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lobe antérieur est composé de cellules chromophobes, éosinophiles et basophiles, les deux autres lobes en sont aussi partiellement constitués avec prédominance d’une espèce ou de l’autre. En définitive, nous croyons que chaque fonction hypophysaire est bien limitée et bien distincte, et qu'aucune n’est l’apanage d’un lobe ou d’un autre; mais provisoirement au moins nous continuerons, pour simplifier, à parler des fonctions pré, intermédio ou post-hypophysaires.
LES PROLANS sont des hormones gonado-stimulantes mais d’origine placentaire. Ils sont au nombre de deux : le prolan À qui a une action maturatrice sur les follicules et le prolan B qui est lutéinisant. ASCHEIM et ZoNDECK lorsqu'ils décrivirent leur réaction de la grossesse assimilérent les prolans aux gonado-stimulines. CoLriP d’une part, M. ARON d’autre part établirent que les prolans étaient sécrétés non par la préhypophyse mais par le placenta. D’ailleurs physiologiquement leur injection est loin de provoquer des réactions analogues à celles obtenues par l'injection de gonado-stimuline. ;
Toutefois, en 1935, FEvozn et HisAw, à lUniver. sité de Colombia, ont montré qu’en injectant des mélanges en proportions variées de gonado-stimuline A pure et de prolan, la réaction de l'ovaire variait ct pour une concentration déterminée en gonado-stimuline la stimulation devenait considérable, beaucoup plus intense qu’elle ne laurait été par une simple addition d’effet. Cette « augmentation effect » attribuée par Evans à une troisième hormone, l’est par FEvoLp et HisaAw à la sonado-stimuline A. Ces auteurs vont plus loin et soutiennent que les prolans, dont l’origine est par ailleurs indiscutable, ne sont en fait qu’un mélange de gonado-stimulines A et B et qu’ils ont obtenu des réactions ovariennes intenses avec cer-
tains mélanges bien définis. Toujours est-il que nous
NS ee sommes en présence de substances très voisines et que l’état de gravidité sera susceptible d’altérer grandement les résultats du test préhypophysaire d’Aron, étant donné l’énorme quantité de prolan contenue dans l’urine de femme enceinte.
Le problème de l’antagonisme des hormones est tout à fait général. Mais deux cas nous intéressent plus spécialement : c’est celui de Fantagonisme de la thyréo-stimuline et de l'hormone thyroïdienne et celui de l'équilibre entre les gonado-stimulines et les hormones ovariennes.
C’est un fait de constatation courante, qu'à l’autopsie des myxœdémateux ou des goîtreux l’on trouve une augmentation de volume de l’hypophyse avec augmentation du nombre des cellules chromophiles.
Il semble qu’à toute diminution de la thyroxinémie corresponde une production plus abondante de thyréo-stimuline et inversement. Il semble qu’il existe une sorte d'équilibre thyroïdo-hypophysaire.
Il résulte de là que toute affection thyroïdienne doit coïncider avec des troubles hypophysaires ou tout au moins de la fonction thyréo-stimulante de la préhypophyse.
De nombreux arguments viennent appuyer l’hypothèse de l’origine quelquefois hypophysaire de la ma: ladie de Basedow : c’est, par exemple, la ressemblance que nous avons déjà observée entre les images de thyroïde de cobaye réagissant à des injections d’extrait préhypophysaire et les images de thyroïdes basedowiennes; c’est l’exophtalmie qui existe fréquemment indépendamment de toute hyperthyroiïdie; ce sont les « syndromes parabasedowiens » isolés par M. Marcel LABBÉ et ne s’accompagnant pas d'augmentation du métabolisme basal; c’est l’amélioration de Basedowiens par la radiothérapie hypophysaire.
1 à Tr Vie
Mais, conclure à l’origine toujours hypophysaire de la maladie de Basedow serait manifestement exagéré. Nous disposons précisément du test préhypophysaire d’Aron pour établir le rôle plus ou moins efficient de la préhypophyse dans cette affection thyroïdienne. Les travaux de MM. ARON et MERKLEN dans ce sens, comme nos recherches personnelles, conduisent à croire à la dualité étiologique de l’hyperthyroïdie. Nous y reviendrons au chapitre : le test en pathologie.
Il est évident que l’on peut faire les mêmes constatations et les mêmes hypothèses à propos des syndromes d’hypothyroïdie.
L'action des hormones ovariennes sur l’hypophyse ou sur sa sécrétion gonado-stimulante est analogue.
La castration entraîne en effet une augmentation de la quantité de gonado-stimuline sanguine. Un rat infantile castré perfusant un rat infantile intact, on observe une maturation ovarienne puis un œæstrus. Après injection de fortes doses de folliculine à un animal, il se produit une diminution de la sécrétion de gonado-stimuline. Histologiquement, dans le premier cas : augmentation du nombre des cellules basophiles du lobe antérieur et apparition de grandes cellules à cytoplasme légèrement basophile; dans le second : diminution du nombre des cellules basophiles et dégranulation des cellules chromophiles.
