HET
dans diverses dermatoses, d’origine tuberculeuse ou non, ils ont publié les résultats suivants :
Cuti-réaction ophtalmo-réaction Cas traités (+) (—) Cas traités (+) —) 1 tub. verruqueuse... 1 1 tub verruqueuse. 1 8 lupus vulgaire..... 5 ; lupus vulgaire... 9 2 lupusérythémateux. 1 1 | 2 lupus érythém.... tr 7 DÉDSOMIASIS aus RE Er DS ODA SES mure à I
Parmi les 4 psoriasis qui ont réagi positivement à la cuti, deux étaient associés à de la tuberculose.
Lévy Franckel a pratiqué l’intradermo-réaction chez : cinq psoriasiques, suivant la méthode de von Pirquet, il a obtenu deux réactions positives et trois négatives. L'un des malades positifs était porteur d’un érythème induré de Bazin ulcéré avec bacilles de Koch dans les ulcérations.
Nous voyons combien fréquentes sont les réactions négatives dans le psoriasis et cependant le bon état général habituel de ces malades ne peut faire songer à un état d’anergié, comme on l’observe dans les tuberculoses graves.
Qu'il s'agisse du psoriasis tuberculeux ou d’une symbiose tuberculo-pulmonaire, on ne s'explique pas comment « la dartre des organismes forts » pourrait se développer sur un état humoral dépourvu d’immunisines énergiques.
Chez l'enfant, la valeur diagnostique de la tuberculino-réaction est très grande : négative à plusieurs reprises, elle permet d'éliminer la tuberculose, en dehors
des états de déchéance organique (Halipré et J. Jacob,
LS
professeur Marfan). Or, les pédiatres ont vu des enfants psoriasiques avec culti-réactions négatives (Cours de perfectionnement des maladies du nouveau-né, 1920-1921, professeur Marfan). |
Sédillot, dans sa thèse, rapporte les observations de 6 psoriasiques chez lesquels on a pratiqué le séro-diagnostic tuberculeux de Courmont et Arloing et la tuber-
culino-réaction. Nous résumons ces observations.
19 C..., quarante-cinq ans. psoriasis avec emphysème : réaction de W : (—) ; intradermoréaction + ; cuti-réaction + séro-
diagnostic + à 1/5, — à 1/10; |
20 E..., vingt-huit ans. psoriasis avec auscultation normale. = W = (-E). Cuti (+); séro-diagn. + à 1/5 — à 1/10 et 1/15: intradermo R: (—). |
30 H..., trente-neuf ans psoriasis avec antécédents familiaux
suspects: W—(—), cuti (+), intrad. (+), séro-diagnostic Han el 1/10 A/S ae Xe
40 V.. quarante cinq ans. psoriasis avec arthropathies déformantes : Cuti (+), séro-diag. (+) à 1/10 et 1/15.
50 A... dix-huit ans, psoriasis: W=—(—), Cuti (—), intraderm. (—), séro-diagnostic + à 1/5 (—}) à 1/10.
«6o X.., cinquante-sept ans, psoriasis et sommet suspect : Séro-diag. (+) à 1/5, 1/10, 1/15.
