ME
= Re |
iestent deux objections plus sérieuses que nous ne. saurions discuter victorieusement.
En premier lieu, la difficulté d'application aux primipares. Et en effet, l'auteur lui-même conseille d'appliquer, dans ces cas, un ballon Tarnier avant de procéder à l'introduction du ballon Champetier.
On à aussi objecté au procédé d'amener des présentations vicieuses. On conçoit qu'une fois dans l'utérus, an appareil aussi volumineux puisse exposer le fœtus à des changements de présentation. Cette critique trouve une pleine justification dans les faits. Si nous consultons la statistique de M. Champetier lui-même, nous y voyons :
Sur 18 cas,
9 présentations du sommet.
à — du siège.
1 — de l'épaule.
Incontestablemeul le procédé est coupable. fl ne serait guère possible d'atteindre une aussi forte moyenne avec tout autre procédé.
Sans doute, l’auteur cherche-t-il à atténuer la gravité de ce reproche. Une présentation vicieuse, nous dit-il, sera facilement évitée. Au moment de l'application, on n’a qu'à surveiller très attentivement la parturiente et il est aisé de transformer une mauvaise présentation au moment où elle va se produire ; les manœuvres nécessaires pour opérer cette transformation sont inoffensives pour la mère et pour l'enfant.
Il est souvent possible, en effet, de maintenir le fœtus en présentation eutocique où bien de changer une présentation vicieuse au moment où elle se produit ; mais cela demande des soins vigilants de la part de l’accoucheur, et sa présence indispensable. Si, parfois, on est obligé de laisser quelques instants
la malade, on éprouvera des difficultés insurmontables. a)
Ce reproche n'est done pas sans importance, malgré l'atténuation qu'on essaie de lui donner.
Nous dirons du ballon de M. Champetier de Ribes, qu'il a des indications où sa supériorité sur les autres procédés est incontestable. C'est dans tous les cas où un danger pour la mère ou l'enfant nous fait un devoir de lerminer rapidement l’expulsion. Mais si on jette un coup d'œil sur les indications de provocation de l’accouchement, on peut se convaincre qu'on a rarement l'occasion d'intervenir dans dés cas de ce genre.
Au contraire, les causes les plus fréquentes de laccouchement provoqué sont, incontestablement, les viciations pelviennes. Dans ces cas, est-il nécessaire d’agir promptement et de gagner quelques heures ? Doit-on sacrifier la sécurité à la rapidité? [ln y a aucun danger à laisser marcher plus lentement le travail, lorsque la présentation est normale. L’expérience nous prouve que, dans ces circonstances, le fœtus n'a guère à souffrir de la longueur de laccouchement.
Pour toutes ces raisons, nous ne pouvons recommander le ballon Champetier comme la méthode de choix. On ne saurait
l'employer, à l'exclusion d’autres méthodes, pour provoquer l'accouchement. Nous lui réservons cependant la priorité, lorsqu'il y à indication d'agir vite, et qu'il faut à tout prix éviter à la femme une fatigue qui pourrait lui être funeste.