V. — L'HYPOPHYSE ET LES CENTRES MESENCEPHALIQUES
Nous avons vu comment la diminution du taux de thvroxine ou de folliculine sanguine augmentait la sécrétion préhypophysaire de thyréo ou de gonadostimuline ; comment l’augmentation du taux des hormones thyroïdiennes ou ovariennes diminuait la sécrétion des hormones préhypophysaires.
À côté de ce mécanisme humoral de régulation, il semble actuellement démontré qu’il existe un processus neural. Les deux systèmes peuvent fonctionner alternativement ou synergiquement ou se suppléer.
Située à la base du cerveau, tout contre les centres végétatifs de l’hypothalamus, l’hypophyse est en rapport avec ces centres physiologiquement également. Ceci a été prouvé par les trauvaux de M. Re-
Sir
my CoLLIN de Nancy. Cet auteur a montré les quatre voies d’excrétion de la colloïde
— voie vasculaire d'abord, la colloïde gagnant par les capillaires les sinus périhypophysaires ; c’est la voie habituelle des excrétions endocriniennes ;
— voie céphalo-rachidienne par lintermédiaire du troisième ventricule ; M. ARON avait déjà constaté la présence, dans le liquide céphalo-rachidien, de stimulines ;
— la colloïde traverse le lobe nerveux, remonte de proche en proche le long de la tige pituitaire jusqu'aux noyaux végétatifs ; elle chemine dans les gaines périvasculaires où dans les interstices des faisceaux de fibres nerveuses amyvéliniques qui descendent du tuber vers l’hypophyse. Finalement on a pu la mettre en évidence dans certaines préparations en plein centre des noyaux gris de cette portion du mésencéphale ;
— enfin, il se fait un drainage de la sécrétion hypophysaire par la voie d’un véritable système porte veineux greffé sur les capillaires.
Venue du lobe antérieur, c’est peut-être la colloïde qui confère au lobe postérieur nerveux ses propriétés glandulaires : d’où la difficulté d'obtenir des extraits à action nettement définie.
Inversement, des noyaux supra-optique, para-ventriculaire, des noyaux latéraux du tuber, déjà en connexion avec les centres végétatifs sous-jacents du bulbe et de la moelle et avec le cortex, partent des faisceaux nerveux qui gagnent lhypophyse. A côté de fibres centrifuges, sécrétrices, il y aurait des fibres centripètes, sensitives.e
On voit les relations étroites de l’hypophyse avec les centres mésencéphaliques. Si l’on veut bien considérer la multiplicité des fonctions du lobe antérieur d’hypophyse, le nombre des stimulines dé-
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versées par elle dans le courant sanguin, si l’on admet le fait‘que ‘toutes les hormones sont sécrétées par la même cellule : la cellule basophile, on comprendrait difficilement qu'une cellule glandulaire puisse s'adapter à des fonctions aussi différentes. dans des conditions aussi complexes, sans l’intervention du système nerveux, système plus parfait, aux réactions plus rapides.
Cette intervention du système nerveux dans le fonctionnement hvpophysaire semble actuellement démontrée. Et il y a lieu de se figurer lhypophyse « comme un complexe neuro-glandulaire où lhypothalamus représente un centre supérieur du système végétatif, et où l’hypophyse commande par ses hormones aux autres glandes à sécrétion interne ». ( MM. Roussy et MosiNGER : Journées médicales Belges ; Compte rendu de Bruxelles-Médica!).