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Cette anesthésie locale supprime non seulement la douleur, mais elle nous permet de tailler très facilement nos lambeaux, qui, étant appliqués immédiatement, ne se recroquevillent pas. Nous recouvrons le tout d’une lame de gaze salolée, trempée dans la solution saline physiologique ; nous la fixons sur les bords avec du collodion. Nous appliquons par-dessus un pansement humide, qui est imbibé de temps en temps, par la malade, avec la solution saline.
Le 22 avril, en enlevant le pansement, nous constatons que la plaie a un peu suppuré, et, à notre grand étonnement, nous ne trouvons plus trace de nos trois zoogreffes. Nos lambeaux de peau de grenouille sont remplacés par un magma jaunâtre n'ayant aucune adhérence avec les bourgeons sous-jacents. Par contre, nos lambeaux dermo-épidermiques sont pleins de vitalité. Nous constatons qu'ils adhèrent parfaitement aux bourgeons charnus. Les pansements humides sont continués.
Le 25 avril. — Le magma résultant des zoogreffes a disparu. Nous remarquons que les bords de nos greffes humaines paraissent s’élaler en se fondant sur les bourgeons environnants.
Le 1% mai. — La plaie est uniformément bourgeonnante. Les bourgeons sont de bonne nature, rosés, très actifs. Les dépressionsss# anfractueuses de l’angle supérieur se sont comblées. À la périphérie de la perle de substance, nous constatons un liséré cicatriciel très marqué. Nos deux greffes de Thiersh ont proliféré, elles se sont agrandies en surface. Celle de droite, très solide, est reliée par des ramifications très nombreuses à la portion la plus rapprochée de la périphérie. On peut dire que la région inférieure de la plaie est cicatrisée. La plaie ne suppure plus.
En présence de l’insuccès des zoogrelfes et encouragé par le bon résultat de nos deux greffes humaines, nous appli-
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quons à la partie supérieure de la plaie trois lambeaux dermoépidermiques que nous prenons, après anesthésie locale au chlorure d’éthyle, sur la face dorsale de l’avant-bras droit de notre malade. L'un de ces lambeaux, long de 2 cent 1/2, large de 1 cent, part du bord supérieur de nos premières greffes et abouti à 1 cent. 1/2 de l’angle supérieur; ce lambeau longe parallèlement le côté gauche de la plaie ; les denx autres lambeaux, plus petits, de 1 cmq, sont placés sur le côté droit du premier, l’un en haut, l’autre en bas. La perte de substance primitive est aussi considérablement diminuée.
Le 3 mai. — Les trois nouvelles greffes ont très bien tenu, elles sont adhérentes, pleines de vitalité. Les anciennes greffes humaines continuent leur travail de prolifération. Un liséré légèrement bleuâtre occupe leur périphérie. Ces greffes s'étalent en surface.
Le 5 mai. — Pour combler les espaces laissés libres entre les précédentes greffes humaines, nous appliquons quatre nouvelles zoogrelfes ; nous les taillons sur la région dorsale d’un cobaye. Chacun de ces lambeaux est dermo -épidermique et a un demi-centimètre carré environ.
Le 8 mai. — Nous constatons que ces quatre zoogreffes n'ont pas tenu; elles sont remplacées par un magma blanchâtre sans vitalité ; on dirait que ces greffes se sont fondues. Il reste encore à la partie supérieure de l'ulcère primitif une perte de substance triangulaire ayant un centimètre et demi d’étendue. Notre malade, très encouragée par les succès de ses propres greffes, nous demande, pour activer la cicatrisation, d'appliquer une dernière greffe que nous prenons sur la face dorsale de son avant-bras droit.
Nous taillons en cette région un lambeau dermo-épidermique de 1 cmq., toujours après anesthésie locale, et nous l’appliquons à l’angle supérieur de la plaie.
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Nous devons dire qu’au niveau des bords de la plaie, dans sa moitié supérieure, nous constatons ur travail utile d'épidermisation indiqué par un liséré qui s’avance de plus en plus vers les greffes adhérentes.
Le 11 mai. — Notre dernière greffe humaine a très bien tenu.
Le 15 mai. — Cette greffe, dont le travail est très actif,
comble en grande partie le reste de la surface bourgeonnante.
Le 18 mai. — Nous constatons avec satisfaction que la plaie n'existe plus, la cicatrisation est complète, on ne distingue pas les greffes les unes des autres, leurs bords se sont soudés intimement pour ne produire qu’une cicatrice uniforme, souple et non douloureuse au toucher.
Le 11 septembre. — Nous revoyons une dernière fois la malade ; les greffes ont très bien tenu et, à la place de la plaie, nous trouvons une peau de couleur rosée, mobile sous les parties sous-jacentes. La jambe est maintenue par un bas à varices, pour faciliter la circulation veineuse.
Observation IV
(Personnelle)
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En mai 1901, l'enfant M..., âgé de 5 ans, recevait sur la jambe droite l'eau bouillante d'une marmite à côté de laquelle il jouait. A la suite de cet accident, une brûlure du deuxième degré occupait la partie moyenne üe la face externe de ladite jambe sur une étendue de 6 emq. environ.
Le 8 juin. — Lors de notre première visite, nous constatons que l'enfant à un état général précaire ; ila tous les stig-
mates de la scrofulose : engorgement ganglionnaire, kératite ulcéreuse, membres amaigris, etc. La plaie produite par la brûlure n’a aucune tendance à se cicatriser ; elle revêt l'aspect d'un ulcère; les bords sont rouges, irréguliers, avec des trainées de lymphangite. Sous l’influence de pansements antiseptiques, cette perte de substance présente, quelques jours après, un meilleur aspect.
Le 20 juin. —- La surface de la plaie présente une tendance à bourgeonner normalement. Nous appliquons des pansements au salol et au coton boriqué.:
Le 30 juin. — Les bourgeons charnus ont bonne apparence, mais la cicatrisation par les bords marche très lentement et, pour la favoriser, nous appliquons ce jour-là six greffes de peau de grenouille recouvertes du même pansement.
Ces greffes avaient un demi-centimètre carré environ.
Le # juillet. — Au matin, nous constatons que sur les six grefles, cinq se sont détachées de la plaie; elles sont adhérentes au pansement ; la sixième a une couleur jaanâtre, elle est ratatinée et glisse sous le doigt.
Devant cet insuccès, nous procédons le lendemain, 5 juillet, à l'application de cinq greffes humaines prises sur l’avant-bras gauche de la mère. Ces greffes dermo-épidermiques sont taillées après anesthésie locale au chlorure d’éthyle ; elles ont un centimètre de long environ, sur un demi-centimèêtre de large.
Le 8 juillet. — Nous constatons, lors du premier pansement, que nos cinq greffes humaines sont adhérentes ; il ne reste plus trace de la dernière greffe animale.
Le 15 juillet. — La plaie a diminué d’étendue ; les bords sont le siège d'un liséré cicatriciel marchant vers le centre, et les cinq greffes ont produit un travail actif d'épidermisation. Les greffes sont rosées, l'épiderme primitif s’est exfolié.
Le 50 juillet. — Il ne reste de la perte primitive de subs-