‹ Étude critique du traitement des épithéliomas des paupièresChapitre 15 sur 49 · HISTORIQUE DU TRAITEMENT · texte numérisé non relu

HISTORIQUE DU TRAITEMENT

Depuis très longtemps on a cherché un traitement curatif à l’épithélioma des paupières. Avant l’application des agents physiques à la thérapeutique du cancer et les progrès de la chirurgie, on tentait d'enlever la tumeur en la cautérisant par des agents physiques ou par le feu.

Au cours de cette première période, le traitement par les. caustiques a été fort en honneur. On cite les pâtes arsenicales du frère Côme, de Pluncquet, de Rousselot, la pâte de Canquoin au chlorure de zinc. Les thérapeutes emploient des caustiques variés, avec des fortunes diverses. En 1846 Tedeschi, en 1863 Bergeron, préconisent le chlorate de potasse. En 1884, Fano publie une observation d’ulcération de nature cancroïde de la paupière inférieure, guérie par applications de poudré d’iodoforme; Mathewson guérit un épithélioma de la paupière par application de benzol et de calomel. En 1890, Galezowski emploie la pyoctanine; en 1892, ce caustique donne une guérison à Socor et une autre à Dujardin en 1894.

Darier, en 1894, guérit des cancroïdes de la face par des attouchements au bleu de méthylène; en 1895, un de ses élèves, Domec, dans sa thèse, montre de bons résultats obtenus sur les épithéliomas cutanés superficiels des paupières par la technique de Darier : après galvano-cautérisation suivie d’attouchement léger à l’acide chromique, la lésion est saupoudrée au bleu de méthyle. Fage emploie aussi le bleu de méthyle.

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En 1897, Cerny-Truneceek (de Prague) remet la méthode des caustiques en honneur; il obtient des succès avec la solution sursaturée d’arsenic (acide arsénieux, I: eau et alcool à 90°, 4â 50 cms).

Mais à la fin du siècle, les diverses méthodes employées jusque-là se voient peu à peu délaisser pour la chirurgie, qui a fait de grands progrès. On trouve bien des publications isolées depuis 1837, mais c’est surtout après le milieu du xix° siècle, alors qu’on adjoint la blépharoplastie à l'exérèse du néoplasme, que la chirurgie est employée. £n 1866, Weber, Billroth, publient des travaux; de Knapp, en 1872, expose l’extirpation des cancroïdes de l’angle interne et du bord des paupières, et la blépharoplastie. En 1873, Pooley étudie aussi la blépharoplasiie. En 1875, Smith Johnson publie une énucléation à la suite d’un ulcus rodens de la paupière infé- rieure. En 1880, Buller expose un cas de guérison d’épithélioma de la paupière inférieure vingt mois après excision et blépharoplastie. Meyer, en 1881, obtient une guérison avec greffe dermo-épidermique. Deroubaix, Lawson en 1881, d’Angelo en 1887, Rouzé en 1890, publient leurs travaux. En 1888, Kohler obtient une guérison après exentération de

l'orbite.

A cette époque, la chirurgie donne de bons résultats; Trousseau, en 1906, publie dans les Archives d'ophtalmologie des résultats éloignés très favorables d'opérations d’épithéliomas des paupières. Il concluait, en 1906, que la chirurgie était excellente et donnait satisfaction dans la majorité des cas.

Au début du xx° siècle, les agents physiques viennent apporter leur aide précieuse au traitement du cancer.

Ce sont les rayons X qui ont donné les premiers succès; Stenbeck (de Stockholm), en 1899, obtient la guérison d'un cancroiïde du nez et d’un ulcus rodens de l’angle interne de l'œil. Chamberlain publie des observations d’épithéliomas cutanés dans le Journal d'électrothérapie de New-York, en 1901; Williams en réunit plusieurs cas, dans lesquels la radiothérapie a été efficace.

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Le traitement par le radiüm est apparu un peu plus tard. Hans Kirschner, en 1905, insiste sur la supériorité du traitement du cancer des paupières par le radium, et expose la technique de cette méthode. Mauby, en 1906, Polack, en 1910, ont obtenu des résultats favorables. Almann, en 1908, a publié 7 cas de cancer des paupières guéris par le radium.

Les courants de haute fréquence étudiés dès 1881 par d'Arsonval ne devaient s'appliquer que beaucoup plus tard au traitement des cancers.

En 1904, Guilloz (de Nancy) détruit les papillomes par l'étincelle de résonance.

En 1906, Keating Hart utilise l’étincelage de tension sous le nom de fulguration; appliquée au traitement des épithéliomas des paupières, elle n’a donné que peu de résultats. Trousseau, dans sa publication Note sur la fulquration dans le cancer de l'orbite, ne lui trouve d'avantage que dans les cancers profonds ayant envahi les sinus, pour compléter une opération chirurgicale large, et il reproche à la cicatrisation sa lenteur désespérante. É

Doyen fait faire des progrès à la méthode; ses expériences débutent en 1907. En 1909, il utilise l’électro-coagulation, mais la nouvelle méthode, encore mal perfectionnée, appliquée à la cure des cancers, ne répond pas aux grandes espérances qu on avait fondées sur elle, et elle est délaissée.

En 1911, elle est reprise par Heitz, Boyer et Cottenot en urologie; en 1912, Bourgeois et Poyer, à la Nouvelle Pitié, l’emploient dans des cancers inopérables de la langue et de l’épiglotte. En 1918, Mackenzie dit qu'aucun traitement ne peut être comparé à cette méthode. En 1922, Bordier publie Diathermie et diathermo-coagulation, et il conclut en disant que la diathermie a sa place tout indiquée dans les centres anticancéreux. Worms et Blanchard auraient été les premiers à introduire la méthode en ophtalmologie, et, en décembre 192% (Société d'ophtalmologie de Paris), ils écrivent avoir obtenu de bons résultats dans le traitement des tumeurs malignes des paupières, Dans ces dernières années, la mé-

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