Ï. —— LES MÉTHODES NON SANGLANTES
Parmi les procédés utilisés successivement pour le traitement des anévrysmes poplités, il en est qui n’ont plus qu'un intérêt historique. Nous rappellerons briévement :
Les injections coagulantes, utilisées depuis longtemps, généralement peu efficaces ; elles auraient cependant donné un résultat heureux à Le Dentu (1).
La compression directe, peu employée parce que mal supportée.
La compression élastique totale, méthode de Reid, qui aurait donné 48 0/0 de guérisons, mais exposait fréquemment à la gangrène.
La flexion (Mannoir et Haït), à laquelle les statistiques accordent 35 0/0 de guérisons ; mais elle expose à la rupture du sac.
Parmi ces méthodes non sanglantes, une seule a été utlisée d’une façon véritablement suivie :
La compression indirecte. Son but, comme celui des méthodes précédentes, est d'obtenir la coagulation du sang dans le sac par arrêt de la circulation.
Appliquée avec des modalités variées, la meilleure compression indirecte doit, pour Delmas, être totale, continue, alternative :
Totale. Elle doit arrêter entièrement la circulation au niveau du point comprimé.
Continue. Elle s’applique sans interruption pendant une durée moyenne de trente-six heures environ.
Alternative. En ce sens que, pendant la durée de l'application on déplaçait légèrement le point de compression pour éviter les lésions de la paroi du vaisseau.
- (1) LE DENTU. Bull. et Mém. Soc. Chir., 1911, p. 190.
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Elle devait enfin être digitale (et non instrumentale), étant ainsi d'application plus douce, moins traumatisante. Elle se pratique à la base du triangle de Scarpa, contre le plan de la tête fémorale.
Dans l’ensemble, cette méthode aurait donné 50 0/0 de guérisons et, parmi les succès, seulement 6 à 10 0 10 d'accidents graves, gangrènes ou parfois apparition d’anévrysme au point d'application.
C'est la seule des méthodes non sanglantes qui pourrait à l'heure actuelle être encore admise dans certains cas
très particuliers.