OBSERVATION
M. HENRI M..., 65 ans.
ANTÉCÉDENTS : Rougeole dans l’enfance.
En 1907, chute sur le moignon de l'épaule droite en descendant du métro, suivie de périarthrite scapulohumérale, avec limitation des mouvements et douleurs névralgiques violentes qui persistent pendant trois ans.
En 1911, sans plaie ni érosion locale apparente, panaris gangréneux horriblement douloureux de la pulpe du pouce droit ayant entraîné une nécrose partielle de la phalangette. [Intervention le 6 juillet par le docteur Huguier. Cicatrisation en six semaines.
Depuis plusieurs années, troubles dyspeptiques caractérisés surtout par des crises diarrhéiques survenant généralement la nuit vers 4 heures du matin. Amaigrissement très prononcé.
- Depuis cinq ou six ans, emphysème pulmonaire très marqué et bronchite chronique avec poussées de bronchite subaiguë fréquentes ; violentes crises de suffocation
obligeant le malade, lorsqu'il est au ht, à sè tenir en position démi-assise.
Malgré ces symptômes pulmonaires et malgré les conseils de son médecin, le malade a toujours été et est encore actuellement un grand fumeur de ae Il fume même la nuit. |
M. M... nie toute syphilis. Îl a eu trois a l'un est mort, quelques semaines après sa naissance, d'’infection ombilicale : un deuxième est mort, à 19 ans, de néphrite avec urémie ; le troisième est actuellement père de trois enfants normaux.
Réaction de Wassermann négative. Î[l existe cependant, sur le dos de la langue, une petite zone dépepilée qui pourrait peut-être être considérée comme suspecte à
ce point de vue.
HISTOIRE ACTUELLE. — N'avait jamais présenté aucun trouble fonctionnel des membres inférieurs, lorsqu'en août 1923, alors qu'il était en villégiature à Saint-
Honoré, deux jours après son arrivée, il ressentit brus-
quement, sans Cause apparente, une douleur dans la
jambe gauche suivie d’engourdissement et d’impossibilité
de mouvoir le pied; en même temps apparaissaient du :
refroidissement et de la pâleur des téguments qui persistent pendant trois jours.
Le médecin de Saint-Honoré, effrayé de ces acaidénts circulatoires, conseilla au malade de renfrer immédiatement à Paris. Il fit le trajet, couché, en automobile.
raie
La coloration de la peau se rétablit progressivement, sans lésions cutanées, mais l'impotence fonctionnelle resta complète,
Vers le 7° ou 8° jour, apparition de douleurs violentes, à intensité croissante, siégeant au niveau du dos du pied et à la face postérieure de la jambe, nc laissant aucun calme, ni jour, ni nuit ; elles nécessitent bientôt l'emploi répété d’injections de morphine et succédanées à hautes doses.
Le médecin du malade et le D’ Lian, qui ont vu M. M... à plusieurs reprises après son retour, conclurent à des phénomènes d’artérite avec douleurs sympathiques.
Le 10 septembre, le malade est vu par le D° Huguier, de passage à Paris.
En examinant le malade, notre Maître trouva des battements normaux dans les deux fémorales, dans la . tibiale postérieure et la pédieuse droites : par contre, aucun battement dans ces mêmes artères au cou de pied et au pied gauche.
Portant la main dans le creux poplité gauche, 1l sentit une tumeur pulsatile qu'il examina plus complètement en faisant coucher le patient sur le vente. Cette position que le malade ne put supporter que quelques minutes car elle déterminait une gêne considérable de la respiration, permit de faire les constatations suivantes :
Présence dans le creux poplité de deux tumeurs :
a) L'une, occupant la partie supérieure du creux
poplité, qui était comblé et même légèrement saillant,