I. — 1. Aperçu général des Livres Saints. — Rien au
les Rois, depuis David jusqu'à la fin des deux royaumes, au temps des captivités , durant une période de cinq cents ans environ (1096- 585 avant Jésus-Christ).
4° Les deux Livres des Paralipomènes . C'est à la fois un recueil de généalogies et un supplément à l'histoire juive durant la royauté.
5° Les deux Livres d'Esdras et de Néhémias racontent le retour de la captivité et la reconstruction de la ville et du temple.
6° Les deux Livres des Machabées. Après un silence de près de trois siècles l'Ecriture sainte reprend et achève l'histoire du peuple de Dieu , ses oppressions, ses délivrances, ses guerres, ses exploits pour la défense de la religion et de la patrie (167-130 ans avant Jésus- Christ).
7° Vient ensuite un groupe de Livres relatifs à des épisodes divers de diverses époques. — Le Livre de Iluth la Moabite , sous les Juges. — Le Livre de Judith, la libératrice de son peuple en l'année 658 avant Jésus-Christ. — Le Livre de Tobie , le Saint de la captivité, 720 avant Jésus-Christ. — Le Livre d'Esther, libératrice du peuple durant la captivité, 470 ans avant Jésus-Christ.
Tels sont dans la Bible les Livres que l'on peut appeler Historiques.
111. Dieu, par l'organe des écrivains sacrés qu'il inspire, nous donne ensuite en quatre Livres les conseils pratiques pour notre conduite et l'acquisition de la sainteté. Ce sont :
Le Livre des Proverbes, le Livre de la Sagesse, YEcclésiasle, YEcclésiastique.
Dieu daigna fournir à toutes les âmes , et à tous les âges de l'Eglise, les magnifiques accents de la prière, de la consolation, de l'amour. — Dans le Livre de Job, l'Humanité apprend le mystère sombre de la douleur et le prix de la victoire sur cette terrible ennemie. — Avec
monde de saisissant comme ce premier coup d'œil. Un peuple tout à part, tout extraordinaire, tout lumineux alors que le reste de la terre est dans la nuit la plus sombre nous présente UN LIVRE, et ce livre est plus étonnant encore que la nation qui le possède. Les dogmes qu'il renferme sont tous d'une hauteur à laquelle l'espril de l'homme n'est jamais parvenu. Pour un éclair du génie de Platon, laissant, au milieu de bien des erreurs, pressentir la Divinité, mille passages de ce livre donnent sur le Dieu unique des idées claires, sublimes, magnifiques, des définitions que la raison humaine ne soupçonna jamais. — Au lieu des aberrations du paganisme, nous y trouvons une sagesse que les siècles n'ont pu
les Psaumes de David nous répétons tous les chants, toutes les prières, tous les cris, toutes les extases de l'âme durant l'exil. — Le Cantique des Cantiques, livre tout mystérieux, extatique, chante le sublime et suave mystère de l'Incarnation.
V. Enfin, dans une période de quatre siècles Dieu donne l'épanouissement le plus splendide à la Prophétie.
1° Isaïe, qui annonce les calamités et les délivrances des Juifs sous Cyrus, est surtout le prophète de Jésus-Christ, dont il décrit en détail la naissance, la vie, la mort, la résurrection, le grand œuvre, l'Église (758-120 avant Jésus-Christ).
2° Jérémie. Aux prophéties relatives aux Juifs, Jérémie ajoute, comme Isaïe, des prophéties fameuses sur Jésus-Christ (627-586 avant Jésus- Christ).
3° Ezéchiel, qui prophétise durant la captivité, annonce la délivrance des Juifs, le rétablissement de leur cité, mais surtout le triomphe, le règne, l'empire du Messie (595-570 avant Jésus-Christ).
4° Daniel prophétise, durant la captivité, la succession des grands empires que doit, à une date précise, remplacer l'empire du Christ.
5° Douze autres prophètes sont appelés petits, non que leurs prophéties soient moins importantes, mais parce qu'elles sont plus courtes. Ce sont : Osée, Joël, Amos , Abdias , Jonas , Michée, Nahum, Habacuc , Sophronias , Aggée, Zacharie, Malachie.
Ces prophètes vivent de 880 à 450 ans avant Jésus-Christ.
