OBSERVATIONS MILITAIRES
Au début de toutes nos observations militaires nous trouvons un traumatisme violent, le choc dù à l'éclatement d'un projectile de gros calibre ou l’ensevelissement consécutif a son explosion.
A ce moment là que se passe-t-il? Un soldat est brusquement surpris par l’arrivée d’un obus : le premier mouvement, tout instinctif lui fait fléchir son rachis, son dos s'arrondit, sa tête s'incline en avant, semble rentrer entre ses épaules, il se pelotonne sur lui-même cherchant à diminuer la surface exposée au choc redouté. Ce n'est qu'après avoir accompli cet ensemble de mouvements, auquel la raison parait n'avoir aucune part, que l'homme qui à déjà l'habitude du feu se jettera à plat ventre sur le” sol pour se protéger contre la déflagration des gaz ou la projection des éclats. CË£ deuxième mouvement, volontaire, ne seffectue presque instantanément que par suite d'une éducation des sens toute spéciale.
Supposons done le blessé surpris par le vent de l’obus, ou par la projection de bloc de terre dans la première position ; que va-t-il se passer ? u
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Ses muscles fléchisseurs sont contractés, ses ligaments vertébraux postéfieurs tendus; dans ces conditions un choc portant sur un point quelconque de la convexité dorsale, sauf peut-être à son sommet, aura lendance à accentuer la flexion. =
Pour peu que le heurt soit violent il y a de fortes chances pour quil se produise quelque déchirure ligamentaire ou quelque arrachement osseux constituant une véritable entorse vertébrale.
Sil n'y a pas choc par blocs de terre seule la pression des gaz brusquement détendus viendra s'exercer sur l’ensemble de la colonne vertébrale. La force agissant ainsi sera très importante et s’ajoutera à celle des muscles contractés. Les ligaments déjà fortement tendus ont dans ces conditions de grandes chances ou de se rompre, ou de voir leurs insertions osseuses céder.
Dans l'une ou l’autre hypothèse nous avons donc affaire au début à une entorse vertébrale probable.
Est-ce à dire que la lésion se limite toujours aux ligaments et aux os? Non certes et la ponction lombaire d'après plusieurs auteurs à ramené un liquide hématique ou albumineux, indiquant une lésion plus profonde. Cependant dans la grande majorité des cas, la moelle parait intacte.
D'une facon générale les dégâts organiques paraissent d'une importance restreinte. Comment expliquer dès lors l'intensité de la rigidité consécutive et sa persistance ?
Le mécanisme parait être le suivant : le premier choc passé le blessé essaye de se redresser, mais la lésion organique pour si minime soit-elle rend le moindre essai très douloureux. Pour éviter cette souffrance le blessé immobilise son rachis en flexion, position qui constitue une attitude de moindre douleur.
Cependant peu à peu la lésion se consolide mais le blessé qui a gardé de ses premiers essais un souvenir pénible hésite à essayer de se redresser ; à la moindre gène il a peur
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de la souffrance vive du début et arrète le mouvement amorcé. |
Dès lors la peur de souffrir et l'habitude contribueront puissamment à maintenir fléchie la colonne vertébrale et le syndrôme-de rigidité rachidienne se trouvera conslitué.
Certains blessés ont marché après l'accident; ce n’est pas en contradiction avec notre hypothèse d’'entorse vertébrale car au moment de la blessure, l'homme poussé par. l’ardent désir de se faire évacuer a dominé la douleur.