‹ Étude critique sur la valeur de la séro-réaction de WrightChapitre 9 sur 10 · PA EU EU RE · texte numérisé non relu

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tination. Dans ses multiples expériences, Craig s'est

servi de dilutions au 1/75, mais il est à remarquer qu'il obtient des résultats positifs avec des dilutions au

= Nicore (de Tunis) cultive le melitensis à l’étuve et

sur gélose à 36°. Au bout de 3 à 4 jours, la culture

retirée, mise à basse température pendant une quinzaine de jours, devenait alors utilisable.

Le mode d'emploi est fort simple. Il mélange dans le tube de gélose quelques centimètres cubes de bouillon ou de sérum physiologique et il agite. L'émulsion se produit naturellement. Il évite la formation d’amas en centrifugeant lémulsion pendant dix minutes.

Afin de pouvoir apprécier à l'œil nu le résultat, il faut centrifuger le sérum Jusqu'à éclarrcissement complet. |

On ajoutera alors dans le sérum absolument clair

« les. proportions de’ Î pôur 1, Î pour 5, 1 pour 10, 1 pour 20, 1 pour 50, 1 pour 100. On peut examiner après 16 à 20 heures de repos.

Si le résultat est positif, une poussière fine s’est

déposée au fond du tube et le liquide est resté très clair.

Le procédé de Gillot, connu sous le nom de double séro-réaction, est fort simple et identique aux deux séroréaction de Wright et de Widal.

LRO

Technique du laboratoire. — Le principe de Ja méthode que nous avons vu employer par nos Maîtres est le même que celui de la technique de Wright. Les divers temps de l'opération sont identiques aussi, mais de nombreuses modifications y ont été apportées et en ont fait une méthode de choix. 5

Le premier lemps est la prise du sang chez le sujet à examiner. On le prélève soit par une piqûre à la pulpe d’un doigt, soit par ponction de la veine médiane, céphalique ou. basilique, dans des tubes stérilisés. Malgré l'opinion de Widal et Sicard, cette précaution n’est pas inutile. On extrait le sérum, on le clarifie par centrifugation et filtration de façon à avoir un sérum d’une clarté absolue.

Le deuxième temps consiste à préparer la dilution du sérum au dixième avec de l’eau distiliée et non avec une solution saline; chauffer cette dilution de sérum à 56° de façon à détruire les agglutinines non spécifiques.

Le {roisième lemps est le plus complexe : préparation

de la culture, émulsion de cette culture et mélange au taux voulu de la culture et de l’émulsion.

La culture doit être jeune de 3 à 5 jours, sur agar et non en bouillon peptonisé. Le microcoque ayant servi à à la donner doit avoir été extrait récemment de l’organisme humain, où rajeuni par passages successifs chez l'animal.

On émulsionne dans un tube cette culture avec quelques æentimètres cubes d’eau distillée. L'émulsion est prête quand elle présente le même trouble qu'une culture en bouillon de bacilles d'Eberth de 12 à 15 heures.

On prend alors de cette émulsion avec une pipette capillaire et on verse goutte à goutte dans des tubes contenant Ta même quantité de sérum dilué au dixième.

La © rio

7 gouttes donnent le taux au 80° 9 = — 100° 14 — — 10°

On agite violemment et on laisse au repos pendant 24 heures. Au bout de ce temps on peut vérifier à l'œil nu le résultat : la réaction est positive si une fine poussière s’est déposée au fond du tube tandis que le liquide s’est clarifié ; négative, au contraire, si aucun changement n’est survenu dans l'aspect trouble du liquide.

Comme moyen de contrôle, on doit vérifier le pouvoir agglutinatif du même sérum avec plusieurs cultures.

B. — Critique de ces procédés

Si dans beaucoup de travaux récents la valeur de la séro-réaction a été battue en brèche, c'est qu'on ne s'était pas suffisamment préoccupé pour y remédier des

inconvénients des méthodes précédentes.

A. — Fréquence des agglulinations non spécifiques.

Dès le début des discussions sur la valeur du sérodiagnostic cette objection a été le plus fréquemment observée. De très nombreuses recherches ont été effectuées dans ce sens et sont venues avec des résultats variables ; soit que des sérums de non micrococeiques sains où malades aient agglutiné le melitensis, soit que

des malades atteints de fièvre ondulante avérée aient donné un séro négatif, même à faible dilution. |

