‹ Étude critique des rapports de la tuberculose et du psoriasisChapitre 8 sur 19 · FRONT · texte numérisé non relu

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LS Es | À

hôpitaux de Lyon, l'observation de deux rhumatismes chroniques, du type Poncet, avec lésions pulmonaires chroniques : l’un de ces malades était porteur d’un psoriasis, l’autre de tuberculides papulo-nécrotiques; l’ophtalmo-réaction à la tuberculine était positive dans les deux cas.

A l’occasion de la discussion qui suivit, M. Poncet rapporte qu’ « il a vu des psoriasis reconnaître une étiologie « tuberculeuse ». Il ajoute: « J’ai eu l’occasion d’ob- « server la coexistence de polyadénites tuberculeuses, «de rhumatismes et de psoriasis siégeant aux coudes « et aux genoux; un balancement existait entre ces « lésions. Je ne voudrais pas qu'on put supposer, un « seul instant, que je crois la tuberculose seule capable « d’engendrer un psoriasis; mais je crois qu'’ellé en est « la cause dans certaines circonstances, et que, lors- « qu'un psoriasis se déclare chez un tuberculeux, il est « plus dans la vérité de le rattacher a priori à cette « dernière qu'à un arthritisme qui n'existe pas. » (Cité in thèse Soulaine.) |

En 1912, dans leur livre La tuberculose inflamma-

‘loire, Poncet et Leriche n’hésitent pas à considérer le psoriasis comme une dermatose bacillaire. Ils insistent sur la fréquence des associations du psoriasis et des arthropathies chroniques, qui invite à rechercher ‘une même cause aux deux phénomènes. Or, pour eux, + les « prétendues ankyloses rhumatismales, la plupart des « arthrites plastiques ankylôsantes relèvent de la tuber- « culose ». 15: 1 à

Petges et :Desqueyroux (Annales Derm. et Syph. 1913) publient sous le titre « Tuberculose inflammatoire

et psoriasis » un cas de psoriasis associé à du rhumatisme déformant, de l’induration du sommet, des signes humoraux de bacillose. |

En 1913, Audry, dans un article intitulé « psoriasis et tuberculose » (Annales Derm. et Syph., p. 99), rap: porte quelques associations de psoriasis : avec un cas d’érythème induré de Bazin; avec deux cas de tuberculose pulmonaire chronique; avec un cas de tuberculose verruqueuse; avec un cas de tuberculose pulmonaire aiguë terminée par la mort; avec le lupus. Il * ajoute: « Il y à bien souvent de la tuberculose autour « du psoriasis. »

Les travaux de ces maîtres inspirent, en province, les thèses de Sébillot (Lyon, 1913-1914), et de Soulaine (Bordeaux, 1915-1916).

Sébillot, étudiant le rôle de la tuberculose dans létiologie du psoriasis, conclut : « Il n’y a pas en réalité un « psoriasis; mais des psoriasiques... toutes les infections, « toutes les intoxications sont peut-être susceptibles de « provoquer une poussée de psoriasis chez un sujet « prédisposé. Nous croyons qu’il faut faire. une place « prépondérante à la tuberculose; pour nous, la tuber- « culose doit être considérée comme la vraie dominante « étiologique. » |

Soulaine fera, à peu près, les mêmes conclusions : « Tout tuberculeux pourra devenir psoriasique et le « deviendra fatalement si son épiderme est PIÉRES « à réagir de cette façon. » à

A Paris, sous l'influence des Hiées de Landouzy, c on a

cherché la tuberculose chez les psoriasiques.

En 1907, Gaucher, dans son Traité des maladies de la peau, signale la fréquence du psoriasis dans les fa,

milles de tuberculeux.

En 1911, Balzer et Burnier citent l'observation d’un malade de cinquante-trois ans atteint d’arthropathies déformantes chroniques et de psoriasis avec intra-dermo-

réaction positive et lésions d’un sommet.

