‹ Etude Comparative Des Grefes Humaines Et Des Grefes AnimalesChapitre 19 sur 26 · HP DRE · texte numérisé non relu

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un succès pour une greffe de Thiersch, et un succès encore sur trois greffes de Reverdin. Inversement, du cobaye au lapin nous avons une réussite pour une greffe de Thiersch et cinq succès pour six greffes de Reverdin, ce qui fait huit succès sur onze greffes, c’est-à-dire 72,22 p. 100.

Enfin, si nous passons à l'examen des greffes que nous avons pratiquées entre des animaux d’espèce différente, nous voyons combien peu favorables sont ces résultats.

C'est ainsi que de lapin à chat et de chat à lapin, nous avons 2 insuccès sur 2 Thiersch ; de lapin à oiseau et d'oiseau à lapin, 1 seul succès sur 2 Thiersch, et 2 insuccès sur 2 Ollier ; de grenouille à lapin et inversement, 10 insuccès après l'application de 3 Thiersch, 5 Ollier, 2 Reverdin.

Eu continuant l’examen de cette série d'expériences, nous constatons que du cobaye au chat, 4 Reverdin ne nous donnent que 2 succès ; 1 Thiersch de cobaye sur oiseau et 2 Reverdin de cobaye sur grenouille sont nuls; il en est de même de 4 lambeaux d’Ollier de grenouille à cobaye ; cependant, 2 lambeaux pris dans le creux de l’aisselle d’un oiseau et appliqués sur un cobaye, nous donnent 1 succès. Même résultat de la grenouille au chat : 1 lambeau d’Ollier ne prend pas ; du chat à la grenouille, 1 Thiersch, 1 insuccès.

Si nous totalisons les chiffres de cette troisième série d’expériences : greffes entre animaux d'espèces différentes, nous constatons que, sur 32 greffes, nous n'avons eu que 4 succès, c'est-à-dire 12,50 pour 100. Tel est le résultat brut de cette dernière série. Nous dévons faire remarquer, cependant, et ce résultat parait tout naturel 4 priori, que des greffes, prises sur nos différents animaux et appliquées sur la grenouille, aucune n’a tenu ; nous estimons que cet insuccès constant lient à qu'il est impossible de fixer sérieusement les greffes sur ce batracien. Aussi, croyons-nous devoir: retrin-

cher de ce dernier pourcentage les greffes faites de nos divers animaux sur la grenouille, tout en maintenant, cela va sans dire, les greffes de peau de grenouille sur ces animaux. Nous obtenons ainsi # succès sur 23 applications, soit 17 pour 100.

Nous avons donc comme résultat, au point de vue de nos expériences, les chiffres suivants :

83,8 p. 100 pour la 1° série, 1202 — 2 — 11:00 — 3 —

Ces chiffres sont vraiment éloquents ; grâce à eux, nous pouvons dire que : 1° les greffes transplantées entre animaux de même genre donnent, au point de vue expérimental, les meilleurs résultats; 2° que les greffes transplantées entre animaux de même famille donnent de bons résultats, bien qu'ils soient inférieurs aux précédents ; 3° quant aux greffes faites entre animaux d'espèces différentes, les insuccès sont la règle et la réussite l’exceplion.

Simaintenantnousexaminonsrapidement l'évolution des greffes dans les trois séries que nous avons indiquées, nous voyons que la réunion par première intention est la règle dans la première série (greffes entre animaux de même genre). Cette réunionestsi parfaite, qu'au bout de quelques jours il est difficile, pour ne pas dire impossible, de différencier le transplant de la peau environnante. Pendant deux semaines environ, un léger liséré rougeâtre indique seul la périphérie du lambeau. Nous avons observé sur plusieurs animaux la desquamation épithéliale des greffes, avec chute des poils. mais le tout se répare rapidement sans laisser aucune trace.

Parmi les deux insuccès que nous avons eus en appliquant la méthode de Thierseh, l’un (cobaye à cobaye) est dû à un petit épanchement sanguin qui à détaché la greffe; il est

probable que notre hémostase n'avait pas été suffisante ; le second insuccès (chat à chat) est dû à la suppuration de la plaie, qu'il a été impossible d'éviter chez un animal sur lequel nous n’avons pu continuer à appliquer les pansements.

Dans cette même série, nous avons eu un insuccès en appliquant des greffes d'Ollier ; cet insuccès (chat à chat) est dû à la même cause que celle précédemment indiquée,car c'était le même animal.

Quant aux greffes de Reverdin, elles nous ont donné, dans le première série, les plus brillants résultats, car nous avons obtenu 14 succès sur 14 greffes.

Si nous passons à l'examen de l’évolution des greffes dans notre deuxième série (animaux de même espèce), les deux greffes faites par la méthode de Thiersch ont bien réussi ; nous n'avons pas appliqué de greffes d’Ollier,

Sur nos 9 grelfes de Reverdin, nous avons eu 3 insuccès, qui dépendent de ce que, chez le cobaye principalement, les pansements n’ont pu adhérer, par suite de l’indocilité particulière de nos deux animaux.

Mais, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, les résultats des greffes de notre deuxième série, bien qu'inférieurs à ceux de la première série n’en sont pas moins excellents.

Quant aux greffes de la troisième série, comme notre tableau récapitulatif l’indique, l'insuecès est presque constant. Nous devons dire, pourtant, qu'au point de vue expérimental, nous avons suivi, pour Îles animaux de cette série, les mêmes règles opératoires que pour ceux des séries précédentes, et en recherchant les causes de ces échecs, nous croyons ne pouvoir les attribuer qu'à un défaut d’affinité entre les cellules appartenant à des animaux d'espèces différentes. Du reste, nous allons revenir sur celle intéressante question dans le chapitre

suivant.

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