L..., vingt-sept ans, cultivateur
Antécédents héréditaires. — Père bien portant; rien à signaler. Mère morte à la suite d'une grossesse; elle présentait des crises nerveuses (hystériques probablement) se répétant environ une fois par mois, l’obligeant à garder je lit.
Antécédents collatéraux. — À eu quatre frères tués à la guerre à côté de lui en mars 4915, dans l'espace de quinze jours, un cinquième prisonnier; le malade en a éprouvé un vif chagrin. Deux sœurs bien portantes.
Antécédents personnels. — $S'est toujours bien porté. À signaler seulement une scarlaline bénigne à l’âge de huit ans. Pas alcoolique. Caractère émolif, querelleur, coléreux. N'a jamais eu la syphilis.
Début de la maladie. — Blessé aux Éparges le 14 avril 49145. Étant dans une tranchée, à été forcement commotionaé par l'éclatement d’un obus de gros calibre à côté de lui. La malade a été projeté, enseveli sous un amas de terre, Aussitôt 1l a perdu connaissance pendant quelques heures,
Comme blessures à signaler : 1° à la jambe droite, à son tiers supérieur, blessure ayant intéressé les muscles ; 2° au coup de pied, partie antérieure, jambe gauche, on voit encore quelques cicalrices.
Notre malle est resté dans un état de subconscient pendant environ six smaines el ne se rappelle rien de ce qui se passa alors.
Lorsqu'il reprit connaissance, il éprouva de vives douleurs siégeant
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au niveau des quatrième et cinquième vertèbres lombaires, avec irradialions en ceinture jusqu’à la pointe du sternum ; ces douleurs spontanées étaient considérablement augmentées par les mouvements.
Dès cette époque, il remarqua la flexion de son thorax l’obligeant à s'étendre au lit sur le côté gauche (eà chien de fusil). La position sur le dos était complètement impossible. :
À noter, après un sommeil agité, mêlé de rêves guerriers et de cauchemars, lapparilion de tremblements généralisés, par crises de dix minules, sans perdre connaissance. Ces crises ont duré jusqu’en décembre 1915. e
En août 1915, c'est-à-dire cinq mois après le traumatisme, a commencé à se lever; faisait quelques pas, aidé de deux béquilles, mais au bout de quelques instants, des tremblements et des douleurs lombaires apparaissaient, l’obligeant à se recoucher.
Traitement à cette époque : massage, air chaud.
Etat acluel. — {° attitude debout. — Le malade debout pieds joints, immobile. présente une flexion du tronc, ineliné à environ 115° mesuré au goniomèlre.
IL peut rester environ deux minutes dans cette posilion, après quoi il ressent de vives douleurs lombaires et unc fatigue générale l’obligeant à s'asseoir; à noter également l'apparition d'un tremblement généralisé avec prédominance aux membres inférieurs.
Si nous examinons attentivement notre maladé dans cétte position
nous constatons à l'inspection :
A. Tète. — La lêlte est fortement relevée, la nuque raccourcie, les
museles sterno-cleïdo-mastoïdien fortement tendus, on les aperçoit nettement se dessiner sous la peau sous forme de deux cordes rigides. La nuque nous présente plusieurs plis transversaux. ;
B. Tronc. — Nous constatons d'abord que notre malade ne présente aucun signe de scoliose, les deux épaules sont à la même hauteur, lhémithorax droit parfaitement symétrique à l'hémithorax gauche.
Eafin, il faut noter surtout accentuation de la convexité de lépine
dorsale avec disparition de l’ensellure lombaire ; celte région est, chez notre malade, aplate. De chaque côté du sillon lombaire médian, quiest ici très atténué, nous voyons les muscles spinaux très contractés.
Notre malade vu de face, présente au niveau de son ventre plusieurs plis transversaux au nieau et au-dessous de lombilic; nous trouvons également une accentuation du pli semi-cireulaire de l'abdomen, du pli sus-pubien et des aines.
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nn. À
Peopre Tout ceci nous montre que l’incurvation de notre malade est très marquée. : | ÿ Membres inférieurs. — Il ne peut tenir ses jambes rapprochées
l’une contre l’autre, les genoux écartés jambe gauche légèrement en flexion, appuie sur le sol avec la pointe du pied gauche. D: 2% Attitude du malade couché. — Dort sur le côlé gauche, position dite en chien de fusil, dos très incurvé, La station sur le dos est presque impossible à cause des douleurs qu’elle provoque et d’un tremblement géuéralisé qui apparaît.
3 Si on essaye un instant d'étendre notre malade sur-le dos, on réussit dans une certaine mesure, mais celle manœuvre provoque des cris au ;
F malade, ainsi qu'une oppression. La position sur le ventre est impossible.
6. 39 Marche. Notre malade peut marcher sans canne, environ 100 mètres,
il est fortement courbé, il avance à petits pas, hésitant, le corps est | me. absolument immobile, fixe pour ainsi dire. Au bout d'une marche notre. malade est très fatigué et présente une raideur des doigts assez accentuée et rendant leur écatement difficile.
Habituellement, notre malade se sert d'une canne qu'il tient de la main droite et sur laquelle porte une partie du poids de son corps. Pendant la marche il faut également signaler un balancement du bassin assez prononcé. | La station. sur une jambe est possible, même les yeux fermés. ÿ Mobilité : tête et cou. — Les mouvements de flexion d'extension et de latéralité sont relativement conservés: l'extension forcée du cou provoque des douleurs lombaires.
Tronc. — Mouvement d'extension impossible à cause de la douleur et contracture des musculaires.
Mouvement de flexion normal sans provoquer de douleur.
Mouvements de latéralité impossibles. { Membres supérieurs. — Tous les mouvements sont conservés. Membres inférieurs. — L'amplilude des mouvements est fortement
diminuée, surtout la flexion.
Troubles, sensibilité générale ë a) Douleurs. — Nous avons d'abord des douleurs spontanées. Le malade se plaint de souffrir de sa région lombaire avec des irradiations en ceinture. Rachialgie typique. « Douleurs provoquées : {ous les mouvements du tronc sont doulou- Ç . reux, surtout l'extension.
La pression révèle deux points douloureux au niveau de l'apophyse épineuse des quatrième et cinquième vertèbres lombaires.
b) Troubles de perception. — Nous trouvons une plaque d'anesthésie au niveau de la partie antérieure (côté gauche) et une au mveau de la région mamelonnaire gauche, le bras gauche est également anesthésié. Au niveau de ces régions, la sensibilité à la douleur, au contact et thermique à disparu. Au niveau de la région lombaire, on note une
large plaque d’hyperesthésie; le moindre frôlement est douloureux. L État des reflexes : reflexes rotuliens (très légèrement vifs; reflexes
pupillaires normaux; reflexes achilléens normaux; reflexe abdominal .
normal. |
Pas de signe de Babinski ni de trépidalion épileptoïde. Pas de troubles trophiques. Réactions électriques normales.
État mental. — 11 faut noter que notre malade a eu de gros chagrins pendant celle guerre. En effet il a eu quatre frères tués sous ses yeux ; de plus, ilest resté pendant six Mois, avant son traumalisme, privé de nouvelles de sa femme et de ses enfants restés en pays envahis. Radiographie. — On n’a trouvé aucune lésion osseuse.