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aussi bien dans la Confession que dans l’Æpftre à Coroticus. Une douzaine environ sontempruntées textuellement à PItala; cinq ou six concordent en même temps avec l'Itala et la Vulgate ; quatre tout au plus (Matth., XII, 56 ; Matth., X, 20: Matth., vin, 11; Rom., VIN, 26) sont identiques au texte de la Vulgate. N'est-ce pas là un témoignage qui indique une époque de transition? Patrick écrit à la fin de sa carrière, c’est-à-dire dans la seconde moitié du Ve siècle; déjà sont venus se joindre à lui de nouveaux compagnons d’œuvre de Gaule ou d'Italie ; n’est-il pas naturel que la nouvelle version de Jérôme ait pénétré jusqu'à Patrick par leur intermédiaire ?
Une preuve à l’appui de authenticité de la Confession, que l’on ne saurait passer sous silence, se trouve dans le fait que les documents les plus anciens sur l’apôtre de FlIrlande ont tous connu et cité cet écrit; faisons remarquer cependant qu'ils en parlent sous des noms différents. Voir par exemple :
Vita Muirchu,ch.1(Anal. Boll., Tome 1 p. 549):cué ipse aits.
Collect. Tirechani, ch. 1 (Anal. Boll., T. un, p. 86): «ué ipse dixit in commemoratione laborum ».
Vita 11 $$ 11, 13, etc: « 2% libris Eprscopis » (sic).
Vita 111, $ 11, etc: « der epistolarum suarum ».
Vita iv $ 1,: «der epistolarum) ; $ 16 : «in Hibroquem de Vita et conversatione sua ipse composuit ».
Vita v, livre 1, $ 18; livre 11, $ 29, etc.
Vita VI,.passim.
Vita Nix, livre 1,$ 5: « Zber epistolarum »: etc. etc.
Il résulte de ces nombreux témoignages que la Confession était connue dès le vie siècle sous sa forme actuelle. L'opinion qui veut y voir un écrit remanié est contredite par l'exactitude des citations de la Wrfzu et 111, par exemple, et par l’unité de style qui y règne d’un bout à l’autre.
11. L'Epitre à Coroticus. — Bien que d’une manière générale, le style de cette épitre soit vraisemblablement le même que celui de la Confession, nous y remarquons cependant plus de recherche ; les tournures de phrases ne sont pas meilleures,
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et il y manque cette sorte de laisser-aller qui donne un certain charme à l'ouvrage plus personnel de Patrick. Il y a, d’ailleurs, de légères différences en ce qui concerne quelques données historiques: Dans la Confession, par exemple, Calphurnius, père de Patrick, est diacre; dans l'Epitre, il est décurion romain céngenuus sum secundum carnem, nam decurione patre nascor; vendidi autem nobilitatem meam, non erubesco neque pœnitet, pro utilitate aliorum».
Cette lettre est écrite, selon la parole même de l’auteur, pour encourager et fortifier les soldats chrétiens persécutés par Corotic, petit roi de Bretagne. Les différents biographes de Patrick mentionnent cette Epître et racontent une légende curieuse à ce propos. En voici le récit d'après la Vréa Muirchu (1) (1 I, $ 28): « Gorictic persécutait cruellement les chrétiens, Patrick essaya par le moyen d’une lettre de le ramener aux sentiers de la vérité, mais il se moqua de ses conseils. On l’annonça à l’Apôtre qui pria le Seigneur et dit: O Dieu, s’il peut se faire, que ce perfide soit exclu du siècle présent et du siècle à venir! Peu de temps après, le roi entendit s'élever près de son trône un chant mélodieux ; ses courtisans, frappés d’étonnement, écoutaient cette voix, quand, soudain, Corotic fut changé sous leurs yeux en renard. Depuis ce jour, il ne parut plus parmi les siens. »
Plusieurs questions sont soulevées par l'étude critique de cette épitre:
1° Quel était ce roi? est-ce un personnage historique? —
Schælll'identifie avec leroi de Cambrie, Caratauc, qui vivait à la fin du vue siècle ; c’est assez dire qu'il n’admet pas l’authenticité de cet écrit (2). Shearman (Zoca Patriciana, p. 450, note 1) y voit un des fils de Cunedda Wledig, roi du pays de Galles, vivant dans le courant du v° siècle, et dont la forteresse se nomsait Caër-Carradawg. — Ce qu'on peut dire de
(4) Voir encore Vita m1, $ 72. — Vita v, L 1m, $S27. — Vita VI, $ 150, etc.
(2) Sur ce point encore, il a changé d'opinion dans son dernier article, sans indiquer pourquoi il renonce à son hypothèse primitive (R, E., p.296).
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certain, c’est que Corotic était un de ces petits rois tyrans de la Grande-Bretagne qui luttèrent longtemps contre l'influence chrétienne, et qu’il avait à sa solde des compatriotes de Patrick en butte à ses persécutions ;
20 Y avait-il des communautés chrétiennes dans Ja
Grande-Bretagne à cette époque? — On peut répondre hardiment par laffirmative. Déjà Bède mentionne le martyre de saint Alban à Vérulam en 180 (1). — En 314,
d’après Eusèbe lui-même, trois évêques bretons assistaient au concile d'Arles (2). Enfin, au v° siècle, saint Germain d'Auxerre et saint Loup de Troye furent envoyés dans ce pays pour y combattre les progrès de l’hérésie pélagienne. D'ailleurs, nous savons par saint Patrick que sa propre famille avait embrassé depuis longtemps le christianisme. I} n’y a donc rien d'étonnant à ce qu'il y ait eu de son vivant des prosélytes chrétiens dans sa patrie.
ur. Les Dicéa Patricii. — On désigne sous ce nom quelques phrases qui sont citées dans le Livre d’Armagh à la suite de la Vita Muirchu (voir p. 44).
La meilleure raison que l’on puisse alléguer en faveur de leur authenticité, c'est qu'on ne Comprend pas dans quel intérèt un faussaire aurait attribué à l’apôtre ces quelques lignes écrites dans un latin incorrect, et peu instructives au point de vue historique. Cependant quelques azteurs ont cru devoir les rejeter à cause de la mention qui y est faite du voyage de Patrick en Gaule et en Italie.
Tirechan parait avoir connu ce fragment dans son ch. 1. Voici la conclusion de M. Loofs, qui examine en détail cette question : « Summa igitur est quod Patricium unquum in Italia fuisse et antiquam cum Romanis consuetudinem habuisse mihi persuast, ideoque censeo jure attribui Patricio quæ in libro Ar-
(1) Bède, Histor. eccles. gentis Anglorum, 1, $ 7. — Fortunatus dit (In laude Virginum) : Albanum egreqium fecunda Britannia profert.
(2) Eusèbe, 1. v, $ 23. — C'étaient Eborius d’York, Restitutus de Londres et Adelphinus de Richborough.
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machano extant Dicta Patricii, licet concedam me nescire an nonnulla in tis aposterioribus ad jecla sunt ».
$ 6. — Nous sommes arrivé à la fin de cette étude des documents relatifs à saint Patrick. Résumons en quelques lignes nos conclusions.
Au point de vue de leur importance, nous les classerons dans les trois catégories suivantes :