En 1912, Gaucher (Ætiologie du psoriasis, Gazette des Hôpitaux, p. 389), écrit: « J’ai vu bien souvent « des enfants d’une même famille entachée de tuber- « culose, présenter : les uns du psoriasis, les autres des « manifestations franchement bacillaires. Le psorasique, « lui-même, primitivement indemne de localisations ba- « cillaires, présente bien des fois, dans le cours de son « existence, des atteintes de tuberculose. Le psoria- « sique est un terrain sur lequel la tuberculose évolue

« assez fréquemment. »

Gaucher revient à plusieurs reprises sur cette étiologie du psoriasis et, dans un article intitulé « Origine tuberculeuse du psoriasis » (Paris Médical, 5 maï 1917), il considère comme possible que le psoriasis soit une manifestation toxinique de la tuberculose, ‘comme le lupus érythémato-squameux; il signale des transitions entre le parapsoriasis tuberculeux (thèse de Civatte) et le psoriasis. À |

Levy Franckel publie, dans un article sur « l’Etiologie du psoriasis » (in the urologic and cutaneous Revieiv, 1914), les résultats de 5 réactions à la tubercu-

line chez les psoriasiques, avec 2 résultats positifs. Les

inoculations qu'il a tentées sur le lapin et le cobaye sont toujours restées négatives.

Levy Franckel et J. Jacob, dans le Bulletin de la Société de Dermatologie du 18 novembre 1919, étudient le « poumon des psoriasiques » au point de vue radioscopique. Ils obtiennent sur 49 examens : 16 images normales, 27 avec lésions nettes, 6 avec lésions minimes. Ils concluent : « Ces faits montrent que le terrain « tuberculeux est favorable au développement de cette « dermatose... Quant à savoir si le psoriasis est une ma- « nifestation toxi-tuberculeuse proprement dite, ou si « la lésion cutanée est causée par un micro-organisme, « qui trouve un terrain favorable chez les bacillaires, « cette question reste entière. »

Pelletier répond à cette question,-dans sa thèse (Paris, 1920), sur les Rapports de la tuberculose et du psoriasis : que le psoriasis lui apparaît comme « une lésion « cutanée causée par une toxi-infection », et les rapports étroits avec la tuberculose le conduisent à se croire « autorisé à considérer comme la plus rationnelle, « malgré l'absence d’une preuve scientifique absolue, « l'hypothèse d’une toxi-infection bacillaire ».

A l'étranger : Pollitzer, en 1909, in fhe Journal of Cutaneous deseases, nov. 1909, p. 483, fait remarquer que « la tuberculose est beaucoup plus fréquente chez « les psoriasiques que le rhumatisme »; mais il ajoute : « et cependant, personne ne songe à considérer la tuber- « culose comme un agent pathogénique du psoriasis ».

Pour Menzer (Ann. Derm. et Syph., 1914-1915) : le psoriasis est l'expression cutanée d’une maladie cons-

J, Jacob 2

titutionnelle, de nature bactérienne, et particulièrement tuberculeuse.

En 1914, Warnicke (Ann. Derm. et Syph., 1914-1915) publie le cas d’un tuberculeux de trente-deux ans, traité à la tuberculine, qui aurait fait des efflorescences de psoriasis au milieu du dos.

Si nous faisons le bilan de tous ces travaux, que trouvons-nous ? ;

Point de vue clinique : lexistence de tuberculoses avérées ou douteuses chez les psoriasiques ou dans leur famille;

— radioscopique : présence de lésions pul-

monaires chez des psoriasiques, même cliniquement sains ;

— réactions humorales : réactions à la tuberculine et séro-diagnostics, positifs irrégulièrement ;

— laboratoire : inoculations négatives; recherches du bacille dans les lésions :

négatives.

Ce sont ces éléments, et quelques autres, que nous

allons étudier, discuter, pour établir leur valeur, en prenant pour critérium les données actuelles de Ia bacillose et en accordant aux résultats négatifs la valeur

qu'ils méritent.

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