CIVILS
Fréquemment ainsi que nous l'avons vu plus haut nos malades étaient des gens très physiquement ou moralement. Le traumatisme a toujours causé chez eux un ébranlement nerveux considérable. Chez presque tous nous relevons des troubles ayant tout le caractère de stigmates hystériques. Dans ces conditions il n’y a rien d’extraordinaire à voir les blessés attacher à leur accident une importance exagérée et se persuader rapidement qu'ils sont incurables. Cette idée qu'a eveillée en eux les difficultés et les souffrances des premiers essais de mobilisation s'ancre de plus en plus sous l'influence de leurs méditalions, des réflexions et des lamentations de l'entourage.
Là-dessus vient se greffer l'idée de pension qui vague au
début prend peu à peu de la consistanee par suite des conseils des camarades, des amis, des parents. Ceux-ci exercent une influence considérable quand ils s'adressent comme ici à des hommes au système nerveux ébranlé. L'influence du médecin, intermittente ne saurait entrer en balance avec celle des proches augmentée encore par l’appât de la rente.
C'est ainsi qu'après deux, trois ans et davantage nous retrouvons nos blessés non améliorés. La lésion organique
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est pourtant consolidée depuis longtemps, les traitements les plus variés ont été mis en œuvre, tout a été vain. Tant que la situation légale du sujet n'a pas été réglée de façon définitive, iln'v a aucun espoir de guérison. Ces faits classés en médecine légale sous le nom de «sinistrose » sont connus depuis Galeraps Les divers traitements s'adressent à une lésion minime, dépassent leur but et ne servent qu'à persuader au patient que les dégâts matériels sont considérables et par cela même incurables. Tous les soins médicaux acceptés avec la certitude qu'ils sont inutiles ne font qu'attirer constamment l'attention du blessé sur l'incapacité fonctionnelle dont il souffre et sont plus nuisibles qu'utiles.