‹ Étude critique du test préhypophysaire d'AronChapitre 38 sur 64 · RECHERCHES ANTERIEURES · texte numérisé non relu

RECHERCHES ANTERIEURES

Peu d’auteurs ont pratiqué le test préhypophysaire en clinique. La raison tient au fait que, d’une part, la lecture des coupes histologiques n’est pas toujours facile et demande une certaine expérience, d’autre part, les résultats, comme nous venons de le voir, peuvent être d'interprétation plus ou moins délicate.

Les publications de M. ARoN sur l’action de la préhypophyse sur la thyroïde et les ovaires sont nombreuses, mais elles relatent des faits qui, bien que d’incontestable valeur et riches de conséquences, sont d’ordre purement physiologique. C’est là un domaine beaucoup plus sûr que celui de la clinique.

Cependant, jusqu’à présent, certains syndromes endocriniens bien déterminés ont été étudiés à Strasbourg par MM. MERKLEN, ARON, et leurs collaborateurs. Ce sont les obésités segmentaires et diffuses, les maigreurs, les goîtres. Quant aux autres troubles, notamment les troubles génitaux, rien n’a été publié, à notre connaissance, à ce sujet. M. ARON dit bien dans le « Documentaire Médical » d’avril 1936, qu’à la question : Une insuffisance génitale est-elle primitive ou secondaire à une insuffisance fonctionnelle de la préhypophyse ? Le test préhypophysaire permet de répondre : s’il est diminué, insuffisance hypophysaire primitive ; augmenté, insuffisance génitale primitive. Mais aucune observation n’a encore été apportée à ce propos.

Obésité, maladie de Dercum. S.M.H., 26 mai 1933 el 25 octobre 1935. MERKLEN, ARON, ISRAEL et JACOB.

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Ces auteurs rapportent cinq observations de maladie de Dercum au cours de ces deux communications. Ce sont des femmes obèses authentiques (l’une a pesé 153 kg. pour une taille de 1 m. 56) avec masses graisseuses douloureuses. Chez deux d’entre elles, il a été permis de vérifier histologiquement l’hyperfonctionnement hypophysaire. Les cinq avaient un test préhypophysaire très augmenté. Les auteurs concluent, sauf dans un cas où il y avait dégénérescence Kkystique des ovaires (et par suite absence de folliculine, d’où neutralisation nulle de la thyréo-stimuline), à un hyperfonctionnement du lobe antérieur.

Dans leur deuxième communication à la S.M.H, ils reprennent, « la maladie de Dercum n'étant qu'une forme particulière d’obésité, la question déjà souvent discutée de l'intervention de l’hypophyse au cours des obésités ». Ils éliminent les obésités thyroïdiennes, et celles qui sont associées au diabète.

Dix-sept observations d’obésité sont citées concernant douze femmes et cinq hommes. La réaction d’ARON a donné dans les dix-sept cas un résultat positif. Voici en résumé leurs conclusions :

— Comme dans la maladie de Dercum, les femmes sont plus sujettes à l’obésité que les hommes.

— Chez neuf femmes, l’apparition de l’obésité ou son accroissement brusque a coïncidé avec la ménopause. Or, à ce moment, la sécrétion de gonado et de thyréo-stimuline préhypophysaire est augmentée, nous Pavons vu plus haut. La question se pose donc pour nous de savoir si le test préhypophysaire augmenté n’est pas le témoin de la réaction physiologique de lhypophyse au stade oligo-hormonal ovarien, plutôt que la preuve de la nature hypophysaire de l’obésité.

— Plusieurs des sujets observés se sont plaints de céphalée. Or, pour deux femmes, cette céphalée a cédé lors d’une grossesse. MM. MERKLEN et ARON se

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demandent avec juste raison si elle n’est pas de nature hormonale et si sa disparition transitoire ne s’explique pas par le fait que la sécrétion des stimulines hypophysaires est diminuée pendant l’état de gravidité.

— Ces sortes d’obésités ont parfois un caractère familial.

— Dans les dix-sept cas il n’y a jamais eu d’anomalies radiologiques de la selle turcique.

L’unanimité des réponses positives prouve la fréquente origine hypophysaire de l’obésité, grâce au secours de la biologie.

Maigreurs, S.M.H., 2 novembre 1936. Les mêmes.

Ici encore l’origine préhypophysaire n’est recherchée qu’au cas où d’autres dysfonctions glandulaires n’ont pas été trouvées. Sur treize observations, douze tests inférieurs à la normale contre un augmenté.

L’hypofonctionnement hypophysaire est confirmé par des dysménorrhées ou des aménorrhées que n’expliquent aucune lésion génitale.

Dans deux de ces observations nous relevons malheureusement une hyperthyroïdie qui suffirait à légitimer la maigreur et la diminution du test par réaction secondaire. Parmi les autres, nous en voyons aussi plusieurs qui concernent des femmes « entrées de leur propre gré dans le domaine de la pathologie », comme il convient habituellement en matière de mai-

greur.

Hyperthyroïdie avec hyperfonctionnement de l’'hypophyse. S.M.H., 23 juin 1933. Les mêmes.

MM. MERKLEN et ARON apportent deux cas de maladie de Basedow avec M. B. voisin de + 50 %, et dont la réaction d’Aron était diminuée. Par contre, ils citent deux observations fort intéressantes ;

ANNEE — M.K.., 48 ans, présente du tremblement, il est émotif, légèrement obèse. La radioscopie révèle un goître plongeant. Le M B est de + 37 % à deux reprises. La selle turcique a un aspect normal. Test préhyp. +. Par irradiations de l’hypophyse, on obtient amélioration et même disparition des signes d’hyperthyroïdie.

— Mme E.., 56 ans, consulte pour un amaigrissement de 35 kgs en 1 an. Elle à un goître et se plaint de troubles digestifs. MB : + 50 %. Test d’Aron + +. Malgré la réserve à apporter à ce résultat en raison de la période ménopausique dans laquelle se trouve la malade, on entreprend des irradiations hypophysaires. Résultat : le poids passe de 45 à 49 kgs. Le M B descend à + 20 %. Les troubles digestifs disparaissent. Le test d’Aron devient normal ou inférieur à la normale.

Donc à côté de cas nombreux (car les deux premiers ne sont pas isolés) d’hyperthyroïdie primitive, en voici deux autres où l’origine hypophysaire de la maladie de Basedow paraît vraisemblable. Les auteurs concluent ainsi à l’intérêt de la réaction d’Aron pour l'institution d’un traitement étiologique.

Telles sont les recherches cliniques entreprises jusqu’à ce jour à propos du test préhypophysaire. Nous avons essayé de les résumer aussi fidèlement que possible.

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