70 A.., quarante-six ans, psoriasis : Cuti (—), séro-diag. + à 1/5 — à 1/10. DRE | |
On considère comme positives les agglutinations à
partir de 1/10; comme négatives, celles à 1/5 et au
dessus. rt}
. Nous avons donc dans cette statistique quatre résullals négatifs et trois positifs. Chez trois psoriasiques : cuti, introdermo et sérodiagnostic étaient négatifs. #
La valeur du sérodiagnostic tuberculeux est donnée par Sergent dans ses Etudes cliniques sur la tuberculose (p. 40) : « Cette méthode a Conduit aux résultats « suivants : négatif, le sérodiagnostic élimine à peu « près sûrement la bacillose; positif, il peut, en rai- « Son de son extrême sensibilité, trahir une lésion an- « Cienne cicatrisée, déceler l'existence d’une lésion in- « fime... Il est moins probant que la tuberculino-réac- « tion, même au point de vue humoral général, car ïl « peut exister dans la fièvre typhoïde, la pneumonie, « la fièvre puerpérale, le rhumatisme. »
La tuberculine provoque des réactions au niveau des lésions de nature tuberculeuse; nous avons pu constater qu’elle n'en provoquait pas au niveau des lésions psoriasiques. Il s'agissait d’un malade, âgé de cinquantehuit ans, affligé d’un psoriasis, en larges placards disséminés, depuis trente ans, et d'une tuberculose ver- : ruqueuse du poignet depuis vingt ans. Entré dans le service du Dr Caussade, à l’Hôtel-Dieu, il y fut traité par des injections intra-dermiques de tuberculine Pasteur, pratiquées toutes les semaines, à doses progressivement croissantes, suivant la méthode de SÉZATY. Sous l'influence du traitement, la tuberculose verruqueuse s’affaissa, pâlit, tendant vers la disparition ; mais les lésions psoriasiques ne s'étaient pas modifiées. Le malade quitta l’hôpital avant la fin du traitement.
W. Schœnfeld (Annales Derm. et Syph., 1914-1915),
J. Jacob 4
PA. Vite
fait, lui aussi, remarquer que jamais les psoriasiques n’ont de réactions locales à la tuberculine; que jamais cette dernière n’a d'action curative sur leurs lésions.
Nous croyons pouvoir conclure de ces résultats : que la fréquence, chez lés psoriasiques, de tuberculino-réactions et de sérodiagnostics négatifs; que labsence de réactions locales à la tuberculine sont contraires à l’hypothèse de l’origine tuberculeuse de l’éruption. Les résultats positifs ont peu de valeur diagnostique, les résultats négatifs en ont une plus grande, en montrant l’absence des réactions humorales, spécifiques de l’in-
fection bacillaire.
i) Le sang des psoriasiques.
Gougerot, dans sa thèse, étudiant la pathogénie des tuberculides, les considère comme dues, le plus souvent, à l’action locale des bacilles de Koch. Parties d’un foyer viscéral ou ganglionnaire, ils emboliseraient en un point cutané, y détermineraient une réaction locale par leur présence même et leurs toxines adhérentes et solubles. Ces bacilles seraient : ou d’une virulence atténuée (ce qui est rare, expér. de Gougerot et Laroche); ou d’une virulence normale, mais en petit nombre (c'est pour Gougerot le cas le plus fréquent); ou morts ou presque morts, et les expériences d’Auclair ont montré la réalité d’une telle hypothèse.
Il. nous a donc paru intéressant de rechercher le bacille de Koch dans le sang des psoriasiques. D’autant plus que, si les recherches françaises tendent à
montrer que la bacillémie, habituelle au cours de la
granulie, est exceptionnelle en dehors de cette complication, les auteurs allemands Kuraslyge et Mayeyama, de Rosenberg, concluent à la présence constante du bacille dans le sang des tuberculeux.
Jousset, pour rechercher le bacille dans le sang, reçoit 1 cmc. de sang dans 15 cmc. de la solution : alcool à 28° 500 gr. et HCI à 22° Baumé 1 gr.; il mélange, centrifuge, décante. Le culot est étalé sur lames, fixé et coloré.
Le Dr Bossan, Directeur de l’Institut des Recherches biologiques de Sèvres, a bien voulu faire rechercher le bacille de Koch dans le sang de nos psoriasiques, au moyen d'une nouvelle méthode qu'il utilise dans son laboratoire. Cette méthode lui a toujours permis de trouver le bacille de Koch, non seulement dans le sang des tuberculeux pulmonaires, mais encore dans les autres tuberculoses organiques et cutanées.
