CONCLUSIONS GÉNÉRALES
Nous voici arrivé au terme de notre ouvrage. Si nous nous avisons, à l'heure, de jeter un regard rétrospectif sur le chemin parcouru, nous sommes étonné, nous-même, de la multiplicité des méthodes qui ont été utilisées pour le trailement des ruptures utérines. Nous les avons toutes examinées; mais, de même que nous avons à peineeffleuré, en passant, l'étude de celles, plus ou moins anciennes, qui ont déjà été décrites, de même nous avons pris soin d’insister tout particulièrement sur la description et l'appréclation des méthodes nouvelles dont quelques-unes sont à peine ou point du tout mentionnées dans les thèses précédentes. Ce qui ne veut pas dire que ces derniers procédés de traitement soient précisément les meilleurs, mais, outre qu'ils présentent pour nous l’attrait, toujours captivant, de la nouveauté, nous sommes persuadé qu'ils ont leurs indications précises dans des cas nombreux de rupture de l'utérus.
Dans nos conclusions générales, nous allons donner une rapide“ue d'ensemble de notre travail. Ce sera une façon de relier, entre eux, tous les différents modes de traitement, quelque peu disparates, que nous avons examinés et dont l'étude, par chapitres, imprime à notre thèsel'apparence d’un ouvrage qui manque d'unité. Ce sera une façon aussi d'amener, en temps et lieu, nos conclusions définitives qui, nous ne saurions trop insister sur ce point,
ne peuvent avoir la prétention d’être absolument immuables, attendu qu'elles s'appliquent à l'étude d’un accident dont le traitement est en grande partie soumis aux circonstances particulières qui accompagnent chaque cas. Ici, comme dans le corps même de notre thèse, nous négligerons d'aborder le traitement prophylactique et le traitement général des ruptures, parce que ce sont là deux questions résolues sur lesquelles la majorité des auteurs est aujourd'hui d'accord. Nos conclusions ne porteront donc que sur le trailement immédhat, c’est-à-dire sur le meilleur mode d'extraction du fœtus après la rupture, ef sur le traitement consécutif, c'est-à-dire sur le traitement de la lésion utérine proprement dite, sur la meilleure conduite à tenir pour guérir la mère victime de l'accident qui nous occupe. |
Nous ne nous faisons aucune illusion sur les difficultés de la tâche que nous allons aborder: il est fort ardu de tirer au clair une question aussi complexe que celle du meilleur traitement des ruptures utérines, question qui a déjà été résolue dans les sens les plus divers par des auteurs également compétents. Aussi, nous n'espérons apporter ici qu'un modeste avis, de peu de poids par luimême, mais qui a le mérite d’être le résultat d’un travail consciencieux et long. Nous nous estimerions trop heureux si notre effort trouvait sa récompense dans l'apport d'un éclaircissement, si vague soit-il, à cette étude intéressante, mais confuse encore, qui vient de réclamer partie de notre travail et de notre temps.
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Avant la connaissance des lois de l’antisepsie et de l’asepsie, le traitement des ruptures de l'utérus était uniquement expectalif. On prescrivait l’opium et la glace et, si la malade ne succombait pas à l'hémorrhagie, on essayait de la sauver par le traitement habituel de la péritonite. Lorsque l'enfant était passé dans la cavité péritonéale on faisait parfois la laparotomie ; nous l’avons trouvée aussi mentionnée dans quelques cas pour aller à la recherche de la tête séparée du tronc au moment de l'accouchement. Ces opérations, pratiquées Le plus souvent chez des femmes déjà infectées et toujours après d’autres interventions obstétricales, comme application de forceps, version, céphalotripsie, etc.. se terminaient généralement par la mort.
Les beaux résultats opératoires obtenus grâce à l’antisepsie encouragèrent les accoucheurs à faire quelque chose de plus. Les deux procédés suivants semblèrent les plus logiques : le drainage de la plaie utérine par le vagin et la suture de l'utérus après la laparotomie. Plus tard vinrent : d'une part, tous les autres procédés de traitement par voie vaginale que nous avons étudiés (injections antiseptiques, tamponnement, sulures par le vagin, hystérectomie vaginale totale); d'autre part, toutes les autres méthodes de thérapeutique opéraloire auxquelles la la parotomie avait servi d'introduction (laparotomie avec sulure de la déchirure à la plaie abdominale, opération de Porro, hystérectomie abdominale totale, opération de Krajewski}. Nous avons essayé de nous renseigner au moyen de données statistiques sur la valeur relative de ces mul- - tiples procédés. C'est dans ce but que nous avons réuni de très nombreux cas (1), mais nous avons dû renoncer à
(4) Nous avons réuni en tout 271 cas de rupture utérine que nous avons classés dans le tableau qui précède nos conclusions générales, p. 164.
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tirer de leur étude des conclusions solides, car les détails les plus importants (existence de la fièvre ou indication du moment de la rupture) faisant défaut, les différentes observations ne pouvaient être comparées entre elles ni fournir les documents d’un travail d'ensemble. Cependant, s’il est vrai que l’examen des cas recueillis par nous n’a que peu contribué à nous faire accepter les conclusions que nous allons émettre, du moins a-t-il eu l'utilité de nous démontrer que les cas afébriles, c’est-à-dire les cas aseptiques, donnent un excellent résultat, quelquefois même sans aucun traitement, tandis que ceux dans lesquels il existe de la fièvre avant la rupture se terminent trop souvent par la mort, quel que soit le traitement employé. |
1. TRAITEMENT IMMÉDIAT. — 1° Quelle conduite devonsnous lenir quand la rupture est manifeste et que l'enfant est passé dans la cavité péritonéale ? ù
Nous pensons qu'il est bon de procéder de suite et sans hésitation à la laparotomie, à moins que la mort de la mère ne soit imminente ; même au cas où ilexisterait une forte élévation de température et des symptômes de péritonite, il faut opérer quoique le pronostic soit grave et que nous n'ayons que peu de chances de sauver la vie de notre malade. On devra aussi intervenir lorsqu'une partie seulement du corps fœtal se sera introduite dans la cavité périlonéale ; mais, si nous pouvons en juger par l'expérience théorique que nous confère l'étude de toutes les observations que nous avons recueillies, nous croyons que ces cas sont rares.
2° Quelle conduile devons-nous tenir quand l'enfant est resté en entier dans l'utérus? Deux cas peuvent se présenter: la rupture est ou n'est pas complète.
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