Par conséquent, ici encore, nous observons un équilibre gonado-hypophysaire, probablement double folliculine-gonado-stimuline A et lutéine-gonado-stimuline B.
L'exemple des thyréo- et des gonado-stimulines n’est pas isolé : les mêmes phénomènes peuvent être constatés à propos des parathyro-stimulines, corticoet médullo-stimulines, pancréato-stimulines.
L’hypophyse apparaît bien comme le véritable ré-
LTAONSE
gulateur du système endocrinien. Cet équilibre se réalise probablement grâce à l'intervention du système nerveux et des centres mésencéphaliques. Nous en parlerons, mais nous voulons auparavant dire quelques mots de la présence dans le milieu intérieur d’ « anti-hormones », notion qui vient compliquer le problème des corrélations hypophyso-endocriniennes.
IV ANTI-HORMONES ?
Les expériences de perfusion (nous avons cité l’une d’entre elles), les réactions thyroïdiennes ou ovariennes absolument semblables après injection de sang ou d'urine à un cobaye et après injection d’extrait préhypophysaire, permettent d'affirmer que la thyréostimuline et les gonado-stimulines sont bien des hormones, qu’elles sont normalement déversées dans le milieu intérieur et qu’elles passent dans l’urine.
Nous avons vu plus haut (page 27) que l’administration prolongée de thyréo-stimuline à un animal déterminait une sorte d’accoutumance, si bien que, au bout d’un certain temps (quatre semaines), son métabolisme basal devenait normal et même inférieur à la normale « comme si la thyroïde de l’animal devenait réfractaire à sa propre thyréo-stimuline ». (R. RIVOIRE).
L'hypothèse fut alors émise de l’existence d’un anticorps. Des faits semblables furent observés pour les gonado-stimulines. CoLLIP confirma alors cette hypothèse : en traitant un cheval par de fortes doses de thyréo-stimuline, il prépare un sérum « anti-thyréostimulant » qui immunise en quelque sorte un autre animal contre des doses considérables de thyréostimuline. Cette anti-hormone fait même baisser le métabolisme basal d’un animal intact.
Toutes les anti-hormones ont été mises en évidence sauf celle qui s’opposerait à l'hormone de croissance,
D’après Cozzrr les anti-hormones se produiraient spontanément et existeraient dans le sang à l’état normal. Mais alors, on s’expliquerait difficilement que les animaux réagissent les premières semaines aux extraits préhypophysaires. :
D’autres ont pensé que la production d’anti-hormones serait plutôt liée à un reliquat protéique non séparé de l’hormone elle-même : protéine d’ailleurs spécifique puisqu’à chaque hormone correspond une anti-hormone différente et spécificité absolue, individuelle, qui explhiquerait la non-apparition spontanée.
Il semble donc que le problème pourrait être résolu le jour où l’on obtiendrait les stimulines préhypophysaires sous une forme pure, cristallisée, mais ce jourlà seulement.
Quoi qu’il en soit, ce court aperçu de la question des anti-hormones éclaire pour nous au moins trois points :
—.du point de vue physiologique, si lhypothèse émise par CoLLriP se confirmait, si l'hormone provoquait normalement, d’une manière constante, l’apparition dans le milieu intérieur d’anti-hormone, la théorie de la régulation hypophysaire des glandes endocrines perdrait une partie de sa valeur ;
— du point de vue thérapeutique, les anti-hormones deviennent des remèdes intéressants dans l’hyperpituitarisme et les hyperfonctionnements endocriniens qui en dépendent. Ainsi, lanti-thyréo-stimuline constituerait le seul traitement logique de la maladie de Basedow, dans le cas où cette affection relèverait d’une hypersécrétion thyréo-stimulante ;
— du point de vue plus particulier de cette thèse, l’existence des anti-hormones, au cas où celles-ci apparaîtraient spontanément dans le sang, nous oblige-
rait à de certaines réserves quant à l'interprétation de la réaction d’Aron : en effet, le test ne mesurerait plus la quantité absolue de stimuline, mais bien l’excès des stimulines sur les anti-hormones. Toutefois, il semble que la formation de ces substances soit surtout abondante dans certains syndromes cliniques, par exemple dans les hyperthyroïdies. Le test d’Aron garderait toute sa valeur dans les autres cas. De plus, en clinique, à ce sujet, on en est encore au stade des hypothèses. Enfin, divers auteurs ont montré que la quantité d'anti-hormones contenue dans l'urine était toujours faible par rapport à la quantité d'hormones. On dispose donc ainsi d’un moyen simple d'éviter les causes d’erreurs résultant de la présence dans le sang d’anti-hormones.