égaler. Partout, dans toutes ses maximes, dans ses conseils, dans ses préceptes, règne une sainteté, que la philosophie antique n'a pas même entrevue. Une majesté surhumaine remplit ces pages dont aucune n'est déparée par les erreurs grossières, les enfantillages, les obscénités dont les prétendus Livres sacrés des autres peuples sont remplis. — Sans parler ici des prophéties qui, à elles seules, suffisent à montrer l'inspiration divine, la Bible renferme, en si grand nombre, des pensées sublimes, des vérités éclatantes, des vertus surhumaines, des héroïsmes qui n'ont leur égal nulle part, que, à sa seule lecture, on reconnaît invinciblement une divine origine.
2. Considérez ensuite l'histoire de ce merveilleux livre. Il n'a pas connu l'enfance des peuples; rien en lui ne ressemble aux légendes fantastiques qui entourent le berceau de la plupart des nations. Plus vieux qu'elles toutes, ses pages sont lumineuses comme la pleine civilisation , mûries et profondes comme l'expérience la plus longue et le génie le plus cultivé.
3. En quelles mains trouvons-nous ce Livre? Depuis quatre mille ans tout ce que le monde a vu de plus saint et de plus savant, les intelligences les plus puissantes, les âmes les plus magnanimes et les plus épurées se nourrissent des surhumaines beautés de l'Écriture. Les génies qui scrutent les profondeurs sont innombrables. Les savants s'arrêtent stupéfaits en face d'un Moïse, possesseur en des siècles si reculés, de no ■ tions scientifiques que l'on croyait l'-exclusive conquête des temps modernes. — A côté d'eux, les Saints, les héros de la vertu, ne font, dans leurs actes les plus sublimes , que traduire les conseils et les préceptes renfermés dans ces pages merveilleuses.
4. Mais agrandissons encore le point de vue. Depuis Jésus-Christ, la Bible est le Livre par excellence, le code sacré, la règle, la nourriture, la pensée, de plus de trois cent millions d'hommes. Car, dans leur défection , schismatiques et hérétiques ont emporté le trésor commun de l'immense famille chrétienne. — Et de son côté le malheureux peuple juif continue, après son déicide et son châtiment dix-huit fois séculaire, à s'en faire l'incorruptible gardien.
5. Remarquons que , durant les dix-huit siècles qui précèdent l'ère chrétienne , le peuple juif possède ce Livre. Il ne le possède pas comme on possède un manuscrit vénérable, comme on garde avec une fierté stérile les œuvres d'un génie. Ce Livre est en lui plus vivant que lui-même. Ce Livre est à lui seul sa substance , sa lumière, sa force, sa gloire, la raison d'être de son existence. Ce Livre est son manuel religieux, son code de justice, le recueil de son histoire. C'est dans ce Livre qu'il retrouve ses ancêtres, ses généalogies, le partage de son territoire et ses titres de possession. Ce peuple entier n'a de mœurs , d'habitudes , de conduite , de règles , de vie sociale, de vie domestique que ce que ce Livre lui en donne. Le peuple juif est, pour tout dire en un mot, incarné tout entier dans la Bible. Et sans l'existence , la véracité , l'authenticité de la Bible , l'histoire en devient impossible. En dehors de la Bible, Israël est une indéchiffrable énigme.
6. Et ce n'est pas tout. La Bible n'est pas restée enfermée dans l'étroite enceinte d'Israël. Par Israël , à la faveur de ses migrations et de ses courses perpétuelles, à la suite de ses catastrophes et de ses captivités, les Livres Saints deviennent comme le patrimoine de l'Orient, en attendant que l'Occident en ouvre les trésors.
Daniel prophétise au milieu des grands empires ; Tobie lit la Bible durant la captivité. Cyrus lit les prophéties qui le concernent; Alexandre le Grand s'en vient dans le temple en écouter la vénérable lecture. Un Ptolémée les admire jusqu'à les vouloir faire passer dans l'idiome grec; Rome et l'Empire se couvrent de synagogues , où les Livres Saints sont lus et commentés. Platon y puisa peut-être , et en tous cas d'autres écrivains du paganisme les connurent, et les beaux esprits comme Horace en avaient entendu assez parler pour faire des miracles et des prophéties l'objet de leurs bons mots. — L'histoire de la Bible se résume donc ainsi. Tout un peuple, durant deux mille ans, le possède, le garde, le scrute sans cesse, s'y incarne, se fond et s'unifie en lui jusqu'à ne plus vivre que de lui. — Par ce peuple ce Livre se répand en Orient et en Occident. — Depuis Jésus-Christ, depuis dix-huit siècles, ce Livre est le patrimoine de trois cent millions d'hommes, qui le reconnaissent comme leur règle religieuse; s'inspirent de ses lumières et se courbent devant ses décisions.
