II. —— LES MÉTHODES SANGLANTES
À. — La Ligature
Parmi celles-ci, l’une, la ligature, a le même but que la compression : obtenir la coagulation dans le sac par arrêt de la circulation.
Anel la pratiquait dans le creux poplité même, immédiatement au-dessus de l’anévrysme.
Hunter la préconisait à la partie moyenne de la cuisse pour être sûrement au-dessus de la zone malade de l'artère. ;
. Scarpa la faisait plus haut encore, dans le triangle qui porte son nom.
La méthode de Hunter fut la plus employée. M. le professeur Delbet — dans sa statistique de 1897 — indi-
di
que pour cette méthode 87 0/0 de guérisons, mais fait remarquer :
D'une part que la ligature laisse pendant le temps de coagulation le malade exposé aux embolies périphériques ;
D'autre part, que, cette coagulation obtenue, la tumeur n’en persiste pas moins avec les phénomènes de compression qu elle entraîne : troubles trophiques, douleurs ; que, de ce fait, la guérison peut être bien imparfaite.
Ces inconvénients l’amènent à préconiser l’extirpation.
B. — Traitement sanglant par ablation du sac
a) L’extirpation. — Depuis 1888, M. le Professeur Delbet (1) préconise l’extirpation pour le traitement des anévrysmes.
Pour cet auteur l’extirpation a, sur les méthodes pré-
cédentes, l'avantage :
- De mettre le malade à l'abri des accidents de gangrène d’une façon beaucoup plus efficace, sinon absolue. Ces accidents seraient, en effet, causés beaucoup plus souvent par des embolies périphériques parties du sac, que par un défaut de suppléance de la voie principale,
(1) P. DELBET. Du traitement des Anévrysmes (Revue de Chirurgie, 1888-1889).
— Du traitement des Anévrysmes externes, | vol. Alcan,
NT" ie
D'autre part, l’extirpation supprime toute cause de compression dans la région poplitée, donc, en, même temps, tous les troubles qui en dérivent.
L'extirpation, souvent facile, est parfois rendue très laborieuse du fait de la gangue inflammatoire qui entoure le sac englobant nerfs et veine, elle est néanmoins toujours possible. Il faut.s’efforcer de conserver la veine chaque fois qu’on le peut. Sa suppression n'aurait cependant pas une importance exagérée, comme le prouve l'observation rapportée récemment à la Société de Chirurgie par M. le Professeur Delbet (1).
Si l’extirpation expose à la gangrène, comme d’autres méthodes, bien que dans une proportion bien plus faible (8 0/0), on peut, pour M. le Professeur Delbet, prévoir ces chances de gangrène par l'étude de la circulation - sous-jacente, et par les caractères de l’anévrysme :
S1 au-dessous de l’anévrysme les battements sont nor-
(1) P. DELBET. Bull. et Mém. Soc. Chx., 14 février 1925.
Malade de 65 ans, entrée le 26 nov. pour volumineux anévrysme fémoro-poplité. Tumeur énorme, irrégulière, battant avec impétuosité. En bas elle ne descend pas sur la jambe, en haut elle se prolonge jusqu’au canal de l’adducteur. Souffle très net.
Exploration au Pachon : du côté malade, aucune oscillation : de l’autre, Tmx. 22 ; Tmn. 7.
Réaction de Wassermann, négative. Opération le lendemain, très laborieuse.
Veine très adhérente. Après l'avoir disséquée laborieusement sur une partie de son étendue, on est obligé de la sectionner.
ÿ G » ? , à EUX uérison sans autre trouble qu’une petite escharre talonnière. <