RÉSUMÉ GÉNÉRAL
I. La ûhve musculaire se transforme en tissu graisseux dans l'atrophie musculaire graisseuse progressive et dans la para? lysie générale spinale (sans aliénation).
IL On distingue deux phases principales dans l'atrophie musculaire graisseuse progressive.
La première phase est caractérisée par la diminution de la quantité des flbres musculaires; c'est la période d'atrophie simple, dontla durée est extrêmement longue, et qui se signale principalement parla diminution du volume des muscles, et par l'affaiblissement des sensations musculaires sous l'influence des excitations électriques, par de nombreuses contractions fibriliaires, enfin par l'intégrité de la contractilité électrique et volontaire des muscles atteints dans leur nutrition (les mouvcmens volontaires s'affaiblissant seulement en raison de la diminution de la quantité des fibres musculaires),
Dans la seconde phase, les fibres musculaires qui n'ont pas disparu dans la période d'atrophie, se transforment en tissu graisseux. C'estla période d'atrophie, période ultime de la maladie, dans laquelle il n'existe plus ni contractions fibrillaircs, ni contractilité électrique ou volontaire, par cette seule raison, qu'il n'y a plus de muscle.
IIL On observe également une période d'atrophie et une
période ée transforma tion graisseuse clans la paralysie générale spinale.
Mais, avant et pendant la période d'atrophie, on constate la perle ou l'affaiblissement considérable des mouvemens volontaires et de la conlraclililé électrique. La transformation graisseuse a moins de tendance à se produire et à se généraliser dans la paralysie générale spinale que dans l'atrophie musculaire progressive.
IV. La libre musculaire ne subit aucune altération de texture, quel qu'ait été le degré de marasme auquel les malades soient arrivés, dans la paralysie générale des aliénés, Les muscles conservent intacte la faculté de se contracter par l'excitation électrique.
V. La paralysie générale des aliénés laisse après elle des lésions qnatomiques dans l'encéphale, qui, au contraire, n'est jamais altéré dans l'atrophie musculaire graisseuse progressive et dans la paralysie générale sans aliénation ; ce qui rend parfaitement compte de l'intégrité des facultés intellectuelles observée dans ces deux dernières maladies.
VL La lésion nerveuse anatomique centrale de la paralysie générale sans aliénation se trouve, parfois, dans les cordons antérieurs de la moelle. C'est à cette lésion que semblent devoir être rapportées les paralysies généi-ales sans aliénation, qui n'ont offert aucune altération anatomique appréciable, parce qu'elles marchent et perdent leur contraclilité volons iaire et électrique, comme lorsque les cordons antérieurs de la moelle sont altérés.
Pour ces motifs, je propose d'appeler pctralijiîe générale spinale, la paralysie générale sans aliénation.
VIL L'atrophie des racines antérieures de la moelle est, d'après les recherches de M. le professeur Cruveilhier,la lésion nerveuse anatomique de l'alrophie musculaire graisseuse progressive, et produit la lésion de nutrition musculaire qu'on observe dans cette affection.
Cette atrophie des racines antérieures de la moelle n'ayant été observée que dans un seul cas, il est sage de l;iirc ses
réserves, avant de radmetlre comme lésion ncrVeiise ConStanlc de l'atrophie musculaire graisseuse progressive, et cela avec d'autant plus de raison , que ce fait anatomique semble être en contradiction manifeste avecles faits physiologiques et pathologiques antérieurs, pour les rapports de subordination qui e\\stealenlre les différentes parlics consliluanlesde la moelle, la coTitractililé élcclrique et volontaire des imiscleSi
VIII. L'intégrité de la conlractilité électrique et volontaire, qu'on voit conservée jusqu'à la dernière fibre musculaire dans l'atrophie musculaire graisseuse progressive, implique nécessairement la pensée de l'arrivée de la force nerveuse des cordons antérieurs de la moelle aux organes du mouvement, par une sorte de conducteurs collatéraux, malgré l'atrophie des racines antérieures de la moelle.
Cette hypothèse peut s'appuyer sur des faits physiologiques et pathologiques identiques.
IX. Le fait d'anatomie pathologique découvert par M. Cruveilhier, corroboré par deux autres faits analogues et antérieurs, dont l'un est rapporté dans le cours de ce travail (obs. VII), démontre que les cordons antérieurs de la moelle exer^' cent une grande influence sur la nutrition musculaire, contrairement à l'opinion des physiologistes, qui attribuent cette propriété exclusivement aux cordons postérieurs.
X. L'atrophie musculaire graisseuse progressive se déclare quelquefois spontanément ou sous l'influence d'une cause héréditaire, ce qui établit l'existence d'une Jiathèse dans cette affectioué
Cependant, des causes occasionnelles variées peuvent hâter ou provoquer son développement, et, parmi ces causes , la plus fréquente et la plus active, c'est la contraction continue et forcée des muscles 5 c'est alors qu'on voit cette maladie se localiser dans ces derniers.
XI. La dénomination de paralysie atrophique, appliquée par quelques auteurs à cette affection musculaire, en donne l'idée inexacte et contraire à la vérité.