‹ Étude critique des rapports de la tuberculose et du psoriasisChapitre 7 sur 19 · LA · texte numérisé non relu

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cificité histologique a vécu. Gougerot, dans sa belle thèse sur les tuberculoses non folliculaires, nous montre les étapes de cette évolution. En 1886, Landouzy enseigne déjà « qu'on pouvait être bacillaire sans être « ni phlisique, ni tuberculeux, ni folliculaire » (in thèse Gougerot). En 1908, dans sa thèse, Gougerot conçoit la bacillose comme « une maladie toxi-infectieuse dé- « finie par le germe tuberculeux, maladie aux mani- « festations cliniques et aux réactions anatomiques et « histologiques extrêmement polymorphes ».

S’adressant aux dermatologistes, Landouzy écrit : « Je « ne doute pas que si les dermatologistes se mettaient à « faire couramment appel à la tuberculine, comme « aide diagnostique, ils n'arrivent à inscrire au chapitre « des localisations tuberculeuses toute une série de pa- « thies assez mal dénommées, assez mal classées. » (Cité, in thèse Gougerot.) |

L'invitation fut accueillie avec enthousiasme et, en 1896, Darier groupe sous le nom de fuberculides : « toute éruption survenant chez un tuberculeux et d’ori- « gine tuberculeuse quelle que soit sa, pathogénie » ; il en distingue deux groupes : les tuberculides folliculaires et les non-folliculaires ou tuberculoses atypiques de Pautrier. |

Gougerot conserve le dogme de la spécificité bactériologique, il établit l'échelle suivante des preuves, de valeur décroissante, de la nature bacillaire d’une lésion de tuberculose atypique : constatation directe du bacille au niveau de Ja lésion; inoculation positive au cobaye;

réaction locale nette à la tuberculine; preuves clini-

ques; méthode des faits de passage, telle la transformation, in situ, d’une tuberculide présumée en une tuberculide histologiquement typique ou en une tuberculose typique. Gougerot ajoute : « La réaction locale à la « liberculine rendra la tuberculide presque certaine; « la clinique, si elle est la seule preuve, la rendra pro- « bable. » Mais, pour Gougerot, dans la statistique clinique ,on doit exiger 80 à 85 0/0 de tuberculose interne, cliniquement appréciable, une proportion de 90 à 95 0/0 donnant la presque certitude. |

Avec Poncet, la conception de la tuberculose franchit une nouvelle étape, il étend à l'extrême la notion d’une. tuberculose inflammatoire à lésions banales. « La tuber- « culose non folliculaire se passe de réactions inflam- « matoires spécifiques; mais, du moins, elle exige en- « core la présence du bacille. La tuberculose inflam- « matoire, elle, n'a que faire du bacille dans la lésion « locale; la réaction humorale générale de l’organisme « lui suffit, et même elle ne f’exige point nécessaire- « ment. » (Sergent.)

Poncet et Leriche écrivent dans leur livre La Tuberculose inflammatoire : « Le bacille de Koch, très affai- « bli, amoindri, aux toxines atténuées, n’a plus le pou- « voir destructif habituel. Il évolue dans les tissus sans « engendrer de réactions spécifiques, il se borne à pro- « duire des flux congestifs, des scléroses plus ou moins « durables. Ces lésions sont tellement dépourvues de « toute ébauche de spécificité que leur filiation tubercu- « leuse ne se peut démontrer par aucun caractère histo-

« logique, leur aspect anatomique est celui des lésions

Eos ET

« inflammatoires vulgaires, engendrées par des infec-

« tions quelconques. »

Poncet, parti du rhumatisme tuberculeux, fait entrer

dans la tuberculose inflammatoire : la scoliose, le pied

plat, la campodactyÿlie, la rétraction de l’aponévrose palmaire, les affections synoviales chroniques, l’arthritisme, certaines dermatoses, etc., et il admet, à l'appui de sa doctrine, des preuves de plus en plus dénuées, de certitude, lui donnant pour base la méthode des coincidences cliniques.

La conception de Poncet, accueillie, par les uns, avec enthousiasme, a été fortement discutée par les autres. Broca, dans ses lettres à Poncet, parues dans la Tribune Médicale (1908-1909), n’accepte point toutes les conclusions du maître lyonnais : il réclame des preuves plus convaincantes, bactériologiques et expérimentales. Delbet, Quénu, Tuffier, Kirmisson, sont du même avis.

Sergent, dans un article du Monde Médical (25 juillet 1919), écrit à propos du livre de Poncet: « Avec la « tuberculose inflammatoire de Poncet, nous entrons « dans l'hypothèse, sinon dans le rêve... » et plus loin, « … la méthode et la doctrine reposent sur des bases « hypothétiques, sur la loi des coïncidences, sur une ten- « dance aux exagérations excessives, sur des preuves « indirectes et dépourvues de toute valeur absolue ».

Les conceptions de Landouzy et de son école, surtout celles de Poncet, rendaient fatale une théorie tuberculeuse du psoriasis et ce fut le psoriasis arthropathique qui la fit formuler.

En 1908, Courmont communiquait, à la Société des

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