Dans notre premier chapitre nous avons donné une nomenclature dé ces auteurs et de leurs résultats ; nous G nous bornerons ici, pour éviter toute répélition, à ue . quer leurs errements. EE tout d’abord, puisque nous savons avec Neusser (de Vienne) que la séro-réaction à une action rétrospective, pourquoi ne dirions-nous pas ‘que tel sérum qui peut paraître normal aujourd’hui a été micrococcique dans un temps antérieur et doit par : conséquent agglutiner. L’explication est simple, logique et plein de Fe sens. La forme larvée de la fièvre de Malte est-elle si rare ? et d’ailleurs ne savons-nous pas que certains individus font leur maladie debout, sans cesser leurs occupations journalière, de telle sorte qu elle e passe inaperçue non seulement pour l'entourage mais pour le malade même. Et s’il en est ainsi pour le

sérum prétendu normal, il peut en être de même pour le sérum de malade. De plus nous avons pour ceux-ei une autre explication. 2e a Dans les cas d’agglutination, lorsqu'on a affaire à une infection bien déterminée autre que la mélitomicrococcie, n'estil pas possible d'interpréter le fait ct d'admettre qu'il ÿ ait association des deux maladies : Luberculose étfièvre de Malte, typhoïde et fièvre ondulante par exemple? Critien a employé cette. hypothèse pour ses tuberculeux : Lagriffoul, Arnal et Roger l'ont émise pour leur cas de typhoïde; et jusqu'iei = aucune expérience n'est venu détruire leur conception.

De plus, des travaux ultérieurs ont apporté des éclaircissements qui permettent de juger sainement. Deux. notions nous paraissent être capitales parmi les acquisi=

tions des dernières années. Rouslacroix a eu le mérite

d'attirer l'attention sur elles un des premiers.

a) Le mode de contrôle. — Tout le monde est d'accord pour refuser une valeur aux expériences de Nègre et Raynaud qui tablent sur l'examen microscopique pour rechercher lPagglutination. « Cette façon de procéder, dit Rouslacroix., excellente pour un bacille d'Eberth ou le vibrion diolenge, dont l’immobilisation puis la réunion en amas ne laisse sur le champ du microscope aucun doute à Fobservateur, devient défectueuse vis-àvis de l’émulsion d’un fin coccus qui présente une tendance manifeste à la formation de faux amas sous une influence dermiotactique des plus légères. » [Test vrai de dire que la plupart des auteurs qui se sont occupés des agglutinations non spécifiques n'avaient pas employé le contrôle microscopique; lobjection reste donc et cet argument de Rouslacroix n’a, en somme,. qu'une importance minime, une simple valeur de mise au point et de précision technique.”

b) Le taux de dilution des cultures. — C'est le point capital sur lequel on ne s'entend pas. Il est bien certain que, dans tout ce qu'ont écrit les auteurs, cette notion prédomine et influe constamment sur les résultats. A ce sujet, les opinions les plus contradictoires ont été émises. Mais l’article de Carrieu et d’Anglada donne d’importantes précisions. À l'heure actuelle, on ne se contente plus, comme on l’a fait, des réactions au 1/10 ou 1/15. Ce. n'est pas tant l’agglutination que le-taux auquel elle se produit qui est spécifique. Ce qui importe surtout, c’est de savoir s'il faut, comme l'ont demandé certains médecins, Rouslacroix, Nègre et

— 30 — A Raynaud, étendre les dilutions au 1/200-1/400. Anglada,

qui a expérimenté ce point de technique, trouve sur 156 : malades à 1/80, 57°/, de réactions positives ; à 1/150, : 12,82 ; à 1/700, 7,05. Donc l'élévation du titre des dilutions est un excellent moyen d'éviter la non-spécificité des agglutinations. Faut-il cependant arriver aux titres anormalement élevés que proposait Eyre, 1/500,000. Evidemment non, car on dépasserait de beaucoup le pouvoir agglutinant du microcoque. Gardon est arrivé jusqu'à 1/9000; Rouslacroix, snr 14 malades, varie de 1/100 à 1/200; Maugnat et Pégurier, 1/200 ; Danlos, Würtz, Tanon, 1/300; Rousseau, Langwelt, 1/100 ; Sicardet Lucas, 1/200 à 1/250; Agasse, Laffort et Weil, 1/100; Guillain et Troisier, 1/500; Courmont, Mézy et Mazel, 1/100; Weill et Ménard, 1/1200, 1/1700; Saissawa a cité fréquemmenm les titres de 1/2000 à 1/3000 : résultats disparates.

Ainsi se précisent les lignes délimitant ce point de technique et le problème se trouve renfermé dans ces deux faits : d’une part, avoir un titre assez élevé pour éviter les agglutinations non spécifiques, et, d'autre part, ne pas dépasser le pouvoir agglutinant du microbe. Carrieu et Anglada pensent qu'il faut: « exiger au minimum une agglutination de 1/200 et mieux encore supérièure ». Euzière et Roger ont pratiqué un assez grand nombre de réactions au 1/75 et ont été très satisfaits de leurs résultats : les séro-diagnostics obtenus étaient pleinement d'accord avec la clinique et ont été dans plusieurs cas confirmés par l’hémoculture. Il faut dire toutefois que, sur 21 malades non mélitococciques, 7 ont présenté l’agglutination positive au 1/75.

c) Un dernier point reste à préciser. — C'est la des-

Of truction, par le chauffage à 56° du sérum, d'une agolutinine non spécifique qui serait la cause de. agglutinations non spécifiques. Cette hypothèse d'une agglutinine banale émise par Nègre et Raynaud n’est pas absolument démontrée. Mais ce qui importe, c’est de savoir ce que l’on peut attendre de cette méthode du chauffage du sérum à 96°.

