CHAPITRE II
Ce sont les procédés de choix que nous nous proposons d'étudier dans ce chapitre. Longtemps ces procédés ont résisté à la critique, et à l'heure actuelle, ils se disputent la faveur
des praticiens.
les à la clinique de Montpellier, à mettre en lumière les avan-
Nous chercherons d’abord, d’après les observations recueiltages et les inconvénients de chaque méthode; nous expli-
querons en même temps nos préférences.
Nous ferons la description de chaque appareil employé ;
nous exposerons le manuel opératoire ; enfin nous établirons
les conclusions.
| Méthode de Krause
Une description de l'instrument n'est pas nécessaire. Il s’a-
git d'une simple bougie en gomme élastique, de dimensions variables, mais répondant généralement aux numéros 18, 20
de la filière Charrière. Pour introduire la sonde, «il suffit, en se guidant sur l'in- » dex mis en contact avec l'orifice externe du col, de pousser
» doucement la bougie dans l'utérus. Elle pénètre générale-
» ment sans aucune difficulté ».
Cette extrême simplicité de technique opératoire est la meilleure recommandation du procédé. Ce seul avantage ne
suffirait pas à faire adopter la méthode.
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D'après M. Pajot, le procédé estnon-seulement simple, mais il est aussi «efficace et sans dangers ».
Cette méthode, en apparence si séduisante, a cépendant ses détracteurs. On a dit que la sonde exposait à la rupture aes membranes avec toutes ses conséquences défavorables pour la vitalité du fœtus. Le placenta pourrait aussi, dit-on. être décollé par la sonde.
Sans doute, ces accidents sont possibles et toujours à craindre. On les évitera cependant d’une façon à peu près certaine, si l’on procède avec précaution et lenteur. Les cas malheureux sont rares. [l sont généralement dus à un excès de violence développée par l'opérateur.
La sonde de Krause, a-t-on dit encore, détermine en pénétrant dans l'utérus un certain degré d’endométrite. On prétendrait même que ce léger degré d’endométrite est nécessaire pour provoquer les contractions.
Cette critique n’est nullement justifiée. On n'a jamais eu d'infection à déplorer dans les cas où la sonde de Krause a été employée dans l'intention de provoquer l'accouchement.
Lés nombreuses statistiques publiées ne permettent pas de condamner la méthode. — A la clinique de Montpellier, la méthode de Krause fut employée dans einq observations, pour provoquer le travail. Si nous exceptons un cas où on dut pratiquer la symphyséotomie, les suites de couches furent constamment normales. |
Nous ne pouvons done admettre la légitimité d'un tel reproche.
Nous réfuterons également la deuxième partie de l'objection.
Un léger degré d'endométrite n’est pas nécessaire pour déterminer les contractions.
Le décollement des membranes, la présence d'un corps étranger dans la cavité utérine, sont des causes assez puissantes pour faire naître le travail.
AGENT a
M. Grinda fait au procédé de Krause une objection qui nous paraît moins acceptable encore. Il accuse la sonde d’augmenter les dangers d'infection en pénétrant « jasqu'au fond de la » cavité utérine, c’est-à-dire dans un point où les lochies » accumulées constitueront un excellent milieu de culture pour » les germes qu'elle pourrait y déposer. dans le fond de l’uté- » rus, très riche en vaisseaux sanguins et lymphatiques et par » conséquent éminemment propre à l’absorption ».
À peine a-t-on besoin de répondre que l’asepsie la plus rigoureuse d’un instrument est chose élémentaire lorsqu'on doit le faire pénétrer dans l'utérus.
Nous en arrivons maintenant aux critiques sérieuses, aux arguments embarrassants pour les partisans du procédé.
C'est d'abord la très-judicieuse remarque présentée par M. le professeur Pinard. « Rien ne s'oppose à l'écoulement du » liquide, d’où un état de souffrance pour le fœtus », dit M. Pinard. Et en effet, si par suite de la perforation des membranes ou du décollement placentaire, 11 se fait un écoulement de liquide amniotique ou de sang, la sonde de Krause sera impuissante à l'arrêter. Avec d’autres méthodes, ce péril est aisément conjuré. Un ballon introduit dans l'utérus peut toujours, .une fois gonflé, s'opposer efficacement à l'issue du liquide.
Cet inconvénient sera à peu près toujours évité si l’on introduit la sonde avec précaution et lenteur.
Voici enfin l'argument le plus sérieux:
La sonde de Krause agit très lentement.
Malgré quelques statistiques favorables au procédé, beaucoup d’expérimentateurs viennent présenter des statistiques qui semblent le condamner irrévocablement.
D'après la statistique de Léopold portant sur 45 cas, la durée moyenne du travail aurait été de 80 heures.