UTILITÉ DE LA MÉTHODE GRAPHIQUE APPLIQUÉE A L'ÉTUDE DU POULS
L'importance considérable que lobservation du pouls présente pour le médecin à fait naître l’idée d'en analyser tous les caractères par la méthode sraphique.
Il est difficile, en effet, d'apprécier au toucher et d’analvser par cette seule sensation de tact toutes les modifications du pouls. Pour cela il faut être praticien consommé, et encore bien des détails peuvent échapper. Autrefois le médecin, pour exprimer la sensation qu’il éprouvait, se contentait de désignations, sinon vicieuses, tout au moins incomplètes. On disait que le pouls était petit ou grand, dur ou mou, dépressible ou non, plein ou vide, serré, filiforme, élevé, fornicant, capricant... Mais ces expressions quoique imagées, donnaient une faible idée de l’état dela circulation et il arrivait souvent que deux praticiens analysant la même sensation s’en faisaient une idée tout à fait différente : tel pouls qui tait mou pour l’un, était petit ou vide pour l’autre, un pouls grand était simplement un pouls plein.
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Quelques unes de ces expressions sont cependant restées dans le langage clinique. Ainsi on dit encore d'un pouls, qu’il est dur, plein, filiforme, mais dans ces expressions il n’est question ni de l’amplitude, ni du dicrotisme, ni de bien d’autres détails que le tracé sphygmographique seul peut nous révéler, Aujourd’hui, grâce au sphygmographe, rien qu’à l'inspection d’un tracé nous pouvons nous faire une idée très exacte et très nette du pouls non seulement dans son ensemble, mais encore de ses plus petits détails ; nous y voyons l’amplitude, le plateau, le dicrotisme... et nous avons par ce moyen une idée très précise de l’état de la circulation.
Il est des cas en effet, où le toucher du pouls donne une sensation en contradiction manifeste avec le tracé obtenu par le sphygmographe (1). Ainsi un pouls qui parait très ample au doigt est d’une très faible amplitude au sphymographe; de même un pouls très faible au doigt peut être très ample vu sur un tracé : ceci dépend du plus ou moins de lenteur de l'expansion artérielle.
Dans ces cas, c’est au sphygmographe qu'il faut demander la vérité.
On voit déjà par ces quelques considérations l’utilité que présentent les sphyemogrammes, mais là où ils rendent de précieux services et d’utiles renseignements, c’est dans les cas pathologiques.
(1) Marey. La circulation du sang. 2 éd., page 280.
. Ce n’est pas à dire cependant que le tracé sphygmographique soit pathognomonique de telle ou telle maladie ; tout au plus cela est-il vrai pour les maladies de cœur où il est vient aider au diagnostic ou le confirmer, et par là même il est déjà d’une très grande importance. Mais la plupart du temps, la même forme du pouls se rencontre dans des maladies très différentes et qui n’ont aucun rapport entre elles.
Ce qui est certain c’est que, étant donné une maladie, si on prend le tracé sphygmographique du malade chaque jour, on pourra suivre la marche de cette maladie dans ses différentes phases avec clarté et précision. Ainsi dans la fièvre typhoide, il nous sera facile d’en suivre les différentes périodes rien que par l’étude des formes du dicrotisme qui est plus ou moins accentué, et l’état fébrile par le plus ou moins d'amplitude de la ligne diastolique artérielle. De mème dans la colique de plomb, le plus ou moins d’irrégularité du tracé du pouls indiquera un état plus ou moins avancé de la maladie.
Dans les maladies du cœur, le tracé graphique permet au médecin de suivre les effets du traitement, qu'il s'agisse de faciliter la circulation générale, la circulation pulmonaire, de produire une déplétion des organes et des membres, ou au coniraire de mettre en jeu la contractilité des petits Vaisseaux.
Le tracé obtenu après l'emploi de la digitale sera tout autre que celui obtenu après injection de la
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caféine. Le médecin verra les effets produits et le tracé sera un guide sûr, qui lui indiquera nettement s’il doit continuer l’administration du médicament, s’il le peut, ou au contraire s’il doit en faire cesser l'usage.
Dans un autre ordre d’idées le tracé sphygmographique est non seulement important, mais il est nécessaire ; je veux parler des cas où le diagnostic est incertain. Il vient alors le confirmer et le médeein est en mesure de faire suivre le traitement approprié, alors qu'il eût fallu rester dans l’expectation.