Cette méthode a été exposée par L.-G. Sabathé et Buguet, dans une communication à la Société de Biologie, le 16 octobre 1920; comme cette méthode n’est pas encore d’un usage courant, nous citerons, en partie, le passage de cette communication qui en expose le principe : « En premier lieu, nous avons abandonné « la séparation par centrifugation. La loi de Stokes, « relative au déplacement dans un liquide d’un sphé- « rule microscopique, sous l’action d’une force cons- « tante est, dans lé cas du bacille de Koch; inappli- « cable. Le bacille, en effet, ne peut être assimilé à « un sphérule. En outre, pour le sang, les dimensions
« des divers éléments qui le constituent sont supérieures
« à celles des corps -bacillaires. Pratiquement, la cen-
« trifugation appliquée à un corps bacillaire, en sus- «. pension dans un liquide, ne peut en réaliser la sépa- « ration. Nous nous sommes finalement arrêtés à l'é- « tude du phénomène de coagulation du sang, de rétrac- « tion du caillot et d’exsudation du sérum. La contrac- « tion du caillot chasse, vers sa surface extérieure su- « périeure, les corps bacillaires contenus dans la masse « du coagulum, car cette surface est la zone de moin-
« dre pression. Les mailles du réseau fibrineux cons-
« tituent un filtre, mais pas assez fin pour arrêter les
« corps bacillaires qui sont entraînés vers l'extérieur « par le sérum, au moment de l’exsudation. Les corps « bacillaires, contrairement à l'opinion admise jusqu'à « présent, ne peuvent donc pas être emprisonnés dans
« le tissu fibrineux du caillot où on les a cherchés jus-
« qu'à maintenant. S'il reste des corps bacillaires dans
« le caillot, ils sont excessivement rares; car nous n'en
« avons jamais trouvé. Au contraire, nous les trouvons
« toujours à la partie supérieure du caillot, je la zone « de séparation du sérum. »
Les auteurs donnent la tem suivante :
1° Prélèvement de 5 cmc. de sang aseptiquement a un tube à étranglement inférieur, stérilisé au four à flamber ;
2° Laisser le sang se coaguler, le cabôt se rétracter, |
le sérum s’exsuder, sans aucune agitation, à 25° environ; :
3 Prélever le sérum à la pipette sans toucher la partie supérieure du caillot;
4 Prélever une parcelle de la partie superficielle su- 4 périeure du caillot dans la zone rouge clair de préfé- à rence, quand elle existe; \ |
9° Etaler sur lame neuve, lavée préalablement À l'acide sulfurique, pour supprimer toute chance de pré- MT. sence accidentelle d’un acido résistant quelconque; SE
6 Fixer à l'alcool éther ; FEVER
7° Colorer au Ziehl, laver à l’eau distillée. se el
Dans nos examens, la décoloration a été faite avec {72
l'acide sulfurique diluée à 1/4 et avec l'alcool; ils ont
porté sur les sangs des psoriasiques suivants :
jo Rolande EH... vingt et un ans psoriasis et tuberculides
papulo-nécrotiques ; on trouve des hacilles dans le sang. 2° G.., dix-sept ans, psoriasis avec lichen spinulosus et adénopathie bacillaire sous-maxillaire.
Radio : aspect moutonné des plages pulmonaires.
Bacillés dans le sang
30 B.., trente-neuf ans psoriasis, avec à l'examen radioscopique une adénopathie hilaire bilatérale, de légères grisailles de. sur les deux plages pulmonaires, un sommet gauche gris De et s’éclairant mal à la toux.- Une légère hypertrophie de la rate.
Bacilles dans le sang.
4 A, vingt et un ans, père psoriasique, rhumatisant et asthmatique.
Psoriasis depuis l’âge de quatorze ans avec depuis poussées multiples.
Clinique: au sommet droit, en arrière légère submatité .
dans la fosse sus-épineuse, rudesse inspiratoire et expiration.
JPA EEE
prolongée. | rs let
Radio: sommets à peu près clairs : mais sous la clavicule droite on aperçoit un corpuscule calcifié de la grosseur d'un haricot. Les ombres hilaires sont exagérées à droite, avec un noyau foncé allongé à la partie moyenne du hile.
La partie supérieure de l'ombre hilaire présente trois ou quatre grains de plomb foncés, son extrémité vient re-
joindre le corpuscule calcifié sous-claviculaire. Le reste des
plages pulmonaires est clair. Bases, sinus, expansion dia-
phragmatiques sont normaux. Médiastin postérieur clair.
