C. — Résultats
Les opérations ont donné de bons résultats.
Fuchs dit, en 1926 : « Le traitement le plus sûr est l’extirpation. »
M. Dupuy-Dutemps, en 1927, dit qu'il a été amené à la conviction qu'en l’état actuel, le seul traitement curatif
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légitime de l’épithélioma palpébral, quel que soit son siège, est l’exérèse large d'emblée aussi précoce que possible. Elle procure, dans la majorité des cas, une guérison définitive.
H. Villard, au XII Congrès international d'Amsterdam, en 1929, donne sa préférence au traitement chirurgical dans les. épithéliomas limités ou assez étendus, même si cette exérèse entraîne une autoplastie.
En 1931, Morax écrit dans son Précis d’ophtalmologie : « Le traitement de l’ulcération néoplasique des paupières consistera dans l’excision la plus précoce et la plus large possible, avec réfection autoplastique des paupières. » Il lui semble que l'intervention chirurgicale pratiquée de bonne heure conduise actuellement encore le plus sûrement à une guérison durable.
En 1931, Schulmann écrit que le traitement chirurgical est l'intervention idéale.
IL — Rœntgenthérapie et radiumthérapie.
A. — Techniques.
a) TECHNIQUES DE ROENTGENTHÉRAPIE.
Tous les auteurs ne sont pas d'accord sur la technique à choisir. C’est ainsi que l’on discute sur la durée à donner au traitement, la valeur à donner à la filtration, nulle, faible, moyenne ou forte, sur l'utilité du curettage précédant l’application des rayons X.
4° M. Regaud emploie des rayons X filtrés. Il expose sa technique dans le livre Cancer de l'appareil visuel, de Morax.
Il emploie une machine donnant un voltage de 100 à 420 kV.; une filtration de 3 à 5 millimètres d'aluminium suffit, à condition de pouvoir laisser l'œil en dehors du faisceau.
La dose devra être suffisante pour produire la radio-épidermite en surface. La distance focale augmentera avec
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l'étendue en surface et en profondeur du néoplasme. Le mieux est de distribuer la dose en plusieurs séances réparties sur quelques jours, la séance unique exigeant une dose plus élevée, qui entraîne une réaction plus forte. Le cache employé est une lame en plomb de 1 millimètre, laissant découverte une marge de 10 à 15 millimètres autour de l’épithélioma. L'œil est protégé par une lame de plomb de 2 millimètres, doublée de caoutchouc sur sa face profonde.
2° M. Coste dans le Journal d’électrologie el de radiologie de 1926, expose sa technique. Il emploie des rayons X non filtrés.
Il résume ainsi sa technique :
« Standard Coolidge — 2 millis — 16 centimètres EE Durée : 45 à 60 minutes — sans filtre. »
Distance anticathode-peau, 22 à 24 centimètres.
Le cache en plomb doit être fait sur mesure, la zone à irradier comprenant une grande surface de peau saine autour
de la lésion visible.
L'irradiation doit être continue, et la dose maximum presque uniforme (20 à 25 H.) doit être donnée en une seule fois.
3° M. Belot (Journal d'électrologie et de radiologie de 1931) pratique le raclage, suivi de radiothérapie.
A la curette tranchante on procède à un raclage aussi complet que possible; quand la lésion est assez étendue, l’anesthésie peut être nécessaire, puis on applique les rayons X. La dose donnée en une seule séance varie entre 15 et 25 H. Il emploie le rayonnement total d’un tube Coolidge Standard, sans filtre ou filtre faible d'aluminium de 1 à 3/10 de millimètre.
Pour des lésions infiltrantes, profondes, il utilise un filtre de 10 millimètres d'aluminium, la dose étant portée à 30 ou 35 H.
Après cette intervention, pansements aseptiques locaux ou tulle gras; la guérison est complète entre quinze et trente jours.
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Pour M. Belot, cette association s'applique avec succès à la plupart des cas n'ayant pas dépassé les limites du derme: elle guérit plus rapidement que la radiothérapie seule et donne des succès plus nombreux.
b) TECHNIQUES DE RADIUMTHÉRAPIE.
Deux techniques sont employées : la curiethérapie externe et la curiepuncture.
1° La curiethérapie externe. — Elle consiste en une irradiation faite à la surface des téguments. On emploie des tubes de radium. Ces tubes ont une paroi de platine d’une épaisseur de 0,5 ou 1 millimètre; ils contiennent généralement 2 à 3 milligranimes de radium élément chacun. Ils sont supportés par une plaque en cire spéciale, moulée sur la région et prenant appui sur des points fixes, nez et pourtour de l'orbite. Fixés à la face externe du support, les tubes sont ainsi maintenus à la distance voulue des téguments (soit de quelques millimètres à 30 millimètres).
La dose à donner dépend de multiples facteurs. D'après M. Regaud, cette dose varie de 0,8 à 5 millicuries détruites par centimètre carré de surface radiante. L'application doit être étalée sur une durée de quatre à huit jours.
D’après Mme $S. Laborde, cette application a distance obligeant à employer une quantité plus grande de radium que la curiepuncture, le globe oculaire: aura à supporter une dose plus forte de rayonnement. Il faut alors protéger le globe par une lame de plomb de 2 ou 3 millimètres doublée de caoutchouc, mais souvent cette protection est illusoire ou impossible à réaliser.
2 La curiepuncture. — Mme S. Laborde écrit, dans la Presse médicale du 7 octobre 1933 : « Depuis deux ans, nous employons uniquement cette méthode et nous avons été frappée du minimum de réactions observées au niveau de l'œil, en même temps que des résultats heureux vis-à-vis de la guérison et de l’aspect des cicatrices. »