CHAPITRE II
Courbes.
Sil est vrai que le style c'est l'homme, en admettant que la parole et l'écriture servent à tout autre usage qu'àdéguiser la pensée, la courbe ergographique quoique n'étant pas la représentation du {ravail musculaire, mais celle du travail positif, n'en est pas moins un miroir dans lequel on peut apercevoir l'individu qui a tracé la courbe sans pour cela prétendre qu'on le voit réellement. On peut en effet tourner le dos à une personne et la voir dans une glace.
La courbe ergographique plus où moins capricieuse dans sa limite supérieure, est arrètée en bas par l'axe des abcisses sur lequel s'inscrit le temps et sur un côté, par l'axe des ordonnées sur lequel les chemins parcourus par le chariot viendront s'inscrire.
Cette courbe présente une fixité bien extraordinaire pour un mème individu, sa forme est foujours la même, c'est pourquoi nous disons que si elle n'est pas lindividu luimème, elle est son image où son ombre. Ainsi nous avons vu les courbes de plusieurs de nos camarades (racées Les unes avant la guerre, les autres après, malgré qu'entre ces deux séries de courbes se soient placé des blessures graves, nous avons loujours observé des courbes semblables pour un même individu. Même un sujet fatigué mais non épuisé donne une seconde courbe semblable à la première, c'est ce que prouvent les expériences de Mlle Toteyko. Faisant faire à un individu des ergogrammes en série se succédant
Eh =
suivant un mème intervalle de temps suffisant pour pouvoir reprendre le travail sans jamais supprimer la fatigue, Mademoiselle loteyko nous dit : « J'ai obtenu pour un mème individu, des courbes ayant toujours la même forme, c'est-à-dire semblables entre elles, et pour ce qui est des individus je les ai groupés en deux classes, les uns appartiennent au type inhibitoire, les autres au type dynamogène; mais quels qu'ils soient, j'ai remarqué la constance pour chaque courbe du quotient de fatigue. » Ce quotient est — dans lequel H représente la somme des longueurs inscrites el N le nombre des tractions. Ce quotient de fatigue, dit Mlle Ioteyko, ne se confond pas avec la fatigue.
La courbe par sa forme caractérise l'individu, mais la forme en restant la mème est accompagnée de variation des abcisses et des ordonnées, ces variations caractérisent la fatigue individuelle.
Done constante individuelle, notion de travail et de fatigue, voilà ce qui se dégage des courbes ergographiques de Mosso.
Pour ee qui est de la constante individuelle, nous renvoyons aux travaux de Mosso, de J: loteyko et de Labaëvye. I nous reste done à dégager les notions de travail et de
fatigue.
Travail. — Soit une courbe quelconque, obtenue après le temps { pendant lequel on à fail x tractions. Considérons l'ordonnée initiale et l'ordonnée finale. Si le mobile avait parcouru lordonnée initiale pendant le temps £ où il s'est produit x traclions, en désignant par / lordonnée, le chemin parcouru serait 2/, ce serait un même nombre que celui qui exprimerait la surface d'un rectangle qui aurait pour côté / el pour autre côté une longeur égale à ». On voit qu'un lel chemin est supérieur à celui que parcourt le chariot, de même que le chemin #7 (7 étant l'ordonnée linale) est supérieur au chemin parcouru par le curseur. Il