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réduire, mais pour la maintenir réduite, on est forcé de l'accompagner avec le doigt dans le rectum, de la déplisser, pour ainsi dire, dans la cavité rectale. L'introduction du doigt dans l'orifice anal n'offre, du reste, aucune espèce de difficulté. On y pénètre commodément avec deux ou trois doigts et le sphincter ne paraît réagir que très faiblement. L'anus se présente alors sous forme d’un orifice large, dilaté, dirigé d'avant en arrière, bordé de lèvres épaisses et rougeâtres. Bientôt après, si la réduction doit se maintenir, les fesses se rapprochent, l’orifice anal reprend sa forme et le prolapsus reste réduit. Mais il suffit du moindre effort de l’entant, d’un cri, d’une contrarièté, pour que la tumeur réapparaisse à l'extérieur avec tous ses caractères. On peut assister à son développement, en écartant les fesses par un effort lent et soutenu; on voit alors l’orifice anal s’entr'ouvrir, devenir circulaire, s’agrandir et laisser passer un bourrelet muqueux rouge; si l’on persiste dans la manœuvre, l'anus deviendra antéro-postérieur et le bourrelet mudqueux s’agrandira; en dernier lieu, une grosse masse rouge fera subitement, en deux temps, irruption au dehors. J'ajouterai que, pendant la réduction, on ne perçoit ni bruit, ni gargouillement d'aucune sorte.
L’enfant est presque toujours couchée sur le côté, le prolapsus rectal l'empêchant de se coucher sur le dos ou de s'asseoir dansle lit. Elle ne paraît pas très chagrine; mais elle manifeste des signes non douteux de contentement, quand la réduction est faite. Elle mange bien et va régulièrement à la selle, sans être sujette à la diarrhée ou à la constipation. Elle urine bien et ne présente rien de particulier du côté de la vessie. Enfin, on n’a pas trouvé de vers dans ses selles.
La mère s’est aperçue, il y a 5 mois environ, pour la première fois, de la chute du rectum, et elle put le réduire. La chose se reproduisant trop souvent, elle nous amena son enfant à l'hô-
pital, où elle fut confinée au lit, constipée et traitée par la réduction fréquente du prolapsus et le port d'un bandage simple. Malgré cela, le prolapsus continue à apparaître au moindre mouvement et, aujourd’hui, il faudra intervenir plus activement.
Il s’agit manifestement d’un prolapsus du rectum. La longueur du prolapsus, son épaisseur, le sillon circonférentiel de sa base, la manière dont il fait son apparition, sont autant de présomptions sérieuses pour admettre l'existence d’un prolapsus invaginé.
Nous avons commencé par prescrire le repos au lit et par surveiller la défécation, Nous avons souvent pratiqué la réduction et nous avons essayé de maintenir la réduction. Mais cette theérapeutique anodine a été démontrée insuffisante.
Nous sommes forcé de recourir à des méthodes plus actives. Pour cela, nous comptons agir sur la tumeur en mettant en usage le procédé si fort recommandé par Allingham et dont les bons effets ont été encore récemment constatés par M. Delens. Après avoir badigeonné la tumeur avec un pinceau imbibé d’acide nitrique concentré, nous la réduirons et nous maintiendrons la réduction à laide d’un bandage. Nous constiperons ensuite l’enfant pendant quatre ou cinq jours. Nous voudrions aussi réveiller la tonicité du sphincter, en appliquant à ce niveau quelques cautérisations. Nous ferons donc suivre la réduction de quatre boutons faits au thermocautère au niveau du sphincter. ;
Par ce moyen, nous espérons exciter le muscle à se contracter et nous avons lieu de croire, qu'avec la chute des petites escharres, les cicatrices qui en résulteront, contribueront peutêtre à resserrer l’orifice anal. Cependant, dans notre pensée, les cautérisations ignées, au niveau du sphincter, doivent avoir pour but d’exciter une sorte de contraction réflexe du muscle
analogue à la sphinctéralgie qui s’observe à la suite des fissures à Panus.