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s'impose nécessairement dans tous les cas de rupture complète.
En théorie. la suture de la déchirure par le vagin nous paraît compléter heureusement l’action insuffisante des injections antiseptiques et du tamponnement. II semble bien, en effet, que ces trois méthodes associées doivent donner les plus heureux résultats dans la grande maJorité des cas de rupture dela matrice : après une désinfection complète des voies génitales et un nettoyage minutieux des bords de la plaie, on arrête l’hémorrhagie en suturant par le vagin les bords de la déchirure, et on fait un tamponnement dans le double but de prévenir l’infection et de tarir antiseptiquement le léger suintement sanguin qui pourrait encore se produire à la suite d’une suture difficilement et imparfaitement pratiquée par voie vaginale.
Mais la théorie est quelquefois mauvaise conseillère ; elle ne prévoit pas toujours les difficultés avec lesquelles la pratique nous met sans cesse aux prises, si bien que ce qui paraît éhéoriquement vrai peut bien être au fond prahiquement faux. Nous sommes d'avis, que la suture de la déchirure par le vagin est un procédé de traitement qu'on ne doit jamais, ou tout au moins très rarement, mettre en pratique. D'abord, et c’est l'opinion de ceux-là mêmes qui l'ont employé, ce procédé ne peut raisonnablement être tenté que dans un nombre fort restreint de cas : le plus souvent la lésion utérine remonte beaucoup trop haut pour qu'il soit possible de l’aborder par le vagin. Ensuite, nous sommes convaincu qu’en présence même d’une lésion bas-située (déchirure du col) la suture par le vagin ne peut donner que des résultats incertains et partant mauvais : s'il s’agit d’une rupture incomplète interne donnant peu de sang, la suture par le vagin devient non seulement
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superflue,mais nous dirons même dangereuse parce qu on peut, en la pratiquant, léser les organes abdominaux ; s’il s’agit d’une rupture complète, cause d’une hémorrhagie abondañlte, elle devient alors d’une insuffisance notoire. Dans le cas sus-cité, Cholmogoroff a réussi à arrêter l’écoulement sanguin par le procédé que nous combattons ; mais cette hémostase a été plutôt l'effet du hasard que le résultat d’une pratique sûre. Cholmogoroff suturait et liait sans voir ; comment aurait-il vu la source d'une hémorrhagie qui ne siège pas tant dans l'utérus, que dans Le tissu pelvien en dehors de l'utérus, c’est-à-dire dans le para. metrium. Les déchirures complètes de l'utérus n’intéressent pas seulement la paroi musculaire utérine mais le plus souvent aussi les ligaments larges et les vaisseaux de gros calibre inclus dans leurs feuillets (vaisseaux utérins et utéro-ovariens). Dans ce cas, les sutures en masse faites à l'aveugle par le vagin ne servent à rien ; mais le ventre ouvert et la femme placée dans la position de Trendelenburg, on pourra voir facilement les vaisseaux qui donnent et les lier séparément (1).
(1) Nous venons de relever, trop tard pour en parler au cours de ce chapitre, un second cas de rupture utérine traitée par la méthode dont il vient d’être question. La femme est morte ; de sorte que le pourcentage des guérisons obtenues par l'emploi de la suture par le vagin, passe brusquement et sans transition de 100 0/0 à 50 0/0. Telle est
l’inconséquence forcée des statistiques ! Revue mensuelle de gynécologie. obstétrique et pœdiatrie de Bordeaux, mars 1899.
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