CONCLUSIONS
philosophe. Il entretient sans effort un commerce assidu avec les grands fondateurs des systèmes philosophiques; sans se guinder il est à leur niveau , et ne dément point cette haute parenté, inter cognata sidéra.
Nous n'avons pas eu l'occasion de faire connaître, parce qu'il n'était pas besoin de le réfuter, un des arguments employés par les partisans du christianisme de Sénèque : il prouve à quels expédients on est réduit quand on entreprend de soutenir ce qui est insoutenable. Parmi les endroits de Sénèque qu'on a coutume de comparer aux livres saints, il en est qui appartiennent à des ouvrages qui ont précédé l'apparition du Nouveau Testament, de l'aveu même de ceux qui le regrettent le plus. Etranges copies, qui ont précédé Toriginal! Cette difficulté grave est tournée de la manière suivante. Dion Cassius, en racontant la mort de Sénèque, dit que ce philosophe, avant de s'ouvrir les veines, prit le temps de mettre en ordre un ouvrage qu'il venait d'achever, et de déposer ses autres écrits en mains sûres, de peur que Néron, à l'exemple de Tibère, ne leur fît subir le sort des écrits de CrémutiusCordus. Le texte attribue ces soins à Pauline, mais Fabricius, par une correction plausible, les rapporte à Sénèque lui-même : w où (xévroi
TrpoTçpoy éauTYÎç (éaiiToO) •ft'^j/aTO irplv tote PiêXtov, ô<juv8yfaçev, ETuavofôôiçyai, >cai TaXXa (eâsSeï y^P \f*^ "^^^ ^^ '^^^ Népo)va eXôovra çôapYi) irapa)taTa6e(jôat Ti<rt. » (L. LXU, 25.) —
Mais de ce texte, de quelque façon qu'on l'interprète, il est impossible de rien tirer pour le besoin de la cause et Taplanissement de la difficulté. Que fait-on? on ajoute \m mot, ou plutôt une simple lettre * , a, qu'on place après TaX>.a, et l'on traduit : w Avant de porter les mains sur lui-même, il corrigea un ouvrage qu'il com-
* tk l\ m'a paru nécessaire, pour la clarté de la construction grammaticale» d'ajouter le pronom relatif â après râXX». Cette addition d'une