‹ Étude critique des rapports de la tuberculose et du psoriasisChapitre 14 sur 19 · ATEN · texte numérisé non relu

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gestion avec hémoptysies légères ayant fait craindre un

début de tuberculose ».

Examen radioscopique : négatif.

Dans cette observation, la bacillose n’est pas évidente; mais il est permis de supposer l’existence dans le pou-. mon d’une épine, y localisant le flux congestif, comme cela se produit dans les hémoptysies supplémentaires des périodes menstruelles.

Soulaine écrit, à propos de ces balancements : « Pour « nous, la question nous paraît jugée, nous voyons entre « deux maladies, subissant ces alternances, un lien « commun qui les unit étroitement. »

Les alternances, chez les psoriasiques, sont-elles particulières aux lésions bacillaires ? S’il en était ainsi, elles auraient une grosse valeur en faveur de l’origine tuberculeuse de la dermatose. Mais en est-il ainsi ?

Brocq dit d’une manière générale, dans sa Dermatologie pratique : « Dès que la santé s’altère, dès que « le sujet dépérit, le psoriasis tend à s’effacer et à dis- « paraître pour reprendre toute son intensité lorsque la « santé générale est raffermie. »

Gaucher a étudié les allernances du psoriasis avec .

les manifestations diathésiques, telles lartério-sclérose,

la goutte, l'asthme, la bronchite chronique; il a signalé l'apparition de phénomènes pulmonaires métastatiques et d'accidents gastriques, à la suite de la disparition de lésions psoriasiques; il a vu alterner le psoriasis avec une gastrite ulcéreuse hémorragique.

.«, Ne nous hâtons donc pas de conclure que la nature

du psoriasis est tuberculeuse, en invoquant l’argument

des alternances, chez un même malade, entre les lésions des deux maladies. Expliquer ce mystérieux phénomène en s’aidant de l'état d « allergie » ne ferait guère avancer le problème : ne donnons pas une base aussi

fragile à une théorie étiologique.

De cette longue étude clinique, nous. retiendrons [x coexistence possible du psoriasis avec des tuberculoses atténuées cutanées ou pulmonaires, décelables clinique-

) ment; mais le faible pourcentage de ces associations ne justifie pas, à lui seul, une théorie tuberculeuse du

psoriasis.

f) Le poumon des psoriasiques.

Le diagnostic des lésions pulmonaires scléreuses légères est difficile par la seule clinique, elles passent souvent inaperçues. æ

Levy Franckel a fait rechercher, systématiquement, chez des psoriasiques, les lésions pulmonaires décelables par la radioscopie. Il a publié dans le Bulletin de ia Société de Derm. et de Syph. du 18 décembre 1919 les résultats de ces examens. (Le Poumon des psoriasiques,, Levy Franckel et J. Jacob.)

Nous avons, depuis cette publication, ajouté 8 nouveaux cas à cette statistique, et nos résultats sont les sut-

vanis :

Le

EN a RC ou,

Poumons examinés : 57.

1° Poumons normaux. . . . . . 20, soit 35 0/0. 20 Lésions nettes (marbrures, adhé-

rences diaphragmatiques. signe du fes-

ton, poumons gris avec sommets ne

s’éclairant pas à la toux, sclérose péri-

bronchique irradiant vers les bases ; £

avec ombres biliaires acéentuées. . . 31, soit 54 0/0. 30 Lésions minimes (légère limitation

de l’amplitude de l’hémidiaphragme, |

ganglions trachéo-bronchiques. . . . 6. soit 11 0/0.

Une telle statistique demande sa contre-partie : C’està-dire l'examen radioscopique du poumon d'individus n'ayant jamais présenté ni psoriasis, ni affections pleuro-pulmonaires aiguës ou chroniques. En effet, notre statistique perd toute sa valeur si, chez des sujets dits normaux au point de vue pulmonaire, nous trouvons un pourcentage de lésions scléreuses aussi élevé que chez les psoriasiques.

Le D' Lagarenne, assistant de radiologie à l’'Hôtel- Dieu, à bien voulu examiner, pour le Dr Levy Franckel, et nous, deux cents sujets de quinze à quarante-cinq ans; venus à lui pour toute autre raison qu’une affection pleuro-pulmonaire aiguë ou chronique. Les antécédents personnels de ces malades r’attiraient pas l'attention sur la tuberculose. De.

ST

Sujets examinés : 200.

Aspect pulmonaire absolument normal. 92 soit 46% Ombres hilaires exagérées..... ....... 46 — 23% Sommets voilés,inégaux ou ne s'éclairant er

pas à la toux, taches suspectes........ 17 Capuscules calcifiés, taches suspectes in-

Da PROMESSE Le ae cu er us À D) Arborisations de sclérose péribronchique 347

rayonnant dans les plages pulmonaires. Dé Diaphragmes irrégulièrement convexes, expansion diminuée, inégale, sinus gris SC HÉDUSSEN AMAR TR nes ;

A propos de linterprétation de ces signes radiosco-

piques, nous reproduisons ce que Levy Franckel écri-

vait dans Le poumon des psoriasiques : « Sans entrer « dans la discussion de la valeur de ces signes radios- « copiques, nous nous en rapporterons à ce que dit, à « ce sujet, un radiologue, M. Maingot, dont les conclu-. « sions paraissent confirmées par certaines de nos ob- « servations : « Une diminution de transparence légère,

