LES DIVERS TRAITEMENTS
Les anciens procédés : caustiques, thermocautère, galvanocautère, ont été abandonnés à peu près partout. La cryothérapie et l’électrolyse sont très peu employées.
Envisageons d’abord rapidement ces modes de traitement.
a). THERMOCAUTÈRE ET GALVANOCAUTÈRE.
Ils ne doivent plus être employés; tout au plus auraientils quelque valeur pour le traitement de lésions précancéreuses, mais il vaut bien mieux leur appliquer d'emblée un traitement plus sûrement efficace. C’est un procédé douloureux, qui laisse une cicatrice rétractile et permet souvent les récidives; son action est limitée aux seuls tissus qui ont été au contact de la pointe de l’appareil.
b) CAUSTIQUES.
Darier a employé contre les épithéliomas basocellulaires bien limités le procédé de Cerny Truneceeck. La technique est la suivante : après un curettage des surlaces épidermisées, ou après les avoir brûlées au galvanocautère, on les badigeonne au pinceau avec la solution sursaturée d’arsenic (acide arsénieux, 1; eau et alcool à 90°, ââ 50 cm3), on laisse sécher, puis on recouvre d'ouate. Au bout d’une semaine, la croûte qui s’est formée est détachée. On examine alors la nouvelle surface; si elle est blanche, tout le néoplasme est disparu; au contraire, si l'on voit des marbrures grises ou rouges, il
nel —
faut faire de nouvelles applications, jusqu’à obtenir le résultat cherché. Ces applications successives ont l'avantage de ménager le plus possible les tissus sains.
€) CRYOTHÉRAPIE.
Elle a surtout été employée par M. Mouton-Chapat (de Nancy). Il emploie le crayon de neige carbonique, préparé à l’aide du moule détendeur de son invention. Il fait part des résultats qu'il a obtenus par sa méthode dans le traitement des épithéliomas cutanés de la face à la Société lorraine d’ophtalmologie, le 28 juin 1925. Il conclut en disant que la cryothérapie est un traitement efficace en ce qui concerne les cancers basocellulaires au début de la face cutanée des paupières, quand ils n’ont pas envahi en profondeur. L’application en est facile, et le traitement a l’avantage de laisser une cicatrice souple, marquée seulement par de la dépigmentation., La méthode a l'inconvénient d'être douloureuse, d'avoir son action limitée aux tissus congelés, mais il n’y a pas d'hémorragie, et le résultat esthétique est très bon.
d) ELECTROLYSE.
Très rarement employée, elle serait applicable à certains cancers limités, mais elle produit de gros délabrements au pôle négatif, donne une cicatrice rétractile et quelquefois chéloïdienne.
Etudions maintenant les quatre modes de traitement le plus employés à l'heure actuelle : chirurgie, rœntgenthérapie, radiumthérapie et diathermo-coagulation.