CHAPITRE VI
Suture de la déchirure par le vagin.
Nous tâcherons d’être bref sur ce mode de traitement fort rarement mis en usage. Nous ne pouvons citer qu’un seul cas certain de rupture utérine traitée de cette façon ; et encore, ne s'agit-il que d’une suture partielle de la déchirure, tentée en désespoir de cause, dans un but hémostatique, après l'essai infructueux des autres procédés de traitement par voie vaginale. Voici le fait ; il est rapporté par Cholmogoroff (1) dans la « Zeitschrift für Geburtshülfe und Gynäkoloqgie » de Stuttgard :
Une parturiente se présente avec une vaste déchirure, longue de 10 centimètres, siégeant obliquement sur le segment inférieur de l'utérus. Cet organe est vide : le fœtus et le placenta ont fait l’un et l’autre irruption dans la cavité péritonéale. Le palper permet de sentir nettement l'enfant en avant, en rapport immédiat avec la paroi antérieure de l'abdomen.
L'hémorrhagie est considérable, et menace, si elle continue, d'épuiser la malade.
Cholmogoroff introduit la main dans l'utérus, et, à travers la déchirure bas-située, parvient à saisir l'enfant qu'il extrait par les voies naturelles.
Le placenta est ensuite retiré de la même façon.
(1) Gaoruocororr, Traitement des ruptures complètes de l'utérus, Zeits. f. Geb. und Gyn., année 1895, t, XXXI, p. 89.
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Le sang s'écoule toujours abondamment par la vulve. Des injections antiseptiques chaudes,un tamponnement à la gaze iodoformée, de la compression abdominale restent tour à teûr sans effet.
L'accouchée perd ses forces et s’affaibit à vue d'œil ; la pâleur et le froid envahissent ses téguments. Cholmogoroff envisage les chances d’une laporatomie immédiate : craignant que le choc opératoire ne soit funeste à cette malade épuisée, il décide de tenter la suture de la plaie par voie vaginale.
I place 10 points dans l'angle inférieur de la rupture : l'écoulement sanguin diminue progressivement d’intensité, puis cesse complètement. L'angle supérieur de la solution de continuité, inaccessible, est laissé béant. Une longue mèche de gaze iodoformée est introduite par cet orifice dans la cavité périlonéale ; le vagin est tamponné ; le ventre comprimé à l’aide d’un bandage ; et la femme soumise au traitement général, stimulant et tonique, des ruptures utérines.
Les fils sont enlevés Le dixième jour et la malade guérit.
Ce premier succès n’a nullement modifié l’opinion de Cholmogoroff sur le traitement des ruptures utérines. Il se déclare lui-même, après la relation du fait précédent, fort peu partisan de la méthode dont les circonstances lui ont dicté l'emploi la suture de la déchirure par le vagin est Mien moins un mode de traitement défini, ayant ses indicationsbien particulières,qu'une manœuvre de hasard, un pur expédient utilisable dans certains cas indéterminés. Le plus souvent, le choix est à faire entre le tamponnement et la laparotomie ; celui-là trouve surtout son indication dans les cas de rupture incomplète interne,celle-c1