‹ Etude CritiqueChapitre 3 sur 15 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Amputer de parti pris la cuisse d’un malade atteint d’anévrysme poplité non compliqué de gangrène massive du pied et de la jambe semble, à priori, une intervention inexcusable de la part d’ün chirurgien ayant conservé une parcelle d’instruction et de bon sens.

Quand on parcourt, en effet, dans les ouvrages classiques où les monographies ayant trait aux anévrysmes poplités, le chapitre des méthodes de traitement applicables dans ces cas, on voit que l’amputation de cuisse est conseillée uniquement quand on a la main forcée par une gangrène massive du membre, que cette gangrène soit survenue spontanément ou secondairement à un traitement antérieur, non sanglant ou opératoire.

Et cependant, dans l’observation qui sert de base à notre thèse inaugurale, notre Maître, M. le D' Huguier, chirurgien de l'Hôpital Saint-Joseph, se trouvant en présence d’un anévrysme poplité non compliqué de gangrène, n hésita pas, dès son premier examen, à affirmer que dans ce cas particulier, l’amputation de cuisse était la seule intervention à conseiller.

Mais, comme sa responsabilité était grande, en proposant une intervention aussi mutilante et aussi peu classique,

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comme il s’agissait d’un de ses proches, comme il craignait de ne pas obtenir facilement l'acceptation du malade, notre Maître, d'accord avec le médecin traitant, demanda en consultation M. le D' Baumgartner, chirurgien de la Charité, et M. le D' Lian, médecin des H6pitaux, professeur agrégé à la Faculté.

De même que le D' Huguier, les deux consultants furent d'accord pour affirmer que l’amputation de cuisse était, sur le malade en question, l opération logique, la moins grave, la plus sûre, la seule qui permettrait avec le

maximum de sécurité, en sacrifiant le membre, de sauver la vie du malade. :

IT semble donc, qu’à côté des méthodes conservatrices de traitement applicables à la presque totalité des anévrysmes poplités non compliqués de gangrène, on doive, dans certains cas rares et très spéciaux, réserver dans les | indications opératoires une toute petite place à l’ amputation de cuisse d'emblée.

Dans notre travail, après avoir exposé dans tous ses détails l'observation du malade et l'examen anatomique de la pièce opératoire, nous reprendrons point par point les diverses particularités de cette observation en les comparant aux données classiques sur les anévrysmes poplités, et en examinant les causes qui ont conduit notre Maître à pratiquer d’emblée l’amputation de cuisse.

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