‹ Etude Critique des Réactions dites Quantitatives utilisant les Antigènes Cardiolipidiques (Méthodes de floculation et de fixation du complément)Chapitre 11 sur 69 · I. — NOUVELLE SIGNIFICATION DE LA RÉAGINE · texte numérisé non relu

I. — NOUVELLE SIGNIFICATION DE LA RÉAGINE

Sacks, Klopstock et Weil, à partir de la notion d'antigène haptène établie par Landsteiner en 1923 et définie par cet auteur comme « une substance réagissante non immunisante », démontrent que. si l'on complète l'antigène de Wassermann, véritable haptène, en le couplant avec des protéines telles que celles contenues par exemple dans du sérum de porc, cet antigène devient immunisant et des anticorps homologues sont retrouvés dans le sang de l'animal inoculé.

En 1930, Eagle donne une explication physique du réle du cholestérol en tant qu'agent favorisant l'action de l'antigène : les cristaux de cholestérol augmentent la surface réagissante de l'antigène cardiolipidique insoluble car chaque particule de cholestérol est un point d'appel pour l'antigène.

Par la suite, Heidelberger, au moyen des méthodes quantitatives immunochimiques, reposant sur le titrage de l'azote de l'anticorps entrant en réaction, établit que 0,003 mg de protéine-anticorps par centimètre cube de sérum suffit à produire la positivité

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d'un test de floculation : il constate alors l'analogie du processus avec celui qui se déroule dans toute réaction antigène-anticorps.

Poussant plus loin les investigations, Davis et Coll. en 1945, Merklen, en 1952, réussissent à définir la réagine par sa mobilité électrophorétique : elle migre avec les globulines y les plus mobiles 1 et B2, caractère physico-chimique habituel aux anticorps.

En 1952, D'Alessandro apporte, au XXXVIII® Congrès de la Société Italienne de Dermatologie et Syphiligraphie, les résultats de recherches sur les « anticorps diagnostiques » dans la syphilis. Il établit que dans le Tréponème de Reiter trois antigènes sont présents : l'un de nature protidique qu'il appelle TL {thermolabile), un autre de nature polysaccharidique TS (thermostabile), et un troisième de structure lipoïdique L, lequel, extrait par l'alcool et l'éther, se démontre, du point de vue sérologique, superposable aux extraits alcooliques d'organes et à la cardiolipine. Ainsi, l'antigène de Wassermann et son produit pur l'antigène cardiolipidique se trouvent avoir la même structure qu'une fraction du tréponème lui-même : l'antigène est de nature spécifique.

Parallèlement, l'Ecole Italienne démontre expérimentalement qu'à chacun des antigènes ci-dessus énumérés correspond dans le sérum syphilitique un anticorps différent : anticorps antiprotidique TL, antipolysaccharidique TS et antilipoïdique L. Ce dernier s'avère aussi distinct de l'anticorps TL qu'il l'est de l'immobilisine, suivant les travaux de Vaisman et Hamelin.

À partir de ce moment, la réaction de Wassermann apparaît comme une véritable réaction immunologique : elle emploie un antigène apparenté étroitement au germe pathogène et met en évidence, non pas une substance obscure, mais une protéine bien définie, isolée, possédant toutes les propriétés des autres anticorps.

Dans la suite de ce travail lorsque nous parlerons de l'anticorps syphilitique, il faudra entendre l'anticorps antilipoïdique. Les réactions que nous nous sommes proposés d'étudier n'utilisent que l'antigène cardiolipidique et donc ne titrent qu'un des anticorps ci-dessus nommés.

RE Re.

La nature anticorps de la réagine étant ainsi bien établie, il paraît logique d'appliquer à son dépistage les méthodes de dilutions employées en Immunologie générale.

Merklen et Berthaux, en 1952, étudiant la nature chimique des réagines, justifient l'appréciation quantitative de la positivité sérologique par les techniques de recherche des positivités-limites sur le sérum dilué. Les auteurs, pour ce faire, précipitent les globulines-anticorps de sérums syphilitiques par des concentrations croissantes de sulfates d'ammonium et sur les fractions précipitées ils pratiquent des tests quantitatifs par la méthode sérologique du test de V.D.R.L. : ils constatent que plus la fraction est riche en globulines, plus la positivité apparaît à des dilutions supérieures. :

Ceci établit non seulement que les réagines se trouvent bien dans les globulines et dans celles les plus facilement précipitables, c'est-à-dire les 7 globulines, mais aussi que les réactions quantitatives rendent un compte fidèle de la teneur en anticorps des sérums étudiés et que les positivités des dilutions varient proportionnellement au taux d'anticorps.

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