BALLON CHAMPETIER DE RIBES
(Employé seul)
Obs. XII. — 16 juillet 1892
F... (Angèle), 19 ans, domestique. Primipare.
Entrée à la clinique le 14 juillet 1892. |
» Elle est enceinte de 6 mois et demi environ. Cette grossesse s'est bien passée. Pas de syphilis.
» Le 14 iuillet, à 9 heures du soir, sans cause appréciable, elle a senti des douleurs dans le ventre en même temps que s'écoulait du liquide par les parties génitales. Elle voit aussitôt une sage-femme, qui la dirige vers la Clinique. À son arrivée, les douleurs ayant cessé, celte femme est couchée dans le dortoir des femmes enceintes et repose toute la nuit.
» Le lendemain matin en l'examinant, on trouve dans le vagin, un bras (le bras droit) procident, ainsi qu'une anse notable du cordon qui fait saillie à la vulve ; elle ‘est encore animée de faibles battements. La poche des eaux est rompue, le col est encore long. La palpation montre la tête dans la fosse iliaque droite. Il s'agit done d’une présentation ‘de l'épaule droite dos en arrière. On n'entend nulle part les bruits du cœur du fœtus. Arrêt des douleurs.
» À une heure de l’après-midi on ne perçoit plus les battements du cordon ;-aueune modification du côté de l'utérus.
» À 9 heures du soir même état. En présence de cette situation, dans la crainte de voir la putréfaction se produire (enfant mort et œuf ouvert), on se décide à hâter la délivrance. À 10 heures, après anesthésie et désinfection des voies génitales, j'introduisis assez facilement à travers le col encore
TURN long mais entr’ouvert, un ballon de Champetier de Ribes, que je gonilai avec 500 grammes d’une solution de sublimé.
» À 11 heures, les douleurs ne se manifestant que faiblement, je retirai à deux reprises 40 grammes de liquide.
» Dès lors, les douleurs s’établissent régulièrement et à 3 h. 80 du matin {5 h. 30 après l'introduction du ballon), le fœtus était expulsé par le mécanisme de l’évolution spontance...
» Les suites de couches ont été marquées par une élévation de température (39°) le 4% et D"° jour ; mais sous l’influerice des irrigations utérines et vaginales, tout est vite rentré dans l'ordre.
».Le fœtus, du sexe maseulin, pèse 700 grammes » (1).
Obs. XV. — 30 décembre 1893
M... Madeleine, âgée de 28 ans, ménagère. — II pare.
Application du ballon Champetier de Ribes dans un cas de placenta prœvia. Le ballon Champetier de Ribes appliqué le 29, à minuit, pour arrêter l’hémorragie, réveille les douleurs.
À 3 heures du matin, le ballon sur lequel on opérait quelques tractions tombe dans le vagin.
La dilatation est comme la paume de la main.
M. Puech pratique la version. La femme succombe une demi-heure après la délivrance. Enfant mort-né.
Dans cette dernière observation, quoiqu'il ne s'agisse pas d'accouchement provoqué, il nous a semblé utile de faire voir la puissance et la rapidité d'action du ballon Champetier. Trois heures après l'introduction du ballon, la dilatation du col est suffisante pour permettre une intervention.
(4) P. Puech. — Compte-rendu de la Clinique 1891-1892, p. 35.
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Dans les deux autres cas, même rapidité d'action de ce procédé, Employé seul dans nn cas, le ballon Champetier amène l'expulsion au bout de 5 h. 1/2. Lorsqu'il fut appliqué après la sonde de Krause et le dilatateur de Barnes (Obs. XIII) 5 heures après son introduction dans l'utérus, l'accouchement était terminé. C'est surtout comme agent de dilatation que le ballon Champetier de Ribes distance toutes les autres méthodes.
Pour les mères, les résultats ne sont pas moins satisfaisants qu'avec les autres procédés. Les suites de couches, si on excente un cas de placenta prævia, ont été normales à la Clinique de Montpellier. Il en est de même dans les relevés établis par M. Champetier de Ribes lui-même.
Pour les enfants, les statistiques donnent Îles résultats suivants :
D'après M. Champetier de Ribes: « 14 enfants sur 17 sont nés » vivants; 3 sont nés morts ; à ont succombé les premiers jours » après la naissance. Reste donc 11 enfants vivants sur 17.»
