et aseptisée, dix lambeaux de 3 centim. de long sur un centim. et demi de large.
Vingt-quatre greffes humaines dermo-épidermiques enlevées aux ciseaux courbes et ayant huit à dix millimètres de long sur cinq à six de large, sont fournies par le fils ; les procédés de Thiersch et Ollier ne sont pas acceptés par la famille.
24 août.— Les greffes de cobayes sont à l’état de cadavres, mais sur les trois séries de greffes humaines, comprenant trente-six greffes, trente-trois sont vivaces et résistantes. L’avant-bras est cicatrisé ; des îlots dermo-épidermiques très solides, bien nourris, recouvrent en partie les plaies du bras. Le dos et l'épaule sont guéris. La plaie chirurgicale de l’aisselle est cicatrisée, grâce à quatre greffes humaines. Le bras s'écarte de 20 centimètres du thorax. L'état général est bon. Une dernière série de vingt-cinq greffes humaines est formée par de petits lambeaux dermo-épidermiques qui sont appliqués sur le thorax et le bras dans les interstices bourgeonnants.
97 août. — Les vingt-cinq dernières greffes humaines ont toutes réussi, et toutes les greffes humaines antérieures ont proliféré.
5 septembre. — Il ne reste qu'une retite plaie de 2 centimètres à la face interne du bras.
23 septembre. — Le sieur F... est complètement guéri. Le
nouvel épiderme est souple; les mouvements de l'épaule peuvent s’exécuter.
Dans cette observation, les plaies ont été totalement réfractaires aux greffes animales. Cinquante-huit ont été appliquées : vingt-cinq de peau de grenouille, vingt-trois de muqueuse buccale de lapin et dix de peau de cobaye; aucune n’a vécu, tandis que sur soixante-et-une greffes humaines, trois seulement ont avorté, alors que cinquante-huit ont rapidement recouvert les plaies. ;
Cette observation est concluante.
Observation X
(Personnelle)
Le sieur R..., âgé de 65 ans, portefaix, est atteint depuis 20 ans d'un ulcère variqueux de la jambe gauche. A notre premier examen, fait le 17 mai 1901, nous constatons que la jambe gauche est très œdématiée ; le quart inférieur de la face interne de cette jambe est occupé par un ulcère dont les bords sont déchiquetés, irréguliers et serpigineux. La surface de l’ulcère est recouverte de bourgeons blafards, grisâtres, aplatis.
Notre malade n’a jamais porté de bas élastiques et s’est soigné à sa manière jusqu’à ce jour.
Deux jours après, nous constatons une poussée de lymphangite autour de l’ulcère. Les ganglions inguinaux sont douloureux, 11 ÿ a aussi de la douleur le long du trajet de la saphène interne. Nous conseillons un repos absolu, 1e membre dans la position horizontale, le malade ne voulant pas garder le lit.
TE nes Nous appliquons un pansement antiseptique humide avec de l’eau boriquée à 40° à renouveler fréquemment.
Le 21 mai,les phénomènes inflammatoires ont disparu ; grâce à la position, l’œdème de la jambe et du pied a considérablement diminué ; l’ulcère présente un meilleur aspect, les bords paraissent moins décollés, les bourgeons paraissent un peu plus vivaces, les ganglions inguinaux et la veine saphène ne sont plus douloureux. Les pansements humides sont continués.
Le 25, nous procédons au curettage de l’ulcère pour préparer le terrain à l'application de greffes de Thiersch que le malade accepte. Après avoir aseptisé le champ opératoire et arrêté toute hémorragie capillaire, nous étalons sur l’ulcère quatre lambeaux dermo-épidermiques taillés à la manière de Thiersch sur la face antérieure de la cuisse droite de notre malade. Ces lambeaux ont cinq centimètres de long sur un centimêtre et demi environ de large. Ils recouvrent toute la surface cruentée et leurs bords sont imbriqués.
Nous les recouvrons d’un pansement humide à la solution salée de 7/1000 et le membre est maintenu immobile dans la position horizontale.
