CHAPITRE IV
Remarques sur le style de celte correspondance.
Ces lettres ont été Tobjet de commentaires prolixes et de faciles critiques que nous ne voulons pas renouveler. S'il était nécessaire au xvf et au xvn® siècle de démontrer que ni saint Paul ni Sénèque n'avaient pu tenir un tel langage, ce soin est aujourd'hui superflu. Bien plus, au lieu d'attaquer la latinité de ce document apocryphe, nous allons la défendre, non pas au point de faire cause commune avec Lefèvre d'Etaples, Sixte de Sienne, Pierre le Lombard, Comestor, qui prenaient complaisamment ce style pour celui de l'Apôtre et du philosophe, mais notre opinion est qu'on a traité ces lettres avec trop de mépris, et que pour être l'œuvre d'un faussaire, elles ne sont pas absolument sans mérite. Notre estime se fonde principalement sur la comparaison que nous en faisons avec les pièces du même genre, qu'il nous a été donné de lire ; aussi ne sommes-nous pas surpris que ce petit recueil ait joui d'une si grande vogue au IV® siècle.
Remarquons d'abord qu'en plusieurs endroits le texte est incertain : cela tient au grand nombre des manuscrits, et à l'indifférence des savants qui ont négligé d'éclaircir ce qu'il valait autant laisser obscur. Nous ne pouvons que les approuver, puisque nous les avons imités. Selon nous, l'obscurité et la barbarie de certains passages doivent en grande partie être imputées aux copistes.
Enfin, en Usant cet écrit, il faut bien se persuader qu'il ne s'agit pas de décider s'il appartient réellement à saint Paul et à Sénèque ; il faut écarter l'idée de ces deux personnages, et les souvenirs classique^ de Ciçé-