__ Des expériences, à cet effet, de Nègre et Raynaud sont quelque peu concluantes, car ces auteurs ont vu disparaître par chauffage le pouvoir agglutinant d'un sérum non mélitococcique. Saissawa a repris avec succès ces expériences. Anglada a aussi obtenu d’excellents résultats par ce procédé. Et Carrieu et Anglada concluent ainsi leur étude sur ce point: « Dans l’ensemble des cas, le procédé Nègre et Raynaud a donné une très forte valeur diagnostique. » ;

Ainsi donc cette objection considérable des agglutinations non spécifiques n’a pas toute la valeur qu'on a essayé de lui attribuer. Il n’est pas moins vrai: qu’elle reste et que sa possibilité laisse planer un soupçon sur la valeur de la réaction de Wright. Toutefois il est bon de savoir que l’application d’une technique rigoureusement réglée peut en réduire considérablement la portée.

Dre DInerste des résultats suivant les races de microcoecus melilensis.

Avec cette notion nous entrerons dans un chapitre qui n’estpas encore classique. Soulié, en 1911, émit cette hypothèse dans le Bulletin médical de Aer « La

ee

diversité des résultats obtenus par Nègre et Raynaud ne

peuvent être St que par la différence de race de

ATP TT

micrococel. » M. le professeur Euzière à son tour et.

sans avoir connaissance de l'étude de Soulié a dirigé ses travaux de ce côté-là. Il isola par hémoculture deux

micrococei et il obtint des résultats tout à fait en … désaccord avec la clinique. 2F réactions furent tentées.

suivant la même technique, 7 furent positives chez des malades ne pouvant être suspectés de fièvre de Malte :

c'était une endocardite infectieuse, une cirrhose hypertrophique, trois dothiénentéries ; le diagnostic estencore À

hésitant au sujet des deux TT

Le point de départ de cette hypothèse est dans lobes servation d'expériences. Or, pour qui a pratiqué un assez grand nombre de réactions de Wright, il est évident que chez des malades nettement mélitococciques, on obtient, suivant les cultures employées, des résultats différents.

Dans un service hospitalier, suivant les époques, les. résultats varient avec les cultures, fait contrôlé par tous

les observateurs. De Ià à admettre des races microbiennes différentes il n’y avait qu'un pas. Au surplus, Fhypothèse se soutenait bactériologiquement par les analogies nombreuses que les travaux contemporains ont décelées : à côté du méningocoque on trouvait plusieurs races voisines que seules des réactions délicates arrivent à différencier. Il en est de même pour le bacille d'Eberth. L'agglutination varie suivant les échantillons de bacilles.

À celte cause d'erreur, on peut encore remédier. Carrieu et Anglada ont proposé en effet de rechercher le pouvoir agglutinant sur plusieurs échantillons (6 en moyenne). Cette expérience est basée sur le principe suivant: le sérum d'individus non mélitococciques agglutine les diverses races de culture de melitensis dans des

proportions très variables tandis que le sérum d’un malade atteint de fièvre de Malte agglutine les diverses. races dans les proportions sensiblement les mêmes ee

les variations dans les échantillons sont d'autant plus

faibles que l’individu- présente une infection mélitococcique plus nette.

Exemple. — Pour un sérum non mélitococcique, les agglutinations, selon les cultures, varieront d’une proportion de 1/10 à 1/200. Tandis que pour un sérum spécifique les 6 échantillons seront parallèlement agglutinés dans la proportion de 1/500.

Les auteurs de cette méthode ont obtenu dans une série de cas des agglutinations élevées avec le sérum de quatre mélitococciques. Mais ces mêmes cultures ne présentaient pas au 1/80 les différentes agglutinations sensibles avec des sérums normaux.

Dans une seconde série d'expériences ils ont obtenu avec des sérums spécifiques même titre d’agglutination, tandis que sous l’inflüence de sérums normaux l’agglutination s’est faite dans des proportions très variables.

D’après leurs recherches on peut done conclure que

siun même sérum donne des taux agglutinatifs peu

élevés et inégaux pour un certain nombre de cultures, il n’est pas mélitococcique ; au contraire, un sérum sera spécifique lorsqu'il donnera pour plusieurs échantillons des agglutinations élevées et parallèles.

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