Le 28 mai, nous constatons avec satisfaction que nos quatre lambeaux sont adhérents aux parties sous-jacentes, mais la couche cornée tend à s’éliminer.
Le 30 mai, l'épiderme de nos greffes est ratatiné, recroquevillé, il est adhérent au pansement. Au-dessous, les lambeaux sont vivaces et un fin réseau vasculaire est visible à travers leur épaisseur. L’œdème du membre inférieur à complètement disparu. On sent à travers la peau de la jambe les paquets variqueux qui dessinent leurs sinuosités perceptibles au toucher.
Le 10 juin, les greffes ont très bien tenu. Elles sont mobi-
PAR + A les sur les parties sous-jacentes, très vivaces ; elles recouvrent toute l'étendue de l’ulcère primitif. Il ne reste comme plaie qu'un liséré rougeâtre en arrière de quatre millimètres d’étendue.
Le 20 juin, l’ulcère est complètement cicatrisé. Notre malade très satisfait demande à marcher. Nous faisons un pansement légèrement et uniformément ecompressif et nous conseillons pour l'avenir le port d’un bas élastique.
Le 25 juillet, nous revoyons le sieur R... une dernière fois ; il à repris son travail depuis une quinzaine de jours. Il porte toujours son bas ; l’état local et l’état général sont excellents.
Observation XI
(Personnelle)
La nommée L. C..., âgée de 18 ans, est soumise à notre observation le 10 juillet 1901.
Cette jeune fille n’accuse aucun antécédent héréditaire. Elle se rappelle avoir eu, étant enfant, une maladie d’yeux et des adénites cervicales. Sa dernière maladie remonte à l’âge de 6 ans, époque à laquelle elle fut atteinte de variole confluente, et pendant sa convalescence, elle eut un abcès à la joue dont la guérison n'a jamais été complète.
Nous constatons, lors de notre premier examen, la présence sur la joue droite d’un ulcère revêtant tous les aspects d’un lupus. Cette ulcération a eu une marche lente et, alors que primitivement elle avait les dimensions d’une pièce de 50 centimes, elle a aujourd'hui le diamètre d’une pièce de 5 francs.
De nombreux traitements ont été essayés, soit comme antiseptiques, soit comme caustiques.
Devant ces nombreux insuccès, et envisageant aussi le côté
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esthétique, nous décidons cette jeune fille à se laisser appliquer des greffes. Nous faisons pendant quelques jours des pansements humides, à l’effet de modifier et de préparer la surface de la plaie.
Le 18 juillet. — Nous procédons à l'application des greffes; mais, préalablement, nous avons la précaution de curetter les bourgeons de la plaie et, après avoir procédé à une hémostase aussi complète que possible, nous appliquons sur celle-ci cinq lambeaux dermo-épidermiques, taillés à la Thiersch sur la face antérieure de l’avant-bras de notre opérée.
Nous avons taillé ces lambeaux de longueur suffisante pour recouvrir entièrement la plaie, car, lorsque nous les avons 1mbriqués, aucune partie de-la surface cruentée n’est à découvert. Nous appliquons un pansement humide à l’eau salée et nous faisons une légère compression.
Le 24 juillet. — Nous constatons avec satisfaction, au premier pansement, que les greffes sont adhérentes, bien vivaces; l’épiderme présente quelques rides.
Le 28 juillet. — Nous constatons que l’épiderme de nos greffes est détaché et s'en va sous l'influence du lavage de la plaie. Les greffes sont rosées et présentent un très bon aspect.
À notre troisième pansement, le 2 août, nous voyons avec satisfaction que les greffes ont très bien réussi ; elles sont réunies entre elles ; toutefois, un liséré légèrement rougeâtre indique la séparation primitive des lambeaux.
Le 20 septembre. — Nous revoyons notre opérée pour la dernière fois. À distance, nous ne constatons pas de différence entre la surface greffée et les téguments voisins. Ce n’est que de près que l’on peut voir encore de petites lignes légèrement rosées qui sont les indices de l’imbrication des greffes.
Notre opérée est très heureuse du résultat obtenu. Les greffes de Thiersch ont parfaitement réussi.