‹ Étude Critique sur la Classification des Maladies MentalesChapitre 2 sur 14 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Tout à fait à l’origine des sociètés, la folie a toujours été considérée comme venant des dieux, et son traitement était confié aux mains des prêtres. Dans la Grèce antique, on donnait aux aliénèés les noms de démoniaques, possédés des dieux, énerguimènes. duuovokaror, OeokrnTa, evepyouuevo. Mais on n’avait alors aucune idée sur les différentes formes, sous lesquelles peut se présenter l’allénation mentale.

Il faut arriver à la période hippocratique pour trouver le premier essai de classification des maladies mentales.

HiPPOCRATE distingue :

1° La foie aisué ou phrenitis; 2 La manie;

3° La mélancolie.

D signale egalement {a folie de la grossesse, la folie alcoolique, et, dans le domaine des névroses, l’hystérie et l’épulepsie. |

Il faut ensuite arriver à la période gréco-romaine

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pour trouver des documents se rapportant à l’alienation mentale.

ASCLEPIADE DE BYTHINIE (80 ans avant Jésus- Christ), divise la folie en aliénation aiguë, avec fièvre et phrenitis, et en aliénalion chronique, sans fievre, ou manie et mélancolie.

CeLse (5 ans après Jésus-Christ), substitue le mot insania au terme alienatio mentalis et établit la classification suivante :

1° La phrénèsie (insania actua) ;

2° La mélancolie qu’il attribue à l’atrabile:

3° Le délire hallucinatoire gai ou triste, sans délire;

4° Le délire général et partiel.

CŒLIUS AURELIANUS (150 ans environ après Jèsus- Christ), distingue :

1° Le délire aigu ou phrénésie ;

2° L’aliénation mentale proprement dite;

3° Les folies sympathiques.

GALIEN (150 ans après Jésus-Christ), établit une division entre la folie idiopathique et la folie sympathique ou par consensus.

Pendant toute la durée du moyen âge, l'étude de la folie est absolument sacrifiée. On n’en trouve pas de traces dans les ouvrages des médecins de cette époque.

Les auteurs de la Renaissance n'y attachent également qu'une importance médiocre,

GTS 2e Il faut arriver au dix-huitième siècle pour retrouver des traites s’occupant de cette question.

Nous citerons, comme exemple de classification de cette époque, la classification adoptée par Sauvages. Dans son ouvrage, il divise les maladies nerveuses en huit classes. La dernière comprend les Vésanies, qui comprennent à leur tour : j

l° Les hallucinations (vertige, berlue, diplopie, tintouin, hypocondrie, somnambulisme) ;

2° Les morosilés, desirs ou affections dépravees (pica, boulimie, polydipsie, antipathie, nostalgie, terreur panique, satyriasis, fureur utérine, rage);

3° Les délires ((transports, démence, mélancolie,

manie, démonomanie);

4° Les folies anormales (oubli, insomnie).

CULLEN, qui sert de transition entre l’époque de la Renaissance et l’époque moderne, admet ;

1° La manie;

20 La mélancolie ;

3° Le délire partiel.

On voit qu'avec Cullen, la classification des maladies mentales se precise.

Nous arrivons enfin à Pinel, le restaurateur et le réformateur de la pathologie mentale.

Jusqu'à cette époque, les formes et les symptômes avaient êté le principe des distinctions.

Pinel ne se sépara pas de ses devanciers, mais il établit une classification plus étendue et plus précise.

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