CHAPITRE III
Classification psychologique.
Nous ne nous eétendrons pas longuement sur la classification psychologique. En effet, emprunter une classification de la folie à la psychologie est contraire à tous les principes de saine observation médicale, Car c’est laisser de côté iout l’élément somatique et transporter la médecine dans le domaine de Ja philosophie pure. On en arrive, en partant de ce principe, à prétendre, comme l’a fait Heinroth, que la folie a sa source dans labsence de moralité, que son caractère essentiel est la perte de la liberte, et son meilleur préservatif, l’attachement aux vérités de la religion chrètienne. Telle est, en effet, la théorie de l’Ecole psychologique allemande, fondée par Langermann et Ideler, et dont le plus célèbre représentant fut ÆHeinroth (1773-1843). Ce dernier à essayé de baser sa classification sur une théorie des causes psychiques. Il admit que l’homme était susceptible d'autant de formes de folie qu’il y
AA avait de facultés différentes et il divisa les vesanies en :
1° Lésions de l'intelligence (délires partiels) ;
2 Lésions de la volonté (manie) ;
3° Lésions du sentiment ou des sentiments affectifs (mélancolie). ;
On remarquera combien cette classification est incomplète. Elle n’envisage d’abord que les affections mentales survenant chez un individu à cerveau normalement développe. Elle ne comprend pas la demence, qui est l’aboutissant de tous ces états. De même pour l’idiotie. En un mot, elle laisse de côté toutes les folies organiques. Il ne pouvait, du reste, en être autrement, étant donné son point de départ.
Heinroth a eu quelques disciples.
M. Delasiauve pose également en principe que l'élément organique ne peut servir de base à une nomenclature des maladies mentales. Pour trouver ce principe, il se livre à une analyse des phénomènes de l’activité psycho-cérébrale.
Nous raisonnons : nous avons des sentiments qui sont représentés par des idées. Ainsi trois éléments : d’une part, la faculté rationnelle ou syllogistique, qui comprend l’attention, la mémoire, le jugement, la volonté ; et, d’autre part, les sentiments et les idées qui sont les matériaux du travail psycho-cérébral. L'idée, une fois formée, est indépendante; elle a Son action propre, ses qualités bonnes ou mauvaises,
SR Pr ra EE De là deux ordres généraux d’aliénation :
L'un, caractérisé par le trouble de la faculté rationnelle, l’autre par la domination maladive d’une idée ou d’un sentiment. Dans le premier cas on aura l’aliénation générale; dans le second, l’aliénation partielle. |
Aliénation générale.
| Excitation maniaque,
DORNTATN EN AS ere PET A TE Maric.
| Manie incohérente. Sponlanée.
\ Vésanique.
Symptomatique.
Sénile.
Ordinaire, Epileptique, hystérique.
Re.
Te TON DIT CE AREAS : Deliritun tremens.
Délire salurnin.
Délire par les stupéfiants, Aliénatior partielle.
re re \ Jlusions.
ter Délire perceplils ns.
| Hallucinations.
20 Délire moral et affectif.
30 Délire instinctif.
4 Démence partielie.
5° Idiotie.
Il serait fastidieux de faire ici la critique de cette
LE AS rues classification. Partant du même principe qu'Heinroth, M. Delasiauve se heurte aux mêmes obstacles.
Une science comme la médecine mentale ne peut reposer sur une théorie philosophique. Telle est la raison qui rend cette classification inacceptable.