‹ Etude Critique des Réactions dites Quantitatives utilisant les Antigènes Cardiolipidiques (Méthodes de floculation et de fixation du complément)Chapitre 33 sur 69 · RL TA · texte numérisé non relu

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de l'étiologie des sérologies dites « irréductibles » dont nous reparlerons dans le chapitre des syphilis traitées.

— Enfin, de Graciansky fait remarquer que cette courbe est certainement fonction de l'importance de l'inoculum lors de la contamination et du moment où se place cette dernière : nous verrons par exemple que lors des « réinfections » les taux d'anticorps obtenus sont beaucoup plus élevés, le nouveau contact avec le germe agissant comme une véritable injection de rappel.

— Mais la localisation de la lésion syphilitique intervient aussi dans la détermination du taux d'anticorps. Nous avons vu que dans les formes florides de la syphilis secondaire les taux sont plus importants que dans les formes localisées ; Joulia et Pautrizel ont rapporté qu'au stade tertiaire les gommes donnaient des taux de réagines supérieurs aux autres atteintes viscérales ou cutanées ; Lynch établit cette hiérarchie dans les formes cliniques Il donnant des titres en anticorps de moins en moins élevés : gommes cutanées, puis atteintes cardio-vasculaires, enfin neuro-

syphilis.

— Pourtant, comme l'ont bien montré Puccinelli et son Ecole, ainsi que Scott et Thomas, les courbes obtenues dans l'évolution des titrages d'anticorps en fonction des stades de la maladie, ont toujours la même allure générale ; et cette physionomie constante va permettre au clinicien de tirer profit de l'installation d'un tel graphique.

B) En quoi peut-elle aider ?

— |a connaissance du taux d'anticorps peut permettre dans une certaine mesure de faire un « diagnostic de stade » en replacant le taux trouvé dans l'ensemble de la courbe d'évolution; c'est du moins un mérite que lui reconnaît Scott.

— Mais surtout elle permet au clinicien de préciser l'ancienneté de l'affection, ce que bien souvent l'interrogatoire ne peut pas faire.

En effet, si nous considérons le graphique envisagé, nous voyons que les taux ascendants se trouvent dans les formes jeunes, les taux décroissants dans les stades tardifs. Aussi, une succession de deux ou trois tests quantitatifs chez un malade pourra permettre de reconstituer un fragment de cette courbe. Hassler et Harris

PNA

ont insisté tout particulièrement sur cet avantage de la sérologie quantitative.

—— Enfin, elle permet lorsqu'une thérapeutique est effectuée de juger de son action par les changements qu'elle opère dans cette courbe : car, nous le verrons, c'est bien là que réside le gros intérêt des tests quantitatifs.

C) Teneur en anticorps et gravité de la syphilis.

Connaissant la teneur en anticorps d'un sérum syphilitique, peut-on faire un pronostic sur la gravité et l'évolutivité de la maladie ? Kahn et Wadsworth voyaient dans cette teneur un indice de sévérité et d'intensité de l'infection syphilitique. Mais depuis, de nombreux auteurs ont contesté cette affirmation, tels en France Merklen, et Scott aux Etats-Unis.

Si nous avons vu que dans la syphilis secondaire, par exemple, les taux trouvés dans les formes généralisées sont supérieurs aux taux trouvés dans les formes localisées, cela ne veut pourtant pas dire que l'extension de lésions cutanéo-muqueuses précoces indique une plus grande menace d'accidents viscéraux à venir, ainsi que le montrent Merklen et Berthaux. || ne faut pas oublier que chaque organisme a d'autre part une capacité de production d'anticorps qui lui est propre.

De plus, la persistance de sérologies dites « irréductibles », principalement dans les formes tardives et latentes de la syphilis, semble bien montrer qu'entre présence d'anticorps antiliboïdiques et syphilis active où évolutive il n'ÿ à pas forcément de relation. Nous parlerons du reste de ce problème plus longuement dans le chapitre du traitement de la syphilis. Mais il semble que l'on puisse déjà avancer que la constatation de tel ou tel taux d'anticorps ne permet pas, avant traitement, de formuler un pronostic d'évolutivité. Seule la réponse nette à un traitement actif et bien conduit peut faire affirmer que l'on est devant un processus à potentialité évolutive : la constatation d'un titre élevé doit faire envisager cette éventualité : mais, si les formes évolutives ont généralement des taux d'anticorps importants, tous ces taux élevés ne sont pas synonymes d'évolution : nous verrons dans les syphilis latentes des sérologies au 1/20 non influencées par la thérapeutique.

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