‹ Etude Critique des Réactions dites Quantitatives utilisant les Antigènes Cardiolipidiques (Méthodes de floculation et de fixation du complément)Chapitre 42 sur 69 · GIE · texte numérisé non relu

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+ Interprétation de ces observations.

° Tous les sujets étudiés dans le paragraphe des syphilis ter- Fe ont eu plusieurs tests quantitatifs, mais la plus grande partie d'entre eux sont d'anciens malades qui n'ont subi ces tests que dans les trois dernières années de leur longue observation. En effet, si nous répartissons ces patients par années de traitement, nous voyons que sur les 13 malades : 6 ont été suivis plus de 5 ans (dont 3 : 8, 9 et 12 ans) et 7 moins de 5 ans [tous plus d'un an sauf l'observation 26 : 6 mois). Si maintenant, nous recher- : chons ceux qui sont parvenus à la négativation, nous en trouvons 3 sur 13 soit 22,5 % environ et parmi ces 3 malades, 2 ont été suivis plus de 5 ans: l'un 12 ans, l'autre 8 ans : le troisième s est négativé après quatre années de traitement.

Il apparaît donc que dans la syphilis tertiaire, le nombre de sérologies se négativant est assez peu important et lorsqu'il y a négativation, celle-ci survient tardivement ; l'inertie sérologique étant, ici, beaucoup plus prononcée que A daire.

Dans le groupe des 6 malades suivis plus de 5 ans, nous comptons 4 sérologies que l'on peut considérer comme irréductibles [pour les « sérologies irréductibles », voir les syphilis latentes) : le traitement n'a aucune action sur le taux des anticorps et, du reste, ce taux est assez bas, toujours del'ordre du 1/5 ou du 1/2,5 en Kolmer, du 1/2,5 ou inférieur en Kline, mise à part l'observation 29 où le Kolmer oscille depuis plus de deux ans et demi entre le 1/20 et le 1/40 et le Kline entre le 1/5 et le 1/10.

Dans le groupe des 7 autres malades : les taux d'anticorps trouvés sont très nettement supérieurs : c'est ainsi qu'en fixation du complément, on relève, comme taux des derniers examens : le 1/10 pour 4 d'entre eux, le 1/20 et le 1/40 pour | {le septième s'étant négativé). Pour la plupart, ces sujets ont une courbe sérologique qui répond à celle de l'observation 24, c'est-à-dire une chute, d'abord rapide, puis ensuite un stade plus ou moins oscillant : nous ne saurions prévoir s'il persistera une sérologie irréductible, ou si la baisse des réagines se fera très lentement comme l'observation 25 le fait espérer.

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| est à remarquer, qu'ici, nous n'avons pu mettre en évidence chez aucun des malades traités, une augmentation du taux des anticorps, sous l'influence du traitement, du type réaction d'Herxheimer sérologique.

2° La localisation de l'affection semble avoir une certaine importance sur le délai de négativation, du moins d'après nos 13 observations.

Celles-ci comprennent : 7 malades atteints de lésions cutanéomuqueuses, gommes ou glossites, et 6 d'aortite syphilitique. Parmi ces 6 maladies de Hogdson, aucune n'a pu avoir sa sérologie négativée bien que certaines aient été suivies pendant six années: par contre, les trois sujets à tests négativés avaient tous trois des localisations tertiaires cutanées. || semble donc bien, qu'en dépit des titres en anticorps très élevés avant traitement que les auteurs ont voulu leur reconnaître, les atteintes cutanéo-muqueuses évoluent plus aisément que les aortites vers la négativation. Mais un facteur peut intervenir pour fausser ces données : il n'est pas rare de découvrir une aortite syphilitique fortuitement, lors d'un examen systématique, si bien que l'on peut se demander si les localisations cardio-vasculaires ne sont pas très anciennes, expliquant leur résistance à la thérapeutique : à l'opposé, par leur aspect cliniqüe même, les atteintes cutanées font l'objet d'un diagnostic et donc d'un traitement relativement précoce. Le problème est d'autant plus difficile à trancher que l'interrogatoire est ici bien souvent infructueux.

3° Dans les localisations nerveuses, dont nous avons six exemples comprenant : 3 syphilis à manifestations nerveuses telles que céphalées, réaction liquidienne, et superposables à l'observation 32, un tabès en traitement depuis 1948 et 2? méningo-encéphalites spécifiques, nous n'avons noté aucune négativation, bien que tous ces malades aient été [à l'exception d'un seul) très régulièrement traités. Ils présentent tous des taux d'anticorps bas et oscillants sur lesquels la thérapeutique est sans effet, du type des observa-

tions citées précédemment.

Ces syphilis nerveuses pouvant toutes être considérées comme des lésions du stade tertiaire, nous n'avons donc eu que 3 négativations totales, en sérum non dilué, sur 19 malades étudiés, soit

un peu plus de 15 % dont 10 % après 5 ans.

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4°) Les tests quantitatifs avec les deux techniques employées montrent, à ce stade de l'affection comme aux autres, une sensibilité plus grande de la réaction de Kolmer : celle-ci donne des taux d'anticorps supérieurs à la réaction de Kline, et se négative plus tardivement : dans l'observation 25, cette sensibilité plus grande se manifeste nettement puisque dans le même laps de temps la réaction de fixation du complément dénote une baisse sensible du titre du 1/40 au 1/10, alors que le test de floculation demeure au 1/10.

Le test d'immobilisation du tréponème est toujours trouvé très positif et quelle que soit la courbe sérologique sa positivité demeure.

5° L'influence du traitement. Certains malades ont subi un traitement bismuthique simple, d'autres, pénicilliné avec au préalable 4 injections de cyanure, la plupart ont eu des cures de pénicilline ou flocilline suivies de séries de muthanol. Il est difficile de juger de l'efficacité respective des diverses thérapeutiques, étant données les durées différentes d'observations des malades. Pourtant il est hors de doute que, sous l'influence de la pénicilline seule, le taux des anticorps baisse considérablement et rapidement {obs. 26), mais les injections de cyanure semblent avoir une action comparable [obs. 24).

Par contre, sur les sérologies dites irréductibles, la pénicilline ou flocilline n'est pas plus efficace que les autres modes de trai-

tement .Enfin, la thérapeutique au bismuth seul est capable de

donner de bons résultats puisqu'il se trouve que les trois négativations obtenues l'ont été par cette méthode [obs. 28).

En résumé, nous pouvons dire que le stade Ill de la syphilis se caractérise par le fait que la négativation de la sérologie classi-

que y est possible, mais que celle-ci est toujours lonque, avec

semble-t-il une plus grande facilité pour les localisations cutanéomuqueuses.

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