‹ Étude critique du traitement des épithéliomas des paupièresChapitre 10 sur 49 · IV. — Evolution · texte numérisé non relu

IV. — Evolution

L'épithélioma des paupières, abandonné à lui-même ou mal traité, a toujours sensiblement la même évolution. Généralement, l’épithélioma basocellulaire a une évolution moins rapide et a moins tendance à gagner en profondeur que le spinocellulaire. Mais, quel que soit son type histologique, à la longue, après plusieurs années souvent, il s’est étendu en surface et a gagné en profondeur l'orbite, et enfin la cavité crânienne, son évolution pouvant être marquée des complications que nous envisagerons plus loin.

L'épithélioma, en s'étendant, peut arriver à intéresser les voies lacrymales, plus ou moins rapidement, suivant son point de départ. La conjonctive sera assez vite entreprise dans le cas où la lésion initiale siège au bord libre des paupières. Le cartilage tarse, pour la plupart des auteurs, résiste bien à l’envahissement et n'est atteint que tardivement.

Parti des paupières, le néoplasme envahit plus ou moins rapidement les tissus mous de l'orbite; le coin interne de l'œil est la localisation initiale qui permet le cheminement

le plus facile des cellules cancéreuses vers la profondeur, avec envahissement de la paroi interne et du plancher de l'orbite. Cet envahissement se fait de proche en proche; le néoplasme envahit ainsi les tissus mous de l'orbite, les muscles oculo-moteurs, disséquant l'œil en quelque sorte; en eflet, le globe est très résistant et se laisse très rarement entreprendre.

Le cancer atteint les parois de l'orbite. C’est l’ethmoïde qui est généralement envahi le premier, dans le cas où le point de départ de l’épithélioma a été le coin interne de l'œil. Le processus néoplasique s’étend enfin au sommet de l'orbite, au périoste de la base du crâne, du sinus frontal, aux méninges. Le malade qui est parvenu à ce stade peut mourir de cachexie, de méningite, due à la propagation de l'infection suivant le trajet néoplasique.

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