‹ Étude critique du test préhypophysaire d'AronChapitre 37 sur 64 · TON · texte numérisé non relu

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semble du fonctionnement préhypophysaire. Or, ül ne s’agit pas d’une méthode d’application facile dont les résultats peuvent s'adapter à la clinique d’une manière simple et permettent de porter un jugement global sur l’activité des diverses fonctions du lobe antérieur de l’hypophyse.

Même si nous restons dans le domaine de lhormone que le test étudie de façon claire et précise, les réponses appellent deux interprétations exactement opposées. Ainsi une augmentation de la thyréostimuline peut être due à un hyperfonctionnement primitif de la préhypophyse de nature pathologique comme on peut tout aussi bien lattribuer à une réaction physiologique de cette glande déterminée par un trouble initial non hypophysaire. Cette interaction endocrinienne dont nous avons développé les modalités au chapitre : Données physiologiques, vient étrangement compliquer le point de vue clinique de la question. Cependant il est des cas relativement faciles à côté de problèmes quasi-insolubles. Nous allons les schématiser rapidement dans un ordre de difficulté croissante.

L'interprétation du test est assez simple lorsque le trouble initial est thyroïdien, En effet la réaction mesure le taux de thyréo-stimuline des urines, elle reproduit chez le cobaye l’état même que l’on suppose exister chez le malade ; d’autre part, on dispose de moyens puissants d'investigation du fonctionnement de la thyroïde, notamment du métabolisme basal ; on est donc à même de se faire une opinion sur les rapports des deux glandes et d'apprécier celle sur laquelle la thérapeutique devra agir.

Les troubles gonadiques primaires sont déjà plus délicats à. interpréter : on se heurte en effet, de part et d'autre, à la dualité hormonale. Comment dire si le trouble primitif est folliculaire ou lutéinique, com-

ment savoir des deux gonado-stimulines, distinctes et inégalement solubles dans les humeurs de l’organisme, celle dont la sécrétion est diminuée ou augmentée ?

Les réactions paradoxales que peuvent donner les troubles primitifs d’une glande endocrine sont encore un point qu’il est nécessaire de préciser. On sait que lPablation des ovaires avant larrêt complet de la croissance détermine un gigantisme ou une prolongation de la croissance au-delà du terme habituel. Plusieurs hypothèses ont été soulevées à ce propos : M. ARON dans la Revue de puériculture (1933), pensait qu’il fallait voir là un exemple nouveau du balancement entre les hormones ovariennes et les hormones hypophysaires ; l’absence de folliculine ou de lutéine dans le mflieu intérieur provoquerait un excès de sécrétion hypophysaire qui retentirait sur la croissance par ses vertus propres ou par l’entremise de la thyroïde. C’est bien, ici encore, la même théorie qui consiste à penser qu’à un trouble endocrinien déterminé répond un hyperfonctionnement global de lhypophyse. On tend maintenant à expliquer les faits en supposant que l’absence de puberté entraine l’absence de frein à la sécrétion de lhormone de croissance. Quoi qu’il en soit, le test préhypophysaire ne peut résoudre cette question sans expérience physiologique préalable et lon conçoit que dans les affections analogues à cette castration précoce ou réalisant en clinique ce tableau, le test soit d°’ interprétation très difficile.

Enfin, presque insolubles sont les cas: où le trouble initial qui entraîne une perturbation réactionnelle de l’hypophyse n’est pas glandulaire. Par exemple, une obésité par hyperalimentation peut déterminer une sécrétion exagérée de thyréo-stimuline qui aurait pour but un hyperthyroïdisme destiné à réduire l’obé-

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sité elle-même.,On peut tenir le raisonnement inverse dans les cas de maigreur par restriction alimentaire qui logiquement s’accompagneraient d’'hypofonctionnement thyroïdien : c’est peut-être dans ce sens d’ailleurs qu’il faut interpréter la diminution des métabolismes de base et généraux chez les jeûneurs (MM. LaBgÉ et STÉVENIN). Mais la perturbation du test préhypophysaire ne sera nullement la preuve d’un trouble préhypophysaire primitif. Et lorsque les auteurs strasbourgeoiïis devant une obésité avec test augmenté concluent avec la rigueur d’une équation à un hyperpituitarisme primitif, nous croyons au contraire que des preuves suffisantes n’ont pas encore été apportées.

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