‹ Étude Critique sur les Principales Méthodes de Provocation de l'AccouchementChapitre 3 sur 25 · A, "BENOIT · texte numérisé non relu

A, "BENOIT

LINTRODCICTION

Nous avons été frappé, en faisant l'étude de laccouchement prématuré artificiel, de la défaveur toujours croissante qui s’attachait à certains procédés.

La sonde de Krause en particulier, longtemps admise comme une méthode de choix, tend de nos jours à être complètement rejetée au profit d'autres méthodes. Il nous a semblé qu'il y avait là une exagération.

Nous n'avons pas ‘intention de présenter sa défense. Mais il nous a semblé intéressänt de rechercher, au moyen des cas observés à la Clinique de Montpellier, quels étaient les avantages et les inconvénients de chaque méthode expérimentée dans le service.

Nous avons recueilli une série de 15 observations que nous avons classées par ordre chronologique, et dont l'exposé est fait avec l'étude de chaque procédé.

Nous divisons notre travail en deux parties.

Après un historique rapide de la question; nous exposons, dans une première partie, les diverses méthodes de provocation de l’accouchement fort en vogue autrefois, mais complè-

tement délaissée de nos jours.

Dans une deuxième partie, nous insistons particulièrement sur les procédés employés à la Clinique obstétricale de Montpellier.

Après avoir fait la critique de chaque procédé, nous comparons les résultats obtenus et nous formulons des conclu- SIOnS.

Avant d'aborder notre sujet, nous tenons à remercier tous nos Maîtres dans la Faculté etles Hôpitaux, pour la bienveillance qu'ils n’ont cessé de nous témoigner dans le cours de nos études.

M. le docteur Puech, à qui nous devons l’idée première de ce travail, a bien voulu nous aider de ses savants conseils et nous a permis de mener à bonne fin cette étude. Qu'il nous permette de lui adresser nos meilleurs remerciements.

M. le professeur Forgue ne nous a jamais ménagé sa sympathie et ses services. Nous le prions d’agréer l’expression de notre plus vive gratitude.

Que M. le professeur Grynfeltt daigne accepter l'hommage de notre profonde reconnaissance, pour le grand honneur

qu’il nous a fait en acceptant la Présidence de notre thèse.

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: HISTORIQUE % A | + Cd RAU commencement de ce siècle, la RE de l’accou-

re, “chement élait encore considérée en France comme une prati- = dues criminelle. Tandis qu'à l'étranger, et surtout en Angle- - terre, où les considérations morales n ‘avaient point prévalu, on haies l'accouchement prématuré, en France, l’Académie 5 de Médecine condamnait résolument cette opération, en 1827. Aujourd'hui il n'est pas d’accoucheur qui n'admette la

ea Jet de l'accouchement prématuré artificiel. :

: Les statistiques établies dans le but de montrer la supériorité de tel ou tel procédé, nous montrent combien cette opération est répandue à aujourd hui. Elles nous font voir aussi les excel-

ES : lents résultats qu'on en obtient.

le

Avant de passer à l'appréciation des divers procédés, avant

de formuler des critiques et d'établir des conclusions, il nous parait utile de présenter un historique de l'accouchement pro-

voqué.

« C'est aux accoucheurs anglais, dit M. Pinard, que revient l'honneur d’avoir les premiers proclamé, vers l'année 4756, la légitimité du principe de l’accouchement provoqué, considérant ce dernier comme conforme à la saine morale et à la saine pratique. Macaulay justifia le premier la décision de ses confrères, et bientôt après C. Kelly le suivait dans cette voie en provoquant trois fois l'accouchement chez la même femme et deux fois avec succès.

» Un mouvement semblable se produisit plus tard en Allemagne. Dès 1799, E.-A. Mai essayait de poser les indications de l'accouchement prématuré arüficiel, et Wenzel, en 1804, faisait mieux encore en le pratiquant avec succès. Mais ce ne fut qu'après la publication de l'ouvrage de Reisinger, en 1820, que toutes les résistances furent vaincués en Allemagne. À

» À partir de ce moment, l'accouchement prématuré artificiel fut accepté et pratiqué par les accoucheurs de presque tous les pays.

» C'est en France où il a rencontré les résistances les plus opiniâtres et où il a eu à lutter le plus longtemps pour pénétrer dans la pratique.

» Conseillé avec timidité par Lauverjat, approuvé par À. Petit, qui le fit pratiquer, d’après Sue, « dans le cas de difformité aux os du bassin », l'accouchement provoqué fut rejeté par la plupart des accoucheurs de la fin du sièele dernier et du commencement de celui-ci.

» D'après Sue, il faudrait, avant de discuter les résultats pratiques de cette opération, « que les casuistes et les théologiens eussent décidé s'il est permis d'accélérer par art

une fonction à laquelle la nature a ménagé un terme fixe. » Baudelocque, laissant de côté, lui, les considérations morales ou théologiques, mais s'appuyant sur quelques observations malheureuses, repousse le principe de l'accouchement provoqué, ce dernier ne pouvant donner d'aussi bons résultats que l'accouchement prématuré accidentel.

» Cet anathème prononcé par Baudelocque, accusé encore par ses élèves, eut une influence désastreuse. Ce ne fut pas seulement de la défaveur, ce fut de l'opprobre qui s’attacha à la provocation de l’accouchement. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire la réponse énergiquement négative et menaçante faite en 1827 par une commission de l'Académie de Médecine, composée d’accoucheurs et de médecins éminents, à la proposition de l'accouchement prématuré faite par un médecin de la ville à l’occasion d’un accouchement prématuré heureux (Jacquemier). Enfin Stoltz, Dézeimeris, Dubois, Velpeau, esprits plus larges, observateurs plus sagaces, se montrèrent partisans de l'accouchement provoqué, le conseillérent et le firent entrer dans la pratique en France. M. Stoltz provoqua l'accouchement pour la première fois en 1831. Depuis cette époque, les indications se multiphèrent en se précisant, en même temps que les procédés opératoires se modifièrent en se perfectionnant (1). »

On ne discute plus de nos jours la légitimité de cette prati-

que ; les indications en sont nettement posées, et dès qu'une de ces indications se présente, on se hâte de provoquer l'accouchement.

Nous allons examiner les diverses méthodes qui se propo-

sent d'atteindre ce but.

(4) Pinard. — Ann. Gynéc. 1891, p. 2.

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