Après ce préambule les questions d'authenticité, d'intégrité, de véracité, ne peuvent plus nous offrir la moindre difficulté sérieuse.
II. Authenticité , véracité, intégrité des Livres Saints. — Quand nous étudierons le christianisme nous serons amené à constater les trois mêmes prérogatives fondamentales des Livres du Nouveau Testament. Nous ne nous occupons ici que des Livres de l'Ancien, pour constater qu'ils sont authentiques, vrais, conservés sans aucune altération.
1. Nier l'authenticité des Livres de l'Ancien Testament , c'est nier que ces Livres sont de l'époque et des auteurs auxquels nous les attribuons; c'est nier que le Pentateuque soit de Moïse et du temps de Moïse. C'est donc, par contre, affirmer qu'ils sont récents et d'un faussaire.
Or cette prétention est absolument inadmissible, ou il faut à tout jamais renoncer à toute authenticité quelle qu'elle puisse être. L'Enéide sera d'un faussaire , les œuvres de Tacite, de Démosthènes, de Sophocle, de Thucydide seront d'un faussaire. D'un faussaire aussi le Dante, Corneille, Racine, Bossuet : car tous ces livres ont des preuves moindres et moins décisives d'authenticité.
Celles des Livres Saints sont à ce point écrasantes qu'il faut ou les admettre ou se rejeter dans la folie d'un septicisme universel. — 1° A l'heure présente, l'authenticité des Livres Saints est admise par le peuple chrétien tout entier. L'hérésie et le schisme ont détaché une partie de ce peuple immense, répandu sur le globe. Or, toutes les sectes séparées se réunissent avec l'Église catholique pour témoigner de cette authenticité! Et de siècle en siècle, il en a été ainsi : la même multitude donne la même affirmation. Voilà un titre, voilà une possession certaine; or, aucun adversaire ne peut faire valoir, contre cette prescription séculaire , aucune preuve sérieuse. — 2° Un peuple, mortel ennemi du christianisme, le peuple juif, dispersé, lui aussi, par toute la terre, affirme avec la même force et depuis les mêmes siècles, que les Livres Saints sont authentiques. Séparé des chrétiens par une haine invincible, il se réunit à eu.\ dans cette même certitude ; la preuve par la prescription atteint ici, on le voit, sa suprême puissance. — 3° Du-
rant les deux mille ans qui précèdent Jésus-Christ, le peuple juif existe, sa vie est illustre, on le connaît; l'histoire universelle l'enchâsse dans son ensemble. Or, toujours , ce peuple nous apparaît les Livres sacrés à la main; toujours, il affirme leur authenticité. — Dans ce peuple, le schisme opère des divisions; chaque secte est ennemie acharnée des autres, mais toutes s'unissent sur la question d'authenticité. Moïse est pour toutes également, Samaritains ou Juifs, royaume d'Israël ou royaume de Juda, l'Auteur inspiré du Pentateuque et le promulgateur de la Loi. — Ce peuple porte sa Loi comme on porte un lourd fardeau; à ses continuelles révoltes, il est visible qu'elle lui est insupportable. Pourquoi donc s'y soumet-il? Pourquoi revient-il à ce joug chaque fois qu'il l'a momentanément rejeté? Quoi! cette loi est l'œuvre d'un faussaire, Moïse est un mythe, et tout ce peuple courbe la tête et les épaules sous leur sanglante législation! — 4° Puis, le peuple juif n'est pas seul à témoigner. Que Moïse soit l'auteur du Pentateuque et le législateur d'Israël, c'est l'universelle croyance de la gentilité entière. Tacite l'atteste (1), Pline le rappelle (2). Le satirique Juvénal parle de Moïse et de son Livre (3), Diodore (4) de même, Strabon (5) aussi. Le même faussaire qui aura postérieurement fabriqué les Livres Saints, aura donc fabriqué partout ces différents témoignages! — L'incrédulité se croyait triomphante en donnant Esdras comme l'auteur du Pentateuque, et 500 ans avant
(1) Hislor., V, i.