Bacilles dans le sang
5 C..., soixante-douze ans, psoriasis depuis l’âge de trentedeux ans.
Glossite scléreuse superficielle. Auscultation normale, ombres hilaires un peu plus accentuées que la normale. Corpuscule calcifié intra-pulmonaire de la grosseur d’une lentille, à deux travers de doigt au-dessus de la base droite.
Sommets et plages pulmonaires clairs.
Pas de bacilles dans le sang.
6 D.., trente-neuf ans, psoriasis depuis l’âge de trente-
cinq ans, poumons normaux au point de vue clinique et
radioscopique.
Pas de bacilles dans le sang.
7° B.., cinquante et un ans, mari alcoolique interné.
Une fausse couche, une fille hystérique.
Psoriasis depuis son jeune âge. « Poumons normaux au point de vue clinique et radiosco-
pique. K
Pas de bacilles dans le sang.
8° Mlle M... vingt et un ans psoriasis des coudes depuisplusieurs années, poumons normaux au point de vue clinique
et radioscopique.
LRU Ti
Pas de bacilles dans le sang.
9 B.., quarante-quatre ans. Pas d’antécédents, psoriasis
depuis l’âge de trente-deux ans, poumons normaux à l’aus-
cultation et à la radioscopie.
Pas de bacilles dans le sang.
Nous ävons donc obtenu, pour neuf examens quatre résultats positifs et cinq négatifs, Parmi les quatre psoriasiques avec résultats positifs : deux étaient porteurs de lésions bacillaires en évolution (tuberculides papulonécrotiques et adénopathies bacillaires); les deux autres, de lésions pulmonaires à allures chroniques décelables par le clinique et la radioscopie. Cinq psoriasiques, avec résultats négatifs, ne présentaient aucune lésion tuberculeuse décelable par la clinique ou la racopie.
La méthode de Sabathié et Bugué nous a donc permis d'établir que le sang des psoriasiques ne renfermait des bacilles acido et alcoolo-résistants que chez les malades porteurs en même temps de lésions bacillaires certaines; elle a confirmé entièrement les résultats de la clinique et de la radioscopie.
Notre statistique n’a porté que sur un petit nombre de cas, mais elle prouve tout l'intérêt qu'on doit donner aux recherches de MM. Bossan, Sabathié et Buguet.
j) Psoriasis et glandes à sécrélions internes.
Dans quelques observations, l'apparition du psoriasis a paru liée à des troubles des glandes à sécrétions
internes, en paritculier de l'ovaire (observ. de Levy
Franckel, in Urologie and cutaneous Review), de la
À à thyroïde (Léopold Lévi et Brocq).
- On a aussi pensé à l'existence, chez les psoriasiques,
de troubles de la surrénale, si souvent touchée dans
: r de grenouille comme réactif (phénomène d'Ehrmann), aurait trouvé des propriétés vasoconstrictives à leur sérum sanguin; mais Fischel et Parma, reprenant lesmêmes expériences, ont nié ces propriétés. G
L'examen des tensions artérielles, maxima et minima de vingt psoriasiques, avec l'appareil de Pachon, ne
nous a donné aucun résultat notable. pe k) Histopathologie du psoriasis et faits de passage. |
Parakératose, acanthose, papillomatose sont les trois lésions essentielles du psoriasis; pour Munro, Sabou- raud, Haslund, elles seraient secondaires à de petits abcès miliaires amicrobiens se formant dans la couche sous-cornéenne du corps muqueux. On n'a jamais signalé dans les lésions la présence de cellules géantes
ou d’amas folliculaires; d'ailleurs, l'existence des bacil-
loses non folliculaires et même à lésions inflamma-
toires banales, diminue beaucoup la. valeur de cette constatation.
Existe-t-il des faits de passage nettement établis entre
les lésions tuberculeuses et celles du psoriasis ? Les parüisans de la théorie parasitaire du psoriasis invoquent la parenté du psoriasis et des parakératoses psoriasi-
formes que certains auteurs soupçonnent être de nature :
parasitaire; ceux de la théorie tuberculeuse du pso-