‹ Étude critique du traitement des rhumatismes chroniques par l'association acide ascorbique - désoxycorticostéroneChapitre 9 sur 15 · LAS · texte numérisé non relu

LAS

OBSERVATION N° 29 . — M. F.….. François, 37 ans, cultivateur. — Spondylarthrite ankylosante.

Depuis le mois de février 1949, le malade marche courbé en avant, et se plaint de douleurs dans la région dorsaïe. La radiographie montre de nombreux arthrophytes sur de nombreuses déformations osseuses vertébrales.

La sédimentation est de 4 mm. Le Vernes est à 21°. Le traiiement de Lewin et Wassen n’amène aucune amélioration. Echec compiet.

OBSERVATION N° 30. —— M. D. 70 ans, Goutte.

Ce monsieur, marchand de moutons, fait depuis 1944 des accès bisannuels de goutte, une au printemps, une en automne Ces accès sont localisés aux genoux. Ce malade était traité en général, par la colchique ; mais son cœur étant fatigué et devant une contre-indication de la colchicine, nous avons entrepris le traitement de ce malade au percortène vitascorbol.

La première injection a été pratiquée moins de 24 heures après le début de l’accès. Une demi-heure après cêtte injection, le malade était debout, sans la moindre douleur. Le lendemain il reprenait ses affaires. Nous avons fait 6 piqûres pour plus de sécurité.

PÉRARETENT PRE Te

Nous en avons terminé avec cette longue énumération d’observations ; nous allons essayer maintenant de tirer quelques commentaires de cette étude.

D'abord, il est indubitable que cette thérapeutique, si discutée à l’heure actuelle, donne quelques très bons résultats: Les pourcentages sont les suivants. Nous classerons en amélioration très notable les malades qui sont guéris complètement, tant au point de vue fonctionnel que subjeciif avec récupération fonctionnelle complète. Nous mettrons la mention « amélioration partielle > pour les malades qui ne sont soulagés que temporairement ou qui conservent encore une gêné fonctionnelle. Enfin nous noterons le nombre d’échecs :

Amélioration remarquable : ,.,,.,,, 11 soit 87 ASSez, bon-réstitat RSR ne échéc compléter me te Le

Et es Dans ces résultats globaux, il faut toutefois séparer les arthroses des arthrites. Car, il est évident, et cette expérience le prouve, que les arthroses sont moins influencées par le traitement.

Nous avons dans les observations ci-jointes :

Pour Îles arthrites généralisées :

Sur 14 cas traités, 9 améliorations notables, soit .. 64 % Pour les arthrites localisées :

Sur 9 cas traités, 4 améliorations notables, soit .. 44% Pour les arthroses :

Sur -6 cas traités, 2 améliorations Soit ., 393 %

Ces résultats s'entendent en ce qui concerne les troubles fonctionnels, ce traitement n’ayant pas la prétention d’apporter des modifications organiques stables.

Les résultats, tout en étant satisfaisants, sont toutefois plus pessimistes que ceux de Le Vay et Loxton, qui, sur 23 cas, ne notent que 2 échecs. Il est un point sur lequel notre attention a été particulièrement attirée, Les différents auteurs parlent de libération et de soulagement dans l’heure qui suit la première injection de vitamine C et de desoxycorticosterone ; or, dans les cas qui précèdent, si quelques-uns ont suivi ce processus, la plupart n’ont commencé à être soulagés, qu'après plusieurs jours de traitement. Chez deux malades, l’amélioration est survenue trois jours après la fin du traitement, le inode d’action du produit est d’ailleurs difficilement explicable dans ce cas,

L'ancienneté intervient aussi pour le pronostic, avant Île traitement. Ïl est logique de penser que plus la maladie est añcienneé, plus les lésions sont ancrées, et plus il est difficile de la güérir. Les résultats viennent appuyer ce raisonnement, mais en relisant les observations ci-dessus exposées, on peut Voir que dans quelques cas de grosses améliorations ont été obtenues chéz des infirmes, depuis üne quinzaine d'années,

Nous devons aussi éliminer toute cause psychique dans l'amélioration des malades. En effet, certains sujets traités ont reçu parfois, au lieu de vitamine C et de desoxycorticosterone, une injection d’eau distillée ou tout autre produit inoffensif. Immédiatement, les malades ont accusé le médicament de ne plus agir, car les douleurs réapparaissent.

Un problème se pose au sujet de la durée de l’amélioration obtenue. Il est évident que nous manquons de recul pour pouvoir en juger. Néanmoins, il semble que cette durée soit variable suivant les cas. Certains ayant fait une cure de 10 injections en janvier 1950, en juillet 1950, sont encore améliorés. D’auires, au contraire, ont besoin de cures continues ou discontinues.

L'expérience présente permet de soutenir que les injections intra-veineuses quotidiennes de 5 mg. de desoxycorticostrone et de 1 gramme d’acide ascorbique poursuivies pendant un, deux ou trois mois, n’amènent aucun incident fâcheux. Ceci distingue déjà cette médication de la cortisone ou de l’A.C.T.H., dont nous avons vu, au début, les inconvénients.

La seule remarque à faire à ce sujet est l'allongement du cycle mentruel chez les femmes traitées ; dans trois cas, nous avons enregistré un retard de l’ordre de 6 à 10 jours.

En ce qui concerne la tension artérielle, elle n’est guère modifiée. La tension prise systématiquement avant, et 2 heures après les injections, a montré parfois un abaissement de là maxima de l’ordre de 1 cm. de mercure, et tout à fait passager.

En dehors de l’action sur le processus rhumatismal luimême, il faut noter l'amélioration nette de l’état général ; le malade retrouve l'appétit et se sent envahi d’une douce euphorie. Cette euphorie est apparue chez des sujets dont les arthri- . tes se sont montrées rebelles au traitement,

En ce qui concerne les résultats cliniques, nous pouvons con clure que cette médication agit et qu'elle agit dans la moitié des cas, par le même processus ; l'amélioration devient pers ceptible une heure à deux après l'injection, les douleurs àr-

ticulaires ayant disparu, la mobilité étant revenue dans la limite des altérations anatomiques le permettant. Cette libération se maintient de 6 à 24 heures, et la durée de sédation augmente avec la répétition des piqûres.

- ACTION DE L’ACIDE ASCORBIQUE ET DE L'ACETATE DE DÉSOXYCORTICOTERONE

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