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L'état comparé des dépenses hospitalières, en indiquant des résultats plus modérés dans les hospices de Narbonne que dans les autres, étonne, chaque année, lorsque Ton considère ces dépenses en ellesméme$, abstraction faite des éléments qui les constituent. Eh bien I Texamen approfondi, analytique pour ainsi dire, sérieux, des éléments dont la dépense est composée, étonnera bien plus encore.
On pourrait croire, en effet, que Narbonne, placée à de grandes distances des villes indiquées, se trouve dans des conditions très différentes pour les achats, dans des conditions très favorables pour obtenir les objets de grande consommation à bas prix. L'examen de la situation et des faits démontrera le contraire. Les prix détaillés, variés et nombreux, sérieusement contrôlés, extrêmement exacts, des principaux objets de consommation, indiqués pour chaque denrée et pour chaque ville, montreront la difficulté de l'administration hospitalière à Narbonne, et constateront en même temps avec certitude un incontestable succès, en prouvant que les dépenses plus modérées de nos hospices sont obtenues , malgré des prix plus élevés que partout ailleurs, grâce à une surveillance exceptionnellement active, qui rend tout abus impossible, grâce à l'ordre qui préside aux distributions du
régime alimentaire, et au contrôle efficace qui assure Texéculion opportune, exacte des prescriptions médi* cales.
Acheter chèrement dans un pays de cherté et dépenser moins que dans les pays de bas prix , tel est le problème résolu à Narbonne, avec difficulté , avec effort, au milieu de préoccupations constantes et de soucis continus , mais avec un succès certain , indé* niable, dont nous serions fier, si l'œuvre sérieuse que nous accomplissons n'éloignait de notre esprit et n'étouffait dans notre âme le moindre mouvement de puéril orgueil ou de vanité éphémère.
En ce qui concerne les recettes, malgré leur faiblesse, le résultat de l'action administrative relativement à leur emploi prudent, réservé, judicieux, n'est pas moins surprenant que dans les autres parties de la gestion.
Obtenir, en effet, une mortalité proportionnelle plus faible et de plus grands succès administratifs à Narbonne qu'ailleurs, c'est assurément un résultat remarquable et grand ; mais obtenir ce résultat avec des ressources moindres, notoirement faibles, insuffisantes môme, sans nuire en aucune façon au bienêtre des pauvres , en soignant au contraire parfaitement les malades et en les guérissant mieux
qu'ailleurs, c'est là peut-être une œuvre sinon plus grande encore, du moins plus difficile et plus rare. Voilà pourtant le résultat qui sera constaté.
Par quels moyens peut-on l'obtenir ?
Par des soins , sans doute , par une surveillance efficace et de grands efforts, mais surtout par le dévouement et par le cœur ; par un dévouement sympathique, généreux et constant , à tous les degrés de Téchelle administrative, chez tous ceux qui concourent par leur aptitude, leur assiduité, leurs soins dévoués ou leur travail , au succès de l'œuvre commune, dans l'intérêt de nos contrées.
Profondément convaincu de l'exactitude complète des faits exposés, nous avons la confiance qu'en voyant les résultats acquis, dont la certitude sera démontrée péremptoirement, clairement pour tout le monde, les hommes bienfaisants et les pouvoirs publics appréciant une œuvre essentiellement utile d'humanité, la seconderont puissamment de leurs efforts, de leurs votes, de leurs dons sympathiques , et la rendront prospère, dans Tintérêt des pauvres et du bien public, par des subventions efficaces, dignes d'un pays intelligent, sympathique aux pauvres et généreux.
Les villes s'honorent et s'illustrent, en donnant des
secours aux pauvres, en dirigeant les efforts de Tadministration publique vers les asiles de l'indigence, de la souffrance et du malheur. Narbonne, généreuse et grande, ne restera pas en arrière. En voyant les exemples frappants de subventions municipales que nous aurons à constater dans le Nord, et dont nous démontrerons l'importance , la ville admirera et s'eflforcerà d'imiter les grandes œuvres des villes généreuses et justes, dans la mesure la plus large de ses ressources. Elle s'associera à ce mouvement sublime de charité et de sympathie pour le malheur qui se manifeste dans les villes, avec l'ardeur généreuse qui la caractérise, avec le noble cœur qui l'anime, avec la puissance et la gloire qui illustrent son nom.
Tel sera, nous l'espérons, le résultat des recherches comparées que nous recommandons à l'attention sympathique des hommes dévoués et à l'appréciation généreuse des conseils publics.
Des faits nombreux, décisifs^ donneront aux asseï^ tions émises dans cette introduction Fappui certain des chifi&es et couronneront les efforts de notre administration, en assurant à l'œuvre hospitalière de Narbonne la sympathie publique, l'assentiment de la ville et du pays.
£d approuvant, chaque année, les résultats de notre administration hospitalière, pour le soin des malades pauvres et des autres indigents, pour l'économie dans les dépenses et le bon emploi des recettes ; en accueillant avec faveur des recherches comparées, utiles, qui permettent d'apprécier avec certitude le mérite des établissements de Narbonne, les conseils publics, le peuple de la ville et de nos contrées donnent une preuve de confiance sympathique dans l'administration hospitalière et d'affection pour les pauvres. Nous n'attendons pas moins, aujourd'hui, de leur bienveillance habituelle et de leur dévouement, les recherches de cette année ayant dû être plus nombreuses, parce que les hospices observés avaient plus d'importance.
Plus l'effort est grand, plus l'ouvrier a besoin d'appui. Plus une administration hospitalière obtient des résultats considérables, malgré la faiblesse de ses ressources, plus elle a besoin d'être soutenue et secourue. Nous avons la confiance qu'en voyant les résultats, les succès constatés, l'administration publique et nos concitoyens donneront aux pauvres de nouvelles preuves de leur dévouement, de leur générosité et de leur justice, dans l'intérêt général, pour l'honneur du pays et la gloire de l'humanité.