La mortalité est de 35,2 °/,.
M. Pinard donne pour la mortalité des enfants avec le procédé Champetier de Ribes une moyenne de 33,4 °/,. M. Oui note 2 enfants vivants sur 2 cas d'application.
D'après les cas observés à la Clinique de Montpellier, il nous est difficile de conclure.
Le ballon Champetier ne fut appliqué que dans 3 cas. Dans l’un de ces cas (Obs. XIT) l'enfant était mort avant l’introduction du ballon.
Dans l'observation XV, il se produisit une hémorragie considérable, dont le résultat fut la mort de la mère et de l'enfant.
Enfin, dans un cas d’accouchement provoqué au huitième mois pour rétrécissement du bassin (Obs. XIE), l'enfant naquit vivant et fut expulsé en présentation du sommet.
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Néanmoins la plupart des statistiques donnent pour la mortalité infantile avecile procédé Champetier de Ribes, un chiffre tout aussi élevé qu'avec les autres méthodes.
La rapidité d'action du ballon Champetier n’est donc pas un gage de sécurité pour les enfants.
Il est aussi une particularité dont M. Champetier de Ribes a tenu compte dans ses observations. I s’agit du mode de présentation du fœtus et des difficultés d'extraction créées par l'emploi du ballon qui amène des présentations vicieuses et oblige l’accoucheur à intervenir.
Sur 18 cas observés, M. Champetier de Ribes trouve : (1)
Présentations du sommet. 9 — SIC SE
— épaules 21
D'après cette statistique la présentation du sommet, la plus eutocique, est très inférieure à la normale, 50 °/, at lieu de S 0 DO
À la clinique de Montpellier, les 3 observations dans lesquel-
les on eut recours au ballon Champetier ne nous permettent
pas de tirer des arguments j our ou contre le procédé.
Dans un cas, il y eut une présentation du sommet (obs. XII, mais dans les deux autres cas, il s'agissait d’abord d’une version pratiquée dans un cas de placenta prœvia (obs. XV), en second lieu d’une présentation de l'épaule dont le ballon Champertier ne doit pas être rendu coupable (observ. XIT).
Nous pouvons néanmoins, en nous appuyant sur tous les chiffres donnés plus haut, discuter d’une façon plus efficace les avantages et les inconvénients de la méthode.
(4) Ann. de Gynéc. 1888, p. 422.
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Provoquer d’une façon certaine l’accouchement, amener l'expulsion dans un temps très court, ce sont là les qualités dominantes du ballon Champetier. Toutes les statistiques s’accordent sur ce point. Introduit dans l’utérus, le ballon Champetier, outre son rôle d'excitateur et de dilatateur, peut rendre d’autres services. Dans les cas d'écoulement de liquide amniotique et même d’hémorragie, il a pu, en s’opposant à l'issue du liquide, conjurer tout accident.
En dilatant progressivement d’une façon lente et uniforme la cavité cervicale, il expose peu aux déehirures du col; son aclion est analogue à celle de la poche des eaux.
Dès que le ballon bien gonflé a été chassé de l'utérus, la dilatation est toujours suffisante pour permettre une intervention si elle est nécessaire.
Les inconvénients du ballon Champetier ne sont pas moins nombreux que ses avantages. Les adversaires du procédé en ont encore grossi le aombre. Certains reproches paraissent considérablement exagérés ; d’autres au contraire ne sauraient être réfutés. |
Le ballon, a-t-on dit, augmente d’une façon dangereuse la tension dans l'utérus.
Il suffit de gonfler très peu le ballon au début. C’est même une pratique indispensable sans laquelle les contractions utérines ne sauraient être provoquées. Âu moment seulement où il va franchir l’orifice utérin, le ballon est complètement gonflé.
On peut craindre, dit-on, une hémorragie par suite du décollement placentaire.
La réponse est bien facile ; le ballon suffit à arrêter l'hémorragie, à telles enseignes qu'on l’a quelquefois uniquement employé dans ce but. De même pour la rupture des membranes, fait sans gravité, le ballon s'opposant d'une façon très efficace à l'issue du liquide amniotique.
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