DES DIFFÉRENTS MOYENS EMPLOYÉS POUR PROVOQUER L'ACCOUCHEMENT
L’innombrable quantité des procédés nous assure d'avance de l'inefficacité ou tout au moins de l'insuffisance d'un certain ombre d’entre eux. S'il est aujourd’hui dés méthodes de choix universellement admises, combien auparavant n'a-t-on point décrit de procédés ?
Notre intention n’est pas d'étudier en détail tous les moyens employés jusqu'ici. Nous examinerons très-rapidement les méthodes aujourd'hui délaissées. Nous insisterons surtout sur les procédés les plus employés de nos jours et en particulier sur ceux qui ont été expérimentés à la clinique de Montpellier.
M. Auvard divise les moyens employés en moyens indirects, suivant que leur action ne porte pas diréctement sur l'utérus, et en moyens directs.
Nous suivrons en partie celte classification.
Moyens indirects
Ils sont presque toujours inefficaces ; malheureusement, ils ne sont pas toujours sans danger. On à vanté les propriétés abortives de certaines plantes, la rue, l'if, la sabine.
Leurs effets sur l'appareil génital sont très incertains : leur action sur l'organisme l'est bien moins. Ces médicaments impriment à l'économie tout entière une secousse plus ou
moins forte, mais n'agissenl que par coutre-coup sur l'utérus. On ne saurait leur accorder une action éleetive sur la ma- (rree:
Le sulfate de quinine, dont le pouvoir ocytocique fut long- ÉuE admis, n'aurait pas, d'après M. Pinard, les propriétés qu'on lui attribue. I n'y aurait aucun danger à traiter par le sulfate de quinine les gestantes atteintes de malaria.
Le chlorhydrate de pilocarpine, employé par Mari Autet, est totalement délaissé à l'heure actuelle.
Le seigle ergoté semblait tout désigné dans les cas où il était nécessaire de provoquer le travail. L'inefficacité de la méthode, les dangers de la tétanisation de l'utérus avec ses terribles conséquences, ont fait rapidement abandonner son usage. |
Tous ces moyens, dont il reste à peine le souvenir, furent surtout employés dès le début, au moment où laccouchement prématuré artificiel n'était pas devenu une pratique courante.
Comme nous venons de le voir, leur efficacité est plus que douteuse. Ainsi que le fait remarquer Jacquemier, « le cadre qui contient les moyens qui déterminent l'accouchement en « impressionnant l’économie tout entière, est un cadre vide, »
Examinons maintenant d’autres méthodes dont l’action sur l'utérus est plus immédiate.
Les frictions utérines et le massage de l'utérus, imaginés par d'Outrepont en 1821, ont l'inconvénient de ne pas déterminer toujours un degré d'excitabilité suffisant pour faire naître le travail ; ce sont des adjuvants utiles lorsqu'on les
‘associe à une méthode plus énergique.
On a dit que l'électricité présentait de réels avantages ; mais, à côté de quelques résullats heureux, on eut souvent à enregistrer des insuccès. Le procédé fat l'objet de nombreuses controverses.
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Tandis que Bayer (1) réussissait à provoquer toujours des contractions, Bruhl, expérimentant la méthode à la clinique de Berne, arrivait à la conclusion suivante : « L’indication de l’é- « lectricité est limitée aux cas où l’étroitesse du col ne permet « pas l'introduction de bougies ou autres agents de dilatation. »
L'application des pôles peut se faire en deux points de la région abdominale le plus près possible de l'utérus ; générale ment, un des pôles est appliqué dans le vagin, l’autre sur la paroi abdominale.
Ce procédé n'est pas sans danger pour les mères. On a noté des escarres dans le vagin ou sur la paroi abdominale et dans la majorité des cas les contractions provoquées ont été très douloureuses.
Les enfants ne sont pas mieux traités. Au moment di passage du courant, le fœtus exécute des mouvements dont l'effet peut être un changement de présentation ou la procidence du cordon.
D'après Bruhl, 2 enfants sur 7 seulement naquirent vivants, et dans 3 cas, la mort était due à la procidence du cordon.
Un autre procédé, les bains chauds, serait, d’après Scanzoni et Schrader, « non seulement inefficace, mais dangereux. »
L'excitation des mamelles est un moyen également oublié.
Moyens directs
Il s’agit ici de procédés qui ont à peu près tous à leur actif un certain nombre de cas heureux. La plupart cependant sont délaissés de nos jours, soit à cause des dangers qu’ils présentent, soit pour leur insuffisance d'action.
Le tamponnement vaginal, employé d’abord comme moyen s
(4) Bayer, Centralblat. f. Gynœk. 1889, n° 42.
hémostatique contre les hémorragies de la grossesse, devint un procédé de provocation du travail.
Plusieurs auteurs l’ont expérimenté. Scheller se sert de tampons de charpie. Huter fait pénétrer dans le vagin une vessie de veau gonflée avec une solution de seigle ergoté destinée à activer par exosmose les contractions utérines.
Un appareil fondé sur le principe du tamponnement vaginal, le colperynter de Braun, est un ballon en caoutchoue de 5 à 10. centimètres, muni d'un tube de 30 centimètres. Ce tube est armé d’un robinet permettant de remplir d’eau l'instrument au moyen d'une seringue.
Comment agit le tamponnement vaginal ?
Ona prétendu que le tampon comprimait les ganglions nerveux situés dans les culs-de-sac vaginaux et à la partie antérieure du vagin. De cette compression résulteraient des mouvements réflexes provoquant la contraction utérine.
L'avantage de cette méthode n'est pas très grand. Les contractions se produisent en effet, mais elles sont souvent insuffisantes pour amener l'expulsion. Rarement, on à pu provoquer l'accouchement au moyen de ce seul procédé.
L'inconvénient le plus grave de la méthode est la production possible de gangrènes superficielles dans certains cas où le tampon est laissé trop longtemps en place.
MÉTHODE DE KIWISCH
Elle est fondée sur l’action des douches vaginales chaudes. Kiwisch recommandait de faire 3 ou # irrigations par Jour, à intervalles régulièrement espacés. La température de l'eau était portée jusqu'à 39° R.
Dès que le travail semblait franchement déclaré, on suspendait l’usage des douches. L'auteur de ce procédé en a retiré des avantages: mais il en a mal interprété le mode d'action. |
UE (ape Kiwisch attribuait à l’action congestive de l'eau chaude Fexertation de l'utérus et l’apparition des douleurs. I n’en est rien. Certains auteurs, expérimentant la méthode, se sont attachés à diminuer le plus possible la force de projection de [à douche chaude. Dans ces conditions, les effets devaient sensiblement rester les mêmes si l'opinion de Kiwisch était exacte. L’expérience ayant donné dans ces circonstances des résultats constamment négatifs, il a été permis de conclure qu'il fallait plutôt rapporter les effets de la douche à la force de projection donnée au liquide. Cette véritable « action traumatique » peut avoir les effets les plus désastreux. [Il suffira de citer la pertoration possible des culs-de-sac vaginaux à la suite d'injections irop violentes.
Les enfants ne sont guère plus épargnés. La statistique accuse, en effet, une mortalité de 50 °/.