« unilatérale, n’acquiert d'importance que quand elle

.« coïncide avec des modifications de la statique et de

« la cinématique bien accusées (aspect nuageux, ou gra-

« nité, suppression du phénomène de l’illumination su-

«bite à la toux). L’exploration radiologique met sous « les yeux les altérations apexiennes, qu'une tubercu- « lose guérie et à évolution insoupçonnée parfois, laisse « au sein des tissus. » Les faits que nous classons « comme positifs (lésions nettes) rentrent dans cette «catégorie... »

L'interprétation des ombres hilaires est plus diffi=

cile; s'agit-il là d’adénopathies banales ? Ces adéno-

‘pathies sont-elles les témoins d’une tuberculisation an+ cienne? Nous ne saurions conclure. RS Comparons les deux statistiques, après avoir fait re+ marquer que la seconde statistique est plus exacte que la première; car elle porte sur un nombre de sujets plus grands (200 dans l’une, contre 57 dans l'autre) éliminant ainsi les erreurs dues aux « séries ». Nous trouvons : chez les psoriasiques : 35 0/0 de poumons sains contre 65 0/0 avec lésions pleuro-ganglio-pulmonaires chroniques: chez les non psoriasiques : 46 0/0 de poumons sains contre 54 0/0 avec lésions.

Le pourcentage des lésions est donc en faveur des psoriasiques (+ 11 0/0) et si nous tenions compte seulement des lésions nettes, la différence s’accentuerait encore (+ 23 0/0). Même en considérant, comme fort, ce chiffre de + 23 0/0, il n’en reste pas moins à peu près établi que les lésions scléreuses du poumon sont plus fréquentes chez les psoriasiques que chez les sujets dits « normaux ». :

La proportion de ces lésions ne nous paraît pas, ce+ pendant, tellement supérieure qu’elle entraîne un rapport -de cause à effet entre la bacillosé et le psoriasis « “D'ailleurs, il faudrait encore prouver la nature bacillaire de toutes ces lésions qui, pour certaines (sclérose péri« bronchique, taches sur le champ pulmonaire) est dis+ <utable. ie

g) L'urine des psoriasiques. LCR

On à écrit qu'il existait des rapports entre les urines des psoriasiques et celles des tuberculeux, toutes les deux montrant l’augmentation de l'élimination chlorurée et on a parlé de décalcification dans les deux maladies. | |

Gaucher et Desmoulières, François Danville dans sa thèse, signalent l'hyperacidité constante, la diminution de l’urée dans 50 0/0 des cas, l'augmentation de l'acide urique, du soufre total et surtout de la déminéralisation chlorurée. |

Brocq, Desgrez et Ayrignac reprennent ces recher-

ches et, tenant grand compte de l'alimentation des su-.

jets observés, ils obtiennent des résultats moins nets et concluent : « Des résultats recueillis chez des psoria- « siques, nous déduirons que la nutrition est toujours « plus ou moins déviée; mais parfois de façons diffé- « rentes ; si l’on était en droit de rechercher dans [l’é- « tude de ces différences la cause de la maladie, on « verrait que des causes différentes peuvent occasion- « ner le psoriasis ou que le psoriasis peut évoluer sur

« des terrains différents. »

Haemmerlé (Annales Derm. et Syph. 1912, « Re-.

cherches sur les échanges minéraux dans le psoriasis ») étudie trois psoriasiques ou point de vue élimination des chlorures de la chaux et du phosphate et trouve « des

« résultats extrêmement variables, sans aucune spéci-

« ficité ». 1!

h) La tuberculino-réaction et le sérodiagnostic ® Arloing

et Courmont chez les psoriasiques.

Quelle est la valeur de la tuberculino-réaction pour le diagnostic de la bacillose ?

D’après Sergent (Etudes-cliniques sur la tuberculose), « ce procédé ne peut prétendre qu’à démontrer la tuber- « culisation du sujetet non point la nature tuberculeuse « de telle ou telle affection locale dont le sujet est por- « teur. Il n’est et ne peut être qu’un indice révélateur ; « de l’état humoral et non de la lésion locale. A cet « égard, il a rendu de grands services aux vétérinaires « et nous a permis de reconnaître, conjointement avec « les résultats des statistiques d’autopsie, que la tuber- « culose augmente à partit de la deuxième année et « qu’elle existe environ chez 95 0/0 des adultes » (p. 39). Sergent fait aussi remarquer que le pourcentage des résultats positifs varie avec la concentration et la dose de tuberculine employée.

Le professeur Rénon écrivait récemment (La Médecine, mai 1921, n° 8, p. 584), à propos de la tuberculinoréaction : « Tous les adultes dans les pays civilisés « (97 000 de la population urbaine en France), réa- « gissent positivement. La valeur diagnostique de la « cuti-réaction chez l’adulte est pratiquement nulle dans « notre pays. » | En 1907, Nicolas et Gauthier ont pratiqué systémati-

quement la cuti et l’ophtalmo-réaction à la tuberculine

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