‹ Étude Comparée Des Résultats De La Symphyséotomie Et De L'Opération Césarienne Dans Les Bassins VicieuxChapitre 8 sur 32 · AT D · texte numérisé non relu

AT D

M. Barestimeque la césarienne est l'opération de choix quand la malade n’est pas en travail, qu'elle se trouve dans un milieu aseptique et qu'elle n’est sous Île coup d'aucune chance d'infection. Ce choix sera d'autant plus indiqué que la femme sera primipare et aura un bassin plus étroit. Dans un certain nombre de cas, l'opération césarienne reste indiquée, malgré un début de travail.

M. le professeur Bupin fait observer que, pour comparer la morbidité infantile de la césarienne et de la symphyséotomie, il faut prendre les femmes avant tout début de travail, car l'enfant peut mourir avant que le travail soit assez avancé pour permettre la symphyséotomie qui avait été décidée et qui, dès lors, n’est plus exécutée. Le rejet de ces cas rend incomplètes les statistiques de mortalité infantile de la symphyséotomie comparées à celles de la césarienne. |

M. Caarces conclut de son expérience personnelle que la césarienne est une opération simple, facile, et peutêtre moins dangereuse que la symphyséotomie.

M. Boss préfère à la symphyséotomie l'accouchement prématuré et la césarienne, dont l'exécution est relativement simple à domicile et dans les campagnes, ainsi que le prouvent 11 observations rapportées par son assistant.

M. Focnier montre que la symphyséotomie est plus sérieuse que la césarienne à cause du choc opératoire consécutif à l'ouverture des articulations et des mauvaises conditions communes à toute opération d'urgence.

Nous voyons que les avis énoncés à la Société obstétricale sont absolument confirmés par notre statistique.

Notons en passantl'influence heureuse dela césarienne et surtout du Porro dans les bassins osléomalaciques.

SN

Voici ce que dit, à ce sujet, notre maître, M. le docteur Boxnaire (1); «L'opération césarienne, exécutée suivant le procédé classique, nous semble meilleure pour la mère et pour l'enfant ; elle a, dans un cas, été suivie de guérison de l’ostéomalacie en 10 mois {Rguss). Cependant l’opération de Porro est encore préférable puisqu'elle comporte la stérilisation absolue. BAuMANN, dans sa thèse, a réuni 44% cas d'opération de Porro dans l’ostéomalacie, sur lesquels il y a eu 26 guérisons opératoires, et chez ces 26 femmes, l’ostéomalacie a disparu.

Depuis cette publication, Fenzin@ a pratiqué la même opéralion une fois et KroniG deux fois. Dans les trois cas, les femmes ont guéri complètement. Dans un cas, BENc- KISER praliqua au troisième mois de la grossesse, l’extirpation totale de l'utérus par la voie vaginale. La femme guérit. »

Il nous reste une dernière question à examiner : fautil, de parti pris, choisir l'opération de Porro? Nous ne le pensons pas, car, d’une part, nous avons vu que les femmes ayant subi l'opération césarienne conservatrice pouvaient avoir des grossesses ultérieures, justiciables elles aussi de nouvelles opérations. (Le n° 9 FROMMEL 1895, subit à césariennes et guérit). D'autre part, sur les 209 cas de notre statistique, nous avons 140 césariennes conservatrices avec 13 femmes mortes, et 69 opérations de Porro avec 10 femmes mortes, c’est-à-dire avec une mortalité supérieure à celle de la première opération. Nous croyons donc qu'il faut réserver le Porro pour des cas graves (infection utérine, rupture de l'utérus, etc...)

(1) Bonnaine, in Traité de l’Art des Accouchements. Tarnier Bupix.

Page 1