PONT
Jo Jsoler le muscle. — Pourquoi cherche-t-on à isoler un muscle ? C'est certainement pour le voir arriver rapidement à la fatigue, mais malgré tout on admet que si le musele travaille de telle façon, l'un quelconque des groupes musculaires de l'individu, et l'individu lui-même, doivent travailler comme le musele isolé. C’est peut-être là une proposition exacte mais dont on n'a ni preuves ni démonstration. Cela admis on voit que l’on a intérêt à agir sur un musele plutôt que sur un groupe, que d'autre part nous choisirons parmi ces muscles commodes celui qui aura la section la plus faible pour ne pas retentir sur la cireulation et sur la respiration afin de ne pas ajouter à la complexité les faits.
Le musele ehoisi par Mosso est la portion du fiéchisseur des doigts qui se rend au médius. On voit que si un tel musele gène moins le sujet en expérience, que tel autre, le fléchisseur du pouce par exemple, cela ne veut pas dire que le fléchisseur seul du médius produise le travail. En effet Labaëye dans sa thèse a groupé les museles qui travaillent avec le fléchisseur du médius en un tableau complet et nous à montré par ses tracés, que lorsque le muscle en expérience est fatigué on peut encore continuer le travail par un phénomène de suppléance des autres muscles. Done au sens propre du mot, on ne peut pas isoler un musele, mais cela nous importe peu si nous supposons que le groupe qui travaille, produit un travail semblable à celui du fléchisseur; il ne nous reste plus qu'à savoir si un tel groupe est commode pour l'individu en expérience, si le travail du groupe ne retentit pas sur la circulation et sur la respiration. L'expérience nous prouve que le choix du médius est heureux. Done nous admettrons que la première proposition de Mosso est vraie, à peu de chose près.
He Inscrire le travail musculaire. — Cela n'est point avec l'appareil de Mosso, car le travail musculaire, dans le cas considéré, n'est pas aussi simple que l’on pourrait le croire,
Nous aurons l’occasion de revenir sur ce point. Nous nous bornons à dire que le produit (somme de / X P) expression du travail mécanique que le doigt a fait faire au poids et que Mosso a appelé travail du doigt, n'est que l'équivalent mécanique du travail positif du groupe musculaire en expérience.
Ergographe de Mosso.
L'instrument est volumineux et doit être fixé solidement avec des vis et des clous à une table massive. On peut lui décrire : a) un support, b] un appareil enregistreur.
a) Le support est une plaque de fonte garnie de coussinets, sur laquelle on fixe la main et l'avant-bras d'une façon incomplète, cette plaque est légèrement inclinée sur le plan horizontal, de façon à maintenir la main en demi-suppination, position qui parait être la plus commode pour le travail.
L'index et l'annulaire sont introduits chacun dans un cylindre fermé à une extrémité, de sorte qu'ils ne peuvent ni avancer ni se déplacer latéralement. Le poignet et l’avantbras sont fixés par deux manchettes d'acier. On voit que dans cette position le pouce, le médius et l'auriculaire sont libres, la main et l'avant-bras sont fixés au milieu par les manchettes et à une extrémité par les doigtiers. Il s'en suit que le bras n'étant fixé que par deux points, en avant et au milieu, peut se permettre au moins un déplacement, il peut se retirer en arrière. Il fallait donc fixer l’avant-bras en un troisième point, pour être sûr d'immobiliser le muscle en expérience et empècher les muscles du bras ou de l'épaule de suppléer les fléchisseurs lorsque la fatigue s'emparerait de ceux-ci.
Pour remédier à ces inconvénients et préciser les conditions de l'expérience, notre maitre, le Professeur Pachon a l'habitude d'ajouter au support de Mosso une planche qui
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glisse sur le plan incliné, faisant avee ce dernier un dièdre droit et pouvant être fixé sur un point quelconque de son parcours. On met le coude en contact avec ce dernier plan, puis le sujet en expérience est mis dans la position de Pachon, le corps incliné en avant, le bras nettement féchi sur Favant-bras. D'une part on réduit ainsi au minimum toute action propre des fléchisseurs brachiaux; en outre, si au lieu de porter le corps en avant on se mettait dans une position indifférente, station normale dans la position assise, ou bien le corps rejeté en arrière, il arriverait que le coude ne serait plus appuyé sur le plan vertical, mais se trouverait en avant du plan de Pachon. Dès lors le bras seul toucherait le plan vertical, ses mouvements seraient gènés, mais non abolis, il s'en suivrait une participation des muscles du bras dans le mouvement. Quant à l'avantbras il pourrait faire encore des mouvements en arrière, et cela jusqu'à ce que le coude vienne en eontact avee le plan vertical.
Done au support de Mosso nous ajoutons, pour rendre correcte l'expérience, le plan et la position de Pachon.
b) Appareil enregistreur. — C'est un curseur qui se déplace sur deux tringles de fer, ce curseur porte sur chacune de ses faces antérieure et postérieure’ un crochet. Au crochet antérieur on attache le bout libre d'un fil assez long qui passe sur une poulie et qui porte un poids. Au crochet postérieur on attache un fil qui porte à son extrémité un anneau en Quir dans lequel on engagera le médius. L'une des faces latérales du curseur porte un style inscripteur qui tracera toutes les deux secondes sur un cylindre enregistreur qui tourne lentement des lignes parallèles. (On monte un mélronome battant la seconde et l'on invite le sujet à faire une traction foules les deux secondes). Chaque ligne à la même longueur que le chemin parcouru par le curseur au temps considéré, et nous aurons autant de lignes que le curseur se sera déplacé de fois. On trouve également
EXPÉRIENCE ERGOGRAPHIQUE : Postlion de Pachon.
Le bras du sujel est fléchi el le coude appuie contre un plan résislant vertical.
Pi —
sur le côté de l'appareil un ruban métrique qui s'enroule sur deux poulies qui tournent pendant que le chariot se déplace et qui donne (somme de /).
On s'attachera pendant l'expérience à tirer toutes les deux secondes dans l'axe du chariot, de la sorte on travaille suivant un rythme connu et l'on réduit le plus possible les frottements qui conduiraient aussi sûrement à la fatigue que le travail lui-même.
Travail musculaire et fatigue.
Nous développerons ici quelques considérations bien mises en évidence au cours de son enseignement par M. le professeur Pachon.
Malgré les objections qui tendent à nier l'égalité entre la longueur dont s'est déplacé le curseur sur l'horizontale et le chemin parcouru par le doigt sur la cireonférence, nous ne retiendrons qu'une chose c'est que le travail moteur ou travail du doigt est égal au travail résistant ou travail de chariot: mais tandis que le chariot n'inserit que Île travail positif, le doigt chaque fois qu'il part de sa position d'origine pour v revenir après avoir parcouru un are de cercle, produit un travail positif dans l'aller et un travail négatif et statique au retour. En effet si le doigt revient à sa position initiale en laissant le poids tomber en chute libre, il produit un travail négatif; mais si au lieu de la chute libre, le doigt retient Ie poids pour l'empêcher de tomber trop vite contrariant dans une certaine mesure l'action de la pesanteur, il ajoute au travail négatif diiférent de celui en chute libre un certain travail statique.
On voit done que pendant l'expérience ergographique le musele peut produire du travail physiologique sous deux formes ou sous ses trois formes, et malgré tout Fappareil n'enregistre que ce qui revient au travail positif. Done Mosso qui faisait un ergographe à poids pour